Si Pirates des Caraïbes a propulsé Keira Knightley sous les feux des projecteurs internationaux, l’actrice britannique ne garde pas un souvenir tout à fait heureux de cette époque. Malgré une carrière impressionnante – plus de 60 crédits au compteur et 2 nominations aux Oscars – elle confie que la notoriété soudaine qu’elle a connue dans sa jeunesse a laissé des traces profondes.
Dès l’âge de 8 ans, Keira fait déjà ses débuts dans l’univers du petit écran avec un premier rôle dans une série télévisée. Elle enchaîne ensuite les apparitions tout au long des années 90, y compris un passage dans Star Wars : La Menace fantôme dans le rôle de Sabé, une des dames de compagnie et des doublures de la Reine Padmé Amidala (Natalie Portman).
Mais c’est au début des années 2000 que tout s’accélère : après son rôle marquant dans Joue-la comme Beckham, elle crève l’écran en 2003 dans La Malédiction du Black Pearl, premier volet d’une saga de pirates qui deviendra culte. Cette même année, elle joue aussi dans Love Actually, une autre production emblématique.
Le revers de la gloire
À seulement 18 ans, la jeune actrice se retrouve propulsée au rang de star mondiale, aux côtés de Johnny Depp et Orlando Bloom. Mais derrière le succès phénoménal du film – qui rapportera plus de 650 millions de dollars – Keira vit une réalité bien plus pesante.
Dans une interview accordée à Variety en 2018, elle confie : “J’ai trouvé ça assez horrible. Je ne suis pas extravertie, donc j’ai trouvé ce niveau de surveillance et ce niveau de célébrité vraiment durs.”
Elle explique également que cette période de transition, entre adolescence et vie adulte, a été particulièrement délicate : “C’était un âge où l’on est en train de ‘devenir’, où l’on n’est pas encore ‘devenu’, et où l’on doit faire des erreurs. C’est un âge très précaire, en particulier pour les femmes. D’une certaine manière, on est encore une enfant.”
Walt Disney Studios Motion Pictures
Keira Knightley admet que cette expérience, bien qu’importante dans son parcours, a été suffisamment marquante (dans le sens négatif du terme) pour nécessiter plusieurs années de thérapie.
“C’était traumatisant, mais cela a donné un tournant à la suite de ma carrière. Alors, avec le recul, est-ce que je ferais quelque chose de différent ? Non, je ne le ferais pas parce que je suis incroyablement chanceuse maintenant, et ma carrière est à un stade où j’en profite vraiment, et j’ai un niveau de célébrité beaucoup moins intense. Je peux y faire face maintenant, et c’est génial. Mais à l’époque, ce n’était pas si génial, et il m’a fallu de nombreuses années de thérapie pour y arriver.”
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Aujourd’hui, elle se sent davantage en paix avec ce passé, et cela influence sa manière d’aborder son métier. Lorsqu’elle travaille avec de jeunes comédiennes, elle se montre très protectrice, consciente des dangers que la célébrité peut entraîner.
“Nous devons être très prudents avec nos jeunes femmes. Quand je travaille avec de jeunes actrices, je suis très protectrice envers elles. Beaucoup de gens disent : ‘Oh, tu es là uniquement à cause de ton visage.’ Et ils les rabaissent à cause de leur apparence. Je pense que tout le monde peut être un peu plus gentil.”
Une image qui l’étouffait
Plus récemment, dans une interview pour Harper’s Bazaar en 2024, Keira Knightley est revenue sur le sentiment d’enfermement qu’elle a ressenti à travers son rôle d’Elizabeth Swann.
“[Elizabeth] était l’objet de désir de tout le monde. Non pas qu’elle n’avait pas de lutte en elle, mais c’était particulier [pour moi] de passer d’un vrai garçon manqué à, sur les écrans, quelque chose vraiment à l’opposé [de ce que je suis].”
Tout en continuant de tourner Pirates des Caraïbes 2 et 3, l’actrice a d’ailleurs cherché à se réinventer à travers des rôles plus complexes, dans des films comme Orgueil et Préjugés, Reviens-moi, Domino ou encore The Jacket.
“Je me sentais vraiment contrainte, très enfermée. Donc mes rôles suivants essayaient de s’évader de ça... Je ne savais pas comment articuler tout ça. Je me sentais enfermée dans quelque chose que je ne comprenais pas.”
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En fin de compte, cette notoriété précoce a été une leçon de vie difficile mais formatrice pour Keira Knightley : “J’ai eu une étrange entrée dans la vie adulte, car je suis devenue célèbre très jeune. On attend des femmes qu’elles ne fassent rien, publiquement, et j’avais beaucoup de mal avec ça. Ça a été un véritable électrochoc.”
Keira Knightley sera à retrouver le 10 octobre prochain dans le thriller La Disparue de la cabine 10. En attendant, vous pouvez la voir dans sa dernière série d’espionnage, Black Doves (2024), sur Netflix, ou encore dans son dernier drame, L’Étrangleur de Boston (2023), disponible en streaming sur Disney+.
Disney+ propose également l’intégralité de la saga Pirates des Caraïbes.