Ce mercredi 8 octobre, France 2 diffuse l'adaptation de l'un des romans les plus populaires de Virginie Grimaldi : Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie. Une histoire bouleversante qui devrait toucher à la fois les fans et les téléspectateurs qui n'auraient jamais lu le livre.
Portée par un casting 5 étoiles, cette mini-série en quatre épisodes promet de vous émouvoir. A l'occasion du Festival de la Fiction de La Rochelle, la rédaction d'AlloCiné a eu l'occasion d'aller à la rencontre de Caroline Anglade qui interprète le rôle de Pauline. Confidences !
AlloCiné : qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet et dans ce personnage ?
Caroline Anglade : Déjà, toute la densité et toutes ces émotions à aborder. Le thème de la famille, les drames familiaux, c’est quelque chose qui me bouleverse, qui me touche. Et puis oui, toute cette palette d’émotions, l’évolution du personnage…
Au début, on ne comprend pas trop pourquoi elle est comme ça, puis ça infuse lentement. Il y a eu la rencontre avec le scénario, avec Baya Kasmi, et avec Virginie Grimaldi dont je connaissais déjà un peu le travail. Et puis, j’avais rarement eu l’opportunité d’aborder un rôle aussi complexe, aussi sur le fil entre la comédie et le drame.
Vous avez eu un coup de coeur pour l'histoire et pour le personnage de Pauline, donc...
Ça a été immédiat. Il y a des scénarios où tout devient soudain limpide. Et là, je l’ai ressenti dès les premières pages. C’est pour ça que lorsque j'ai rencontré Baya et qu'il a été acté que j'allais le faire, j'étais heureuse. Parfois, on ressent cette connexion, mais ça ne se fait pas.
Mais c’est vrai que là, j’ai ressenti Pauline de façon instinctive. Je ne me suis pas dit : "Ah, ça va être dur, je me sens éloignée de ça." Au contraire, j’avais l’impression de comprendre les situations, de comprendre son ressenti, son émotion. C’était quelque chose d’assez évident pour moi.
Est-ce qu’on a une certaine pression quand on doit reprendre un personnage qui a été tant aimé par les fans ?
Oui, complètement, puisque l’imaginaire de chacun des lecteurs est déjà bien présent. C'est sûr qu’on se fait déjà une idée des personnages. Maintenant, au-delà du bouquin, j’ai pris le scénario et je me suis dit que ce serait aussi la patte de la réalisatrice.
L’important, c’est que ce que Virginie raconte dans son histoire se ressente dans la fiction. Il ne fallait pas passer à côté du thème de la famille et de tout ce qu’on va aborder. L’essentiel était de ne pas trahir l’esprit du livre.
Après, on accepte qu’on passe d’un roman à une fiction et qu’il y aura une évolution et quelque part une transformation. J’espère, en tout cas, que les lecteurs seront heureux, car c’est très dur et il y a parfois des adaptations qui sont déceptives. J’espère que celle-là ne le sera pas.
Et justement, Pauline a une voix intérieure très présente dans le livre. Comment avez-vous fait pour le traduire à l'écran sans qu'on l'entende constamment ?
C’est se connecter à ce qu’on vit. Ce que j’adore, c’est ne pas avoir à expliquer ce qu’on ressent, que tout d’un coup ça passe par un regard, un silence… Si on est bien filmé, bien accompagné, bien éclairé, tout se transmet.
En vrai, c’est un peu le travail du chef opérateur et de la réalisatrice, car on ne maîtrise pas ce qu’on va aller chercher en nous. J’ai eu la chance d’être très, très bien accompagnée sur le plan technique, ce qui aide un acteur à être transcendé.
Mais il se trouve que je suis arrivée déjà très chargée par le rôle et par ce que Pauline traverse. Je n’ai pas eu l’impression de faire un travail fou, si ce n’est de me laisser guider par mes partenaires qui sont tous exceptionnels.
C'était fou de jouer avec eux, j'ai rencontré des gens profondément sincères. Et quand en face, on a du répondant et une vraie écoute, on n’a plus grand-chose à faire. Il n'y avait que des acteurs investis, et là, on se repose sur l’autre aussi.
Et le chagrin d’amour, c’est une expérience universelle...
Ah oui. Et c’est cool parce qu’aujourd’hui, j’ai 40 ans, et quand on a expérimenté des choses dans sa vie, on sait que c'est parfois abyssal de traverser ces moments-là. Mais de faire ce métier, de pouvoir, à un moment donné, dans un rôle, exprimer ce par quoi on est déjà passé, c’est presque thérapeutique.
C’était bouleversant pour moi, car j’ai vraiment ressenti ça. Même si je n’ai pas vécu tout ce qu’elle a vécu, je me sentais très connectée à elle, et aussi à Virginie. Lors d’un déjeuner, on s’est beaucoup confiées l’une à l’autre, et on s’est trouvé plein de points communs. Ça a beaucoup contribué à nourrir mon personnage. Ce rôle est une bénédiction, c’est vraiment un cadeau.
Est-ce le rôle le plus fort de votre carrière pour le moment ?
Pour le moment, je suis encore dedans. Mais oui, je dirais que c’est l’un des rôles les plus forts et les plus sensibles que j’ai eus à défendre, parce qu’à l’intérieur du drame, il y a aussi beaucoup d’humour et de légèreté. Il y a du pathétisme dans ces émotions très fortes.
Quand on vit des drames, il peut y avoir de la drôlerie, et il y a aussi de grandes respirations. C’est génial, parce que la vie, c’est ça : du drame, du rire, tout ça mélangé. Et je trouve que dans la série, il y a tout ça, et ça se densifie encore dans les derniers épisodes.
Il y a de la lumière même dans les moments les plus sombres ?
Exactement. Même dans le drame absolu, il y a une lumière quelque part. Et ça, c’est beau. C’est la note d’espoir, et c’est universel, car on va tous vivre des deuils, des pertes. C’est la vie. C’est comment on trouve une ressource, comment à un moment donné, une lumière repointe le bout de son nez.
Vous êtes quasiment de toutes les scènes. Comment avez-vous géré le rythme du tournage ? C'était de longues journées ?
Non, c’est passé beaucoup trop vite. Généralement, quand je suis sur un plateau, investie par un rôle, je ne vois pas le temps passer. C’est ça qui me garde en forme, je suis moins fatiguée quand je tourne. Le rythme, l’ébullition d’un plateau, l’équipe… Et là, on était extrêmement soudés.
On pleurait ensemble, on rigolait ensemble. Il y a eu très peu de tension, si ce n’est celle du temps qui manque. Mais ça donne une urgence et quelque chose d’assez magique. Je crois que tout le monde était vraiment heureux de faire cette série. Donc, honnêtement, ça n’a été que de la joie.
Et le moment où ça s’est arrêté a été extrêmement compliqué. Et même là, d’en parler, de commencer la promo, c’est un peu compliqué parce que ça veut dire que le projet est déjà un peu derrière nous. Il faut profiter, c’est comme ça, mais ça me rend un peu triste.
Et comment s'est passé votre travail avec Xavier Robic pour entrer dans vos personnages ?
On a beaucoup travaillé avec la musique. On avait des morceaux en commun qui nous parlaient. Pour rentrer dans ces états émotionnels, chacun a ses petits secrets, mais parfois, on mettait nos écouteurs, on écoutait une musique qui nous touchait tous les deux, on se regardait, et ça partait direct.
J’ai eu la chance de tomber sur un partenaire incroyable. C’est important de le souligner : quand on a en face quelqu’un qui sait écouter, regarder, qui n’a pas peur de livrer ses émotions, il n’y a plus grand-chose à faire derrière. J’ai eu la chance de tomber sur quelqu’un d’assez incarné. Donc, j’étais amoureuse de lui pendant deux mois (rires) ! Ça, c’est le petit truc en plus.
Qu’est-ce que vous espérez que le public va retenir de cette histoire ?
La lumière dont vous parlez. Que même dans un drame absolu, il y a toujours quelque chose qui fait qu’on va s’en sortir. Ce qui est beau aussi, c’est le thème de la fratrie, de la famille. Est-ce que la famille est un carcan ou est-ce qu’en libérant la parole, on peut sauver des relations ?
C’est ce qui se passe ici : au fur et à mesure, les langues se délient et la famille se retrouve, grâce, quelque part, à ce drame. Ils finissent par s’écouter, se parler, se confier, et il y a une libération. C’est ça qu’il faut retenir : parlez-vous, communiquez, aimez-vous. Et puis après, si ça ne marche pas, ça ne marche pas, mais il faut y croire.