C'est un mystère qui perdure depuis plus de 40 ans. Et dès les premières secondes d'Alien: Earth, les fans les plus observateurs auront tiqué. Le texte d'ouverture de la série évoque "la course à l'immortalité" à travers trois technologies : les Cyborgs (des humains cybernétiques), les Synthés (des êtres synthétiques dotés d'une IA) et les Hybrides (des synthétiques à la conscience humaine).
Une formulation qui rappelle étrangement l'introduction des films Blade Runner, où l'on découvre l'avènement des Réplicants et leur utilisation par la Tyrell Corporation.
Cette ressemblance n'est pas un hasard, mais Noah Hawley, le créateur de la série, préfère maintenir le mystère. Dans une interview accordée à Dexerto, il évoque ces similitudes avec prudence.
"Si vous faites Blade Runner, vous vous trompez de film"
Interrogé sur l'absence de la Tyrell Corporation parmi les cinq grandes firmes qui gouvernent la Terre dans sa série (Weyland-Yutani, Prodigy, Lynch, Dynamic et Threshold), Noah Hawley est catégorique : "Non. Je dirais à tous nos chefs de département : 'Si vous faites Blade Runner, vous vous trompez de film de Ridley Scott.'"
Pourtant, le créateur reconnaît l'évidence : "Il y a une sorte d'écho esthétique indéniable entre Blade Runner et Alien. On pourrait très bien regarder Blade Runner et se dire : 'Eh bien, c'est à cela que ressemble la Terre dans le film', parce qu'il y a beaucoup d'humidité dans ces deux films."
Capture d'écran YouTube
Timothy Olyphant, le nouveau Roy Batty ?
Les ressemblances ne s'arrêtent pas à l'esthétique. Timothy Olyphant, qui incarne Kirsh dans Alien: Earth, assume totalement s'être inspiré de Rutger Hauer et de son légendaire Roy Batty. Interrogé sur cette filiation, l'acteur confirme avec le sourire : "C'est tout à fait exact. C'était une belle allure" avant d'ajouter, mystérieux : "Mais pour ce qui est d'une connexion réelle, je n'ai rien à dire."
Noah Hawley explique ce choix : "Je pense qu'il y a une altérité chez cet être synthétique avec laquelle on voulait jouer, et certainement ce look est très iconique." Oui, le blond peroxydé a forcément fait sonner une ou deux alertes chez les fans.
Warner Bros. France
Ridley Scott avait déjà confirmé les liens
Car au-delà des inspirations esthétiques, les deux univers sont bel et bien connectés dans l'esprit de leur créateur commun. Dexerto rappelle que Ridley Scott lui-même avait confirmé cette filiation dans un commentaire sur Blade Runner : "Ce monde pourrait facilement être la ville qui abrite l'équipage d'Alien. Quand l'équipage d'Alien revient, ils pourraient aller dans cet endroit et entrer dans un bar près de chez Deckard."
Plus troublant encore, comme on vous le révélait déjà l'année dernière, les bonus du DVD Alien: 20th Anniversary Edition révèlent que Dallas (Tom Skerritt) avait travaillé pour la Tyrell Corporation avant de rejoindre Weyland-Yutani. Un détail qui confirme l'existence d'un même univers étendu.
Disney / FX
Des obstacles juridiques bien réels
Mais si Noah Hawley reste prudent, c'est aussi pour des raisons très pragmatiques. Alien: Earth appartient désormais à Disney après le rachat de la Fox (maison-mère de FX qui diffuse la série aux US), tandis que Blade Runner est la propriété d'Alcon, qui développe actuellement la série Blade Runner 2099 pour Prime Video. Difficile d'imaginer une collaboration entre concurrents dans ces conditions.
Comme l'explique Gina Balian, la dirigeante de FX : "Tout ne doit pas s'emboîter de la façon dont on s'y attend avec Marvel. Les fans ne s'attendent pas à ça dans cet univers."
Finalement, Alien: Earth navigue intelligemment entre hommage et indépendance créative. Noah Hawley reconnaît l'héritage tout en s'en affranchissant, il crée son propre univers nourri de références assumées mais jamais contraignantes. Une approche qui permet à la série de puiser dans la richesse de l'imaginaire de Ridley Scott tout en traçant sa propre voie dans cet univers en expansion.