Il y a presque 14 ans jour pour jour, Nicolas Winding Refn frappait un grand coup dans le monde du septième art avec Drive. Un classique instantané racontant l'histoire d'un cascadeur tranquille et anonyme (génial Ryan Gosling) se métamorphosant dès la nuit tombée en pilote de voitures pour le compte de la mafia.
Prix de la mise en scène lors du Festival de Cannes, ce thriller nocturne et urbain absolument fantastique, avec son ambiance oscillant entre le mélancolique, le crépusculaire et le contemplatif et dans lequel la poésie côtoie la violence, mettait une véritable claque. Et pour asséner cette claque de la plus belle des manières, quoi de mieux qu'une grande scène d'ouverture ?
La scène d'ouverture du Drive de Nicolas Winding Refn, c'est en réalité une longue séquence post-générique d'environ 9 minutes absolument géniale. Au cours de ce moment atmosphérique, presque hypnotique, le personnage principal joué par Ryan Gosling (qui a conservé un objet du film) se prépare à l'une de ses missions nocturnes. Une voix, une voiture, une course-poursuite avec un pilote au calme froid, un braquage, une musique envoûtante... On est immédiatement pris par l'ambiance.
"La précision permet de changer une faiblesse en force"
Aussi tendue que fascinante, cette introduction filmée de main de maître par le cinéaste danois est un régal de cinéma. Neuf minutes incroyables suivies du véritable générique, tout aussi impressionnant, rythmé par le morceau Nightcall de Kavinsky.
Ci-dessous, la scène de pré-générique de "Drive" :
En 2019, Nicolas Winding Refn avait analysé la scène d'ouverture de Drive au micro de nos confrères de Konbini. "Un conseil que je donnerais, c'est la simplicité", déclarait-il ainsi. "Par exemple, dans la séquence d'ouverture, on présente tous les éléments-clés en un seul plan. La carte... lui... Los Angeles... Et sa voix en off qui liste les lois qui régissent sa vie. Tout particulièrement dans les films où il n'y a pas beaucoup de budget, il faut être très économe, et donc être très précis. La précision, c'est l'une des choses les plus importantes. Ça permet de changer une faiblesse en force."
"L'idée de la première course-poursuite, c'était d'en faire une expérience interne qu'on ne suit qu'à travers ses yeux", poursuivait le cinéaste scandinave. "Quand on crée, c'est toujours important d'avoir une approche conceptuelle, au lieu de simplement filmer le dialogue, ou un personnage puis l'autre. Il faut que ça soit cinématographique."
La bande-annonce de "Drive" :