Dès les débuts du tournage de La Petite maison dans la prairie, une limite très claire a été posée à Katherine MacGregor, l’inoubliable interprète de Madame Oleson. Comme le raconte un témoignage issu des coulisses, un de ses partenaires lui aurait lancé sans détour : “Non, Katherine, tu ne me dis pas comment jouer. Tu peux tout faire sauf ça.”
Cette remarque résume assez bien l’ambiance particulière qui entourait l’actrice sur le plateau. Si le public garde surtout le souvenir d’une Madame Oleson autoritaire, snob et délicieusement détestable, les acteurs, eux, devaient composer avec une collègue au caractère affirmé et aux habitudes parfois envahissantes.
L’origine de cette anecdote se trouve dans Confessions of a Prairie Bitch, l’autobiographie d’Alison Arngrim, celle qui incarnait Nellie Oleson. L’ouvrage, relayé notamment par Serieously, décrit une Katherine MacGregor peu encline à suivre les règles classiques d’un tournage télévisé.
“Si elle se fichait un peu de ses répliques, elle les changeait. Cela rendait fous Michael [Landon] et Bill Claxton, mais elle ne se laissait pas influencer. Ils n’étaient pas particulièrement ravis non plus de son autre petit hobby : celui de diriger les acteurs.”
NBC
Une actrice au tempérament affirmé, parfois difficile à gérer
Selon Alison Arngrim, ce penchant allait bien au-delà de simples remarques occasionnelles. Katherine MacGregor prenait volontiers le rôle de cheffe d’orchestre, sans toujours être invitée à le faire.
“Elle était heureuse de dire aux autres acteurs – plus jeunes qu’elle, plus vieux, moins expérimentés, plus expérimentés, peu importe – ce qu’ils devaient exactement faire dans la scène, de comment se tenir aux accessoires à utiliser, etc. Elle donnait même des répliques précises à dire, avec l’endroit où placer le ton et l’emphase.”
Une attitude loin de faire l’unanimité sur un plateau où chacun protège généralement sa liberté de jeu. Alison Arngrim souligne en effet que ce type d’intervention est rarement apprécié : “La plupart des acteurs ne le font pas, encore moins s’ils n’ont rien demandé. (...) Mais ce n’était pas une suggestion aidante, elle était assez insistante, en disant aux gens qu’ils “faisaient mal”. (...) Richard Bull [qui jouait son mari Nels Oleson] refusait : (...) Dès le premier jour de tournage, il lui a dit : ‘Non, Katherine, tu ne me dis pas comment jouer. Tu peux tout faire sauf ça.’”
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Une performance “envoûtante”
Pour autant, ce portrait ne se résume pas à des critiques. L’ancienne interprète de Nellie Oleson rappelle que certains comédiens, comme Dean Butler (Almanzo), se montraient réceptifs aux conseils de Katherine MacGregor. Surtout, son talent éclipsait largement ses travers. À l’écran, elle imposait une présence hors norme, capable de captiver instantanément le public.
“Quand elle arrivait à l’écran, personne d’autre n’existait. Sa performance était envoûtante, hilarante, outrageante (...). Son jeu relevait du génie absolu.”
C’est précisément cette force de jeu, conclut Alison Arngrim, qui explique pourquoi Katherine MacGregor est restée jusqu’au bout une figure centrale de la série, malgré un comportement parfois difficile à gérer en coulisses.
La Petite maison dans la prairie est à retrouver quotidiennement sur 6ter.
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