Si Fabrice Eboué s'est fait connaître au cinéma avec ses propres réalisations comme Case départ ou Le Crocodile du Botswanga et prépare actuellement son prochain film, il a débuté comme acteur dans Fatal (2009), de son collègue humoriste Michaël Youn. Une belle opportunité pour ce comédien qui n'était alors connu que pour son stand-up au sein du Jamel Comedy Club, mais aussi une grosse source de stress.
"Je ne connais rien au cinéma"
SND
"C'est mon premier film", rappelait-il en préambule au micro d'Interlude en 2023. "Michaël me voit dans Inside Jamel Comedy Club et me dit 'Je te veux pour le film'. Je fais juste des essais et c'est parti, je [jouerai] le manager. Donc je tombe sur une équipe Vincent Desagnat-Michaël Youn qui a un gros succès à l'époque, Michaël a fait des films qui ont cartonné donc il est au top et Fatal Bazooka, c'est la parodie de rap que tout le monde connaît, donc le film est hyper attendu. Je me retrouve dans un film à gros budget tourné au Canada et moi, je ne connais rien au cinéma (...)."
"Pendant deux semaines, on me dit : 'Ah non, tu tournes pas aujourd'hui, c'est demain' donc j'attends dans ma chambre d'hôtel au Canada, puis vient le jour où t'es convoqué. Donc t'es stressé, c'est pas Inside avec les potes, c'est un plateau de cinéma avec une équipe de 50 personnes autour de toi, t'as jamais fait l'acteur, (...) t'attends depuis 2 semaines donc la pression monte (...)."
"Ma voix n'est pas naturelle"
"Je tourne avec des heures supp de tournage en fin de journée, épuisé, tout le monde n'en peut plus, t'as peu de temps pour tourner, on te fout dans un jacuzzi avec des jolies filles en maillot de bain, jouer le coq, le mec sûr de lui, sauf que toi tu n'es pas du tout en assurance, t'es pas bien, et là je vois bien : ma voix n'est pas naturelle, je débite le texte assez rapidement... Oui, c'est ma première scène au cinéma, et tous les éléments sont compliqués pour moi. J'suis fatigué, j'suis stressé et je suis horrible sur la scène. Plus le film avançait, plus ça allait un peu mieux."
Fatal constitue donc un souvenir pas forcément très heureux, mais un premier pied à l'étrier, qui donnera un peu de confiance à Eboué pour passer lui-même derrière la caméra quelques mois plus tard pour mettre en scène son premier long, Case départ (2010).