Il y a plus de 50 ans, Jean Yanne, avec Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, dévoilait une savoureuse comédie satirique sur le monde des médias. Une oeuvre visionnaire à l'humour féroce qui préfigurait ce qu'allait devenir la radio et le paysage audiovisuel en général. Si vous regardez cet excellent film, ce soir sur Paris Première, vous constaterez que l'artiste provocateur était en effet sacrément doté du don de prémonition.
Sorti en salles en 1972, Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil plonge donc le spectateur dans les coulisses d'une grande station de radio en suivant le parcours d'un de ses animateurs, joué par Jean Yanne lui-même. Programmes médiocres, dérives commerciales, importance de la publicité, pressions politiques, violence hiérarchique... Sous l'angle de l'ironie, le film, percutant, dresse un portrait caustique des médias hexagonaux du 20e siècle. En le regardant aujourd'hui, on se rend compte que c'est très crédible, ce qui rend l'ensemble d'autant plus jouissif.
Si Jean Yanne, avec Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, n'épargne personne dans le monde des médias, c'est parce qu'il en a lui-même été l'une des victimes. Renvoyé de la télévision au milieu des années 60, il a également été évincé de RTL en 1969, une expérience suffisante pour la porter à l'écran. Pour ce faire, il sera aidé au scénario par Gérard Sire, producteur de multiples émissions pour RTL et Europe 1 avant de devenir animateur vedette sur France Inter.
Gros succès public avec plus de 4 millions de spectateurs dans les salles hexagonales, Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (expression, preuve de l'impact du film, entrée dans le langage courant), est une vraie réussite. Plus d'actualité que jamais, cette oeuvre incisive emmenée par un casting génial (Bernard Blier, Michel Serrault, Jacques François, Daniel Prévost...) va vous faire passer une soirée jubilatoire.
Ce soir sur Paris Première à 21h