"C'était épuisant, je ne voudrais pas revivre ça" : il y a 13 ans, Gary Oldman a eu beaucoup de difficulté à jouer dans cet extraordinaire film qui lui a pourtant valu sa première citation à l'Oscar
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Dans un récent podcat Happy Sad Confused, Gary Oldman raconte la difficulté qu'il a eu à incarner son rôle dans le très brillant film d'espionnage "La Taupe", sorti en 2012. Et grâce auquel il récoltera pourtant sa première citation à l'Oscar.

Immense acteur dont la réputation n'est depuis longtemps plus à faire, modèle absolu pour toute une génération de comédiens (notamment pour Tom Hardy), Gary Oldman a incarné de nombreux rôles mémorables, de Dracula à True Romance en passant par JFK, Léon, Hannibal, le commissaire Gordon dans la trilogie du Dark Knight de Nolan, Les Heures sombres et son extraordinaire composition oscarisé sous les traits de Churchill... Pour n'en citer qu'une toute petite poignée.

Si Oldman a obtenu l'Oscar du Meilleur acteur en 2018, sa première citation remonte à 2011, pour son interprétation de George Smiley dans le film d'espionnage La Taupe, un des meilleurs films du genre de la décennie. Même s'il a été battu par Jean Dujardin pour The Artist, la performance d'Oldman était sensationnelle.

Avoir un tel pedigree, alors qu'il promène sa silhouette à l'écran depuis le début des années 80 et qu'il est unanimement considéré comme un des meilleurs acteurs de sa génération, n'empêche pas Gary Oldman de connaître le trac, le vrai; celui qui paralyse.

"J'avais l'impression qu'on allait me démasquer"

Dans un récent épisode du podcast Happy Sad Confused, l'acteur a ainsi confié s'être senti "comme une fraude". Il explique : "Une fois sur le plateau, tout allait bien. C'était l'attente qui me stressait. Je n'avais jamais vraiment vécu ça auparavant. Je ne sais pas si c'est le trac, l'adrénaline ou autre chose, mais c'est de l'excitation. Il y a une différence entre être paralysé par la peur, ce qu'est en quelque sorte le trac, et être simplement plein d'énergie et impatient de monter sur scène".

Sur le tournage de La Taupe, "c'était épuisant, je ne voudrais pas revivre ça". Pour quelle raison l'acteur avait l'impression d'être victime du syndrome de l'imposteur ? En fait, Oldman avait le sentiment qu'il ne serait pas capable de rendre justice au rôle, qui fut jadis tenu à la perfection par Alec Guinness dans une série du même nom quelques décennies auparavant sur la BBC. Une composition qu'il jugeait écrasante.

"J'avais vraiment l'impression que cette fois-ci, on allait me démasquer" dit-il, craignant d'être considéré comme un imposteur. Le fantôme d'Alec Guinness le hantait au point de ne plus pouvoir manger ni dormir selon lui. Qui ne l'empêchera quand même pas d'être absolument impeccable et encore une fois brillant dans cette adaptation de l'oeuvre de John Le Carré signée par Tomas Alfredson.

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet