L'Intérêt d'Adam est-il un bon film ? Que pensent les premiers spectateurs de ce drame avec Léa Drucker et Anamaria Vartolomei ?
Gaëlle Robert
Gaëlle Robert
-Pigiste
Une fourchette dans une main, les yeux sur l’écran, Gaëlle Robert est une vraie cinéphage. Journaliste gastronomique le jour, spectatrice assidue la nuit, elle dévore aussi bien les assiettes que les films. Ses péchés mignons : les teen movies et l’animation, qu’elle engloutit sans modération.

Après un court-métrage et un premier long très remarqué, la réalisatrice belge Laura Wandel revient avec son deuxième film, L’Intérêt d’Adam. Porté par Léa Drucker et Anamaria Vartolomei, a-t-il convaincu les spectateurs ?

Après son court-métrage Les Corps étrangers, sélectionné au Festival de Cannes en 2014, et son premier film Un Monde (2021), sélectionné dans des festivals à travers le monde (dont Un certain regard à Cannes), Laura Wandel revient avec un nouveau drame.

Elle y met en scène la détresse d’une jeune mère, incarnée par Anamaria Vartolomei, et de son fils. Face à eux, Léa Drucker interprète une infirmière prête à tout pour les aider, quitte à défier sa hiérarchie.

Que pensent les spectateurs de ce film d’un peu plus d’une heure ?

L’Intérêt d’Adam
L’Intérêt d’Adam
Sortie : 17 septembre 2025 | 1h 18min
De Laura Wandel
Avec Léa Drucker, Anamaria Vartolomei, Jules Delsart
Presse
3,8
Spectateurs
3,3
louer ou acheter

Avec 87 notes et 22 critiques, les spectateurs d'AlloCiné lui ont décerné la note de 3,4 sur 5.

Un récit ramassé, une interprétation d’une rare intensité

Les spectateurs sont tous d'accord pour souligner et saluer le rythme de ce long-métrage d'une rare durée : 1h18 ! La tension maintenue de bout en bout repose sur les deux actrices principales, dont le jeu est aussi largement loué.

Remoche (5/5) : "1h13 en apnée dans un thriller quasi en temps réel, puissant. L’empathie en maître mot, on en a bien besoin !"

Direct-actu.fr du Club Allociné (5/5) : " Avec L’Intérêt d’Adam, Laura Wandel confirme son talent pour sonder les zones de fracture humaines déjà explorées dans Un Monde. Ici, l’hôpital devient un champ de bataille moral où vocation, humanité et pragmatisme s’entrechoquent. Lucy, incarnée avec intensité par Léa Drucker, lutte contre un système défaillant tout en tentant de sauver Adam, enfant pris au piège d’un conflit de loyauté bouleversant. Face à elle, Anamaria Vartolomei livre une prestation saisissante en mère isolée, fragile et inquiétante, refusant toute remise en question. La réalisatrice choisit l’immersion radicale : caméra portée, plans-séquences, absence d’explications, pour plonger le spectateur dans l’urgence, jusqu’à l’épuisement. Le jeune Jules Delsart impressionne par sa justesse, renforçant un trio central d’une puissance rare. Plus qu’un simple drame social, le film devient un cri d’alarme sur l’état de nos institutions, interrogeant notre capacité à préserver la dignité humaine face aux logiques froides d’un système de santé réduit à la rentabilité."

Xavier BLANCHARD (4,5/5) : "Film très prenant, avec une très belle tension narrative, qui plus est sur un "vrai" sujet, avec des enjeux réels, qui justifient qu'on s'y penche. Les mouvements de la caméra qui suit à la trace l'infirmière Lucy-Léa Drucker nous éreinte ; sa fatigue autant nerveuse que physique est excellemment bien rendue, et il est heureux que Laura Wandel ait choisi un format très court. Laura Wandel a choisi de ne pas être explicite sur le "hors champ", sur notamment les tenants et aboutissants de la situation familiale et affective des deux protagonistes, toujours est-il qu'elles sont chacune "mère célibataire", ce qui explique sans doute l'empathie particulière de Lucy pour Rebecca-Anamaria Vartolomei, excellente en mère exclusive."

