C'est l'un des plus grands méchants de l'Histoire du cinéma : 40 ans après, il continue de glacer tous les fans de ce film fantastique
Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

Figure iconique du cinéma fantastique, ce grand méchant est sans doute l'un des plus mémorables du 7ème art. Retour sur un bad guy cruel, sadique, dérangeant et étrangement fascinant.

Nous sommes en 1536, dans les Highlands d'Ecosse. Connor, honorable combattant du clan McLeod, s'apprête à livrer sa première grande bataille aux côtés des siens. En levant les yeux, il aperçoit, perché sur une colline, un mystérieux chevalier à l'allure monstrueuse.

Un barbare intimidant

Juché sur son cheval noir, ce guerrier paraît colossal. Il porte une lourde armure aux lignes agressives et un casque représentant un crâne bestial, pourvu de dents acérées comme celles d'un lion. Il dégaine sa gigantesque épée de son fourreau et lance cette phrase lourde de sens : "N'oublie pas, le garçon est à moi !", affirme-t-il, en parlant bien sûr de Connor.

Cannon

La bataille commence alors, d'une brutalité sans nom, les deux clans s'affrontant avec une violence inouïe. Au milieu de la mêlée, le guerrier monstrueux s'en prend à Connor. Encore inexpérimenté, il se fait transpercer par l'épée de son adversaire, qui prend un plaisir sadique à lui ôter la vie, arborant un rictus démoniaque.

Cependant, ce chevalier diabolique ne veut pas s'arrêter là ! Il veut décapiter Connor en criant la phrase : "Il ne peut en rester qu'un !" Mais il est stoppé net par d'autres membres du clan McLeod, non sans promettre de revenir lui faire la peau. Ce combattant aux allures de démon inhumain, c'est Kurgan, l'un des plus grands méchants de l'Histoire du cinéma !

Dans Highlander, réalisé en 1985 par Russell Mulcahy, Clancy Brown lui prête sa carrure impressionnante. Sa force brute contraste avec l'élégance raffinée de son ennemi juré, Connor McLeod, incarné par notre Christophe Lambert national.

Highlander
Highlander
Sortie : 26 mars 1986 | 1h 51min
De Russell Mulcahy
Avec Christophe Lambert, Sean Connery, Roxanne Hart
Spectateurs
3,4
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Le Mal absolu

S'il a autant marqué les spectateurs, c'est en grande partie grâce à ce look décrit plus haut, sa stature massive, ses cicatrices et sa voix grave sorti d'outre-tombe (en VF, il est doublé par l'immense Richard Darbois), mais aussi pour sa représentation du Mal absolu et incontrôlable. Kurgan n'est motivé que par la violence et la mort, obnubilé par le massacre.

Il cherche à devenir le dernier des Immortels, des êtres élus ne pouvant mourir que si on leur coupe la tête. Et pour réussir à y parvenir, il doit absolument vaincre Connor McLeod, qu'il considère comme son adversaire le plus coriace, le seul pouvant l'empêcher de remporter le prix, celui de pouvoir asservir la race humaine après avoir décapité tous les Immortels.

Quand il croise à nouveau la route de McLeod en 1985, Kurgan est métamorphosé, mais toujours aussi fou et cruel. Cette fois, il a troqué son armure de barbare apocalyptique par un look punk à la Mad Max. Tenue en cuir très sombre, crâne rasé et sourire carnassier, il provoque ses victimes grâce à un humour noir dévastateur, étrangement drôle.

Son sadisme atteint son paroxysme dans les années 80, où sa mentalité de guerrier barbare n'a pas changé d'un iota. C'est un pur produit de la violence primitive se baladant dans le monde moderne, et c'est ce qui le rend fascinant. Son côté totalement incontrôlable est parfaitement représenté lors de la scène dans l'église.

Cannon

Un bad guy provocateur et sadique

Kurgan s'amuse à provoquer le prêtre et les fidèles dans cet endroit sacré, tel un démon venu répandre son Mal dans le dernier endroit où on l'attend. C'est dans cette séquence qu'il scandera une phrase énigmatique devenue célèbre : "Il vaut mieux mourir, que de disparaître !" Ce trait de personnalité, qui le rend insondable, lui confère une sorte de charisme pervers.

Par ailleurs, il épouse complètement l'énergie rock du film, celle impulsée par la bande-originale culte composée par le groupe Queen. In fine, Kurgan n'est absolument pas nuancé, comme d'autres grands méchants soutenant une cause immorale. Il est purement mauvais, tue par plaisir, viole, détruit tout sur son passage, et il se permet de s'en amuser.

Cette absence totale de rédemption ou de justification psychologique le rend choquant et mémorable. Il ne cherche pas à avoir raison : il cherche à gagner. En ce sens, il est l'exact opposé de Connor, qui lui représente l'honneur, la retenue, la discrétion et l'amour de son prochain. Kurgan, lui, n'est que chaos.

Sauvagerie VS élégance

Leurs armes respectives en disent d'ailleurs long sur ce fait : McLeod utilise un katana japonais, arme symbole d'élégance et de raffinement, là où Kurgan possède une épée massive et lourde, privilégiant la sauvagerie et la force.

Ce contraste renforce évidemment l'enjeu moral du duel final de Highlander. Il ne s'agit pas de savoir qui survira et remportera le prix, mais quel type d'homme le méritera. Kurgan reste un des plus grands méchants du 7ème car il combine terreur, charisme, simplicité morale et puissance visuelle. À lui seul, il incarne l'un des archétypes les plus efficaces du méchant de fantasy : le prédateur immortel qui se réjouit du mal qu'il fait.

Cannon

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Clancy Brown n'est pas un grand fan de ce personnage, même si c'est l'un de ses rôles les plus mémorables. "Je ne pense pas que le film ait très bien vieilli", affirmait-il lors d'un entretien dans les colonnes de Kuaf.com. "La meilleure chose dans ce film, c’est la bande originale. La musique sauve vraiment le film. Et le travail de Russell Mulcahy en tant que réalisateur est vraiment formidable", a-t-il poursuivi.

"Mais bon, c’est une fantaisie un peu loufoque typique des années 80. J’aimais le scénario parce que je trouvais que l'univers créé était très riche : un monde souterrain de gens qui vivent selon des règles différentes. Donc c’était amusant. En plus, on pouvait manier des épées et tout ça, et c’était plutôt cool. J’avais la vingtaine quand j’ai fait ça, alors à l’époque, l’essentiel, c’était de s’amuser", a indiqué Clancy Brown.

Si vous n'avez jamais vu Highlander ou si vous souhaitez le revoir, il est disponible sur Canal+ via l'offre Ciné+ OCS.

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