Le récit qui suit contient des descriptions qui peuvent heurter nos lecteurs les plus sensibles.
Entre 1995 et 2001, une jeune fille disparaît et trois sont retrouvées mortes dans des circonstances similaires vers la gare de Perpignan. Très vite, une psychose éclate, les habitants étant persuadés d’avoir affaire à un tueur en série.
Pendant des années, les policiers ont mené l'enquête afin de retrouver le ou les coupables. C’est à cette affaire, dite des "meurtres de la gare de Perpignan", que Disney+ s’est intéressé avec sa nouvelle série Les Disparues de la Gare, créée par Gaëlle Bellan et disponible depuis ce mercredi 8 octobre sur la plateforme.
Pendant 6 épisodes, les téléspectateurs suivent la difficile enquête menée par la jeune policière Flore Robin, campée par Camille Razat, et le capitaine Franck Vidal, joué par Hugo Becker, afin de lever le voile sur ce mystère.
L’histoire vraie derrière Les Disparues de la gare
Entre 1995 et 2001, Tatiana Andújar, 17 ans, Mokhtaria Chaïb, 19 ans, Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, et Fatima Idrahou, 23 ans, disparaissent dans d’étranges circonstances.
Mis à part Tatiana, dont le corps ne sera jamais retrouvé, les trois autres victimes sont découvertes mortes et dénudées. Les organes génitaux de Mokhtaria et Marie-Hélène ont également été mutilés.
Malgré de nombreux suspects, et une longue enquête, les policiers ne parviennent pas à mettre la main sur le coupable. Ce n’est qu’en 2001, au moment du quatrième meurtre, qu’il arrive à identifier un premier suspect.
Un témoin a en effet noté le type, la couleur ainsi qu’une partie de la plaque d'immatriculation du véhicule dans lequel Fatima avait été emmenée de force. Marc Delpech, un tenancier de bar perpignanais, marié et père d’un enfant, est alors interpellé le 23 février, soit quatorze jours après le crime.
Lors de sa garde à vue, il avoue le meurtre de Fatima Idrahou, qu’il a tué car elle n’avait pas cédé à ses avances. En 2004, il est condamné à trente ans de réclusion criminelle dont vingt ans de peine de sûreté, par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales.
Malgré de nombreux soupçons, il n’est cependant pas condamné pour la disparition des trois autres jeunes femmes. Et pour cause, c’est un autre homme qui sera arrêté pour ces crimes 10 ans plus tard.
En 2014, l’ADN retrouvé sur Mokhtaria Chaïb est enfin identifié. Il appartient à Jacques Rançon, cinquante-quatre ans, père de quatre enfants qui habitait à Perpignan depuis 1997, soit la même année que le meurtre de la jeune femme.
Déjà fiché et condamné plusieurs fois pour agressions sexuelles et violences, il est immédiatement placé en garde à vue et avouera le viol et le meurtre de Mokhtaria deux jours plus tard.
Le 9 juin 2015, il avoue spontanément le meurtre de Marie-Hélène Gonzalez. Le 26 mars 2018, il est condamné à la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales.
Il est malheureusement mis hors de cause dans la disparition de Tatiana Andújar. Jacques Rançon était en effet incarcéré en Picardie pour viol au moment des faits. Cela fait donc maintenant 30 ans que la famille Andujar cherche à savoir ce qui est arrivé à Tatiana.
Une série qui va permettre de faire avancer l’enquête
Si tous les personnages des Disparues de la Gare sont fictifs et que les noms des victimes ont été changés, seul celui de Tatiana Andujar a été conservé. Une manière de faire entendre la voix de cette famille qui n’a toujours pas eu de réponses.
La famille de Tatiana a d’ailleurs participé à l’écriture de la série, et s’est même rendu sur le tournage. “Quand j’ai lu le scénario, je me suis dit : ‘Pourvu que cette série permette de rouvrir l'enquête que la famille puisse obtenir des réponses.’”, a ainsi confié Camille Razat au micro d’AlloCiné.
“Avec cette série, on se sent un peu tous responsables. On avait des craintes. On ne voulait pas faire quelque chose de voyeuriste”, a également expliqué Hugo Becker. “Mais le fait que ce soit Gaëlle Bellan qui écrive et Virginie Sauveur qui réalise, c'était rassurant. On espère que la série aura l'impact escompté”.
Car si l’enquête n’a toujours pas abouti, la famille continue d’espérer avoir des réponses. “Je ne sais pas si c'est grâce à la série, mais il y a un an et demi, l'enquête a été relancée”, a ajouté Kevin Azais, qui incarne l’un des policiers.
“Pourtant, la famille Andujar a tenté plusieurs fois de rouvrir le cold case, mais ça n'avait jamais abouti. On espère qu'ils vont avoir les réponses qu'ils attendent grâce à la série.”
Retrouvez Les Disparues de la Gare dès ce mercredi 8 octobre sur Disney+.