Netflix : 23 ans après sa sortie, on ne se remet toujours pas de ce classique de la science-fiction
Emilie Semiramoth
Emilie Semiramoth
Cheffe du pôle streaming, elle a été biberonnée aux séries et au cinéma d'auteur. Elle ne cache pas son penchant pour la pop culture dans toutes ses excentricités. De la bromance entre Spock et Kirk dans Star Trek aux désillusions de Mulholland Drive de Lynch, elle ignore les frontières des genres.

Avec "Signes", M. Night Shyamalan propose un huis clos qui est un drame intime et familial bouleversant, bien avant d'être un film de science-fiction. Un film à (re)découvrir dès aujourd'hui sur Netflix.

Attention, spoilers ! Cet article dévoile un élément clé de l'intrigue de Signes. Si vous ne l'avez pas encore vu et ne souhaitez pas en connaître la teneur, ne poursuivez pas votre lecture.

Deux ans après le succès tonitruant de Sixième Sens, M. Night Shyamalan repart à la conquête du public avec Signes qui a de nouveau pris tout le monde par surprise. Mais attention, pas pour les mêmes raisons.

Si Signes fascine encore autant, ce n'est pas pour ses extraterrestres. C'est avant tout un drame familial d'une puissance émotionnelle rare, qui utilise l'invasion alien comme prétexte pour explorer les blessures les plus profondes de l'âme humaine. Oui, oui !

Signes
Signes
Sortie : 16 octobre 2002 | 1h 45min
De M. Night Shyamalan
Avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix, Rory Culkin
Presse
3,4
Spectateurs
3,2
Voir sur Disney+

Un père face à l'épreuve ultime

Au cœur de cette histoire, se trouve Graham Hess (Mel Gibson), un pasteur ayant perdu la foi après la mort accidentelle de sa femme. Quand de mystérieux cercles apparaissent dans ses champs de maïs, annonçant une possible invasion extraterrestre, c'est tout son univers familial qui vacille. Avec ses deux enfants et son frère Merrill (Joaquin Phoenix), il va devoir affronter ses démons intérieurs autant que la menace venue d'ailleurs.

Dans Signes, on comprend vite que l'invasion extraterrestre n'est qu'un prétexte à une exploration intérieure. Les aliens ne sont qu'un outil narratif pour se livrer en réalité à une sorte de contemplation silencieuse sur le deuil et la foi. Shyamalan maîtrise parfaitement cet équilibre entre le fantastique et l'intime, il crée une tension oppressante qui culmine dans des scènes d'anthologie, dont la conclusion qui reste un monument d'émotion.

Touchstone Pictures

L'art de l'émotion pure

Ce qui frappe, 23 ans plus tard, c'est la capacité du film à nous faire pleurer sur des détails apparemment anodins : un verre d'eau laissé par la petite fille, les derniers mots de l'épouse mourante, la foi retrouvée dans l'adversité. Shyamalan ne se précipite pas, il prend son temps, étire les silences, joue avec les petits présages annonçant la terreur. Il construit l'émotion comme un bâtisseur, pierre après pierre.

Et même quand on l'a déjà vu, Signes reste ainsi une expérience émotionnelle qui nous fait retenir notre souffle, nous ronger les ongles et rester sur le bord de notre siège. Un classique qui confirme que la science-fiction, lorsqu'elle est bien écrite et savamment dosée, a cette capacité à rendre une histoire ordinaire sur les épreuves de la vie plus bouleversante, et à toujours parler de ce qui nous rend humains.

À redécouvrir d'urgence dès aujourd'hui sur Netflix pour comprendre pourquoi certains films traversent les décennies intacts.

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