Memento

Traversay1 du Club Allociné (4/5) : "73 minutes compactes suffisent à L'Intérêt d'Adam pour nous faire ressentir un état fébrile permanent, avec une mise en scène aiguisée, un scénario au cordeau et une interprétation impressionnante d'une Léa Drucker qui n'en finit pas de sidérer par l'étendue de son talent. Dans un rôle beaucoup moins valorisant, Anamaria Vartolomei confirme, elle, qu'elle est de la graine des grandes comédiennes."

ed_loisel du Club Allociné (4/5) : "Poignant et émouvant grâce à des plans-séquences maîtrisés et une superbe direction d'acteurs, ce film ne peut laisser insensible."

Un dispositif froid et artificiel

Mais c'est aussi le climat anxiogène et la tension du film qui ont gêné les spectateurs. Certains se sont sentis écrasés par le rythme et le dispositif, qu'ils ont jugé parfois dénué d'empathie malgré un sujet fort.

Shawn777 du Club Allociné (3,5/5) : "Et pour retranscrire ça au mieux, le film adopte un ton forcément très lourd, une mise en scène lente remplie de plans-séquences durant lesquels nous suivons l'infirmière dans les dédales de couloirs blancs du service dans lequel elle travaille. Mais pour le coup, on ne tombe pas dans le pathos pour autant, c'est une mise en scène nécessaire qui permet de faire ressentir au spectateur ce quotidien, encore une fois, particulièrement difficile. Ainsi, "L'Intérêt d'Adam" n'est effectivement pas le film le plus fun de l'année mais, bien plus important, permet de mettre en lumière un quotidien, un métier que l'on ne voit que trop rarement !"

Ferrisb (3/5) : "Le film est indéniablement porté par Léa Drucker, juste de bout en bout et en particulier dans l'empathie qu'elle parvient à véhiculer. Le film est assez haletant mais mes réserves portent sur la fin, abrupte, et in fine sur le message sous-jacent du film, pas totalement saillant et intelligible."

Memento

Tricky T. (2,5/5) : "C'est maîtrisé et les actrices sont superbes, mais on étouffe, il n'y a pas assez de place pour le spectateur dans ce film, pas de place pour ressentir ou interpréter, tout est donné. Implacable mais pas dans le bon sens du terme."

Simone Gentile (2,5/5) : "Le dispositif n’est pas nouveau et le film dresse un catalogue de situations sociales complexes, traitées avec délicatesse mais sans véritable nouveauté."

Julien C. (1,5/5) : "Rien n’est aimable dans ce film, qui propose une expérience délibérément inconfortable au spectateur. Une immersion en quasi temps réel (on nous a quand même épargné le coup de l’unique plan-séquence, merci) dans un service pédiatrique, avec pour personnages une mère demeurée qui refuse de nourrir son gosse et une infirmière qui la défend au-delà du raisonnable. On ne connaîtra évidemment rien de leurs motivations. L’ambiance est exagérément plombante : pas un sourire, des visages fermés sous un éclairage blafard, des traits tirés, des pleurs, pas de musique, des portes qui s’ouvrent et claquent, des badges qui ne marchent pas, caméra à l’épaule à la mode des frères Dardenne… Paradoxalement, ce cinéma qui se veut très social ne montre aucune empathie pour ces deux femmes, et encore moins pour le public. Un exercice de style finalement très artificiel. Aucune raison de s’infliger ça."

En conclusion

Dans l’ensemble, L’Intérêt d’Adam séduit par l’intensité de son jeu d’acteurs, porté notamment par une Léa Drucker unanimement saluée. Les spectateurs louent la puissance immersive de la mise en scène, capable de plonger le public dans une tension constante. Toutefois, certains reprochent au film une approche trop radicale, étouffante, voire artificielle. Bien que les avis soient un peu mitigés, ce film ne laisse personne indifférent.

L’Intérêt d'Adam est actuellement en salle.

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