"Martin Scorsese a été un véritable mentor pour moi. Non seulement il m'a parlé de la manière dont on devait s'investir à fond dans la confection d'un film, mais il m'a aussi transmis sa passion dès lors qu'il foule un plateau de tournage. Que puis-je dire de plus ? En travaillant avec lui, je suis les pas de celui que j'ai toujours considéré comme le plus grand réalisateur américain. Et j'espère vraiment que cela va continuer car c'est un peu le rêve de tout acteur".
C'étaient les propos que Leonardo DiCaprio nous avait lâché, lorsque nous l'avions rencontré lors de la promotion des Infiltrés. Le cinéaste qu'on ne présente plus est effectivement devenu un véritable totem pour lui; son réalisateur fétiche.
En décembre 2013, alors que l'acteur assurait la promotion de leur nouvelle collaboration pour Le Loup de Wall Street, il était invité aux côtés de Scorsese sur le plateau de l'émission Charlie Rose. Dans la discussion, il évoquait notamment l'impact qu'avait eu sur lui la découverte de Taxi Driver et de son personnage principal, Travis Bickle.
Vétéran de la Guerre du Viêtnam, insomniaque, Travis Bickle est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la raison. Il se met alors en tête de purger les rues de New York de sa faune interlope, et d'arracher une prostituée mineure des griffes de ses souteneurs...
"C'est vraiment le meilleur film indépendant jamais réalisé"
Le film a beau être décortiqué et analysé par les cinéphiles du monde entier depuis 49 ans, il n'empêche : on aime toujours se replonger dedans pour y admirer encore la composition de Robert de Niro, mémorable figure de vigilante.
"Je me souviens l'avoir vu à l'âge de 15 ans et avoir été fasciné par Travis Bickle. Parce que j'étais captivé par ce personnage et que je ressentais une incroyable empathie à son égard... Je le comprenais. Je comprenais sa solitude. Et puis il m'a trompé. Vous voyez ?" commente l'acteur.
"Et au moment où il m'a trompé, je me suis dit : "Qui est cet homme que je regarde ? Qui est cette personne ?" Et je m'identifiais à lui... Je l'ai accompagné tout au long de son parcours, et tout à coup, ce n'était plus la personne que je croyais. Pour moi, c'est vraiment le meilleur film indépendant jamais réalisé. Vraiment". Scorsese, en bout de table, savoure ce compliment bien mérité.