Depuis sa sortie en 1987, Predator ne cesse de fasciner le public, continuant de perpétuer une légende immortelle. Réalisé par John McTiernan, le film d'action et de science-fiction est devenu un classique, souvent copié, jamais égalé !
Ecrit par les scénaristes Jim et John Thomas, Predator regorge de punchlines mémorables, scandées par les gros bras du casting, d'Arnold Schwarzenegger à Carl Weathers en passant par Jesse Ventura ou Shane Black.
On se souvient tous de Schwarzy plantant son couteau dans le torse d'un ennemi avant de lui asséner cette réplique cinglante : "Aiguise-moi ça !" Blain, incarné par Jesse Ventura, n'était pas avare de saillies verbales bien senties. "Bon dieu, vous êtes qu'un ramassis de lopettes ici ! Faites-vous les mâchoires avec ça, et vous banderez comme des dinosaures !", martelait-il à ses collègues.
Cette équipe de colosses armée jusqu'aux dents va toutefois se faire décimer par le Predator. Un par un, la créature va se charger de les traquer et de leur offrir une mort violente, qui a durablement marqué les spectateurs. Malgré leur arsenal et leurs muscles volumineux, personne n'a réussi à la vaincre... sauf Schwarzy !
Une punchline acerbe !
A la fin du film, ce dernier fait face au Predator, seul, après avoir perdu toute son équipe. L'alien en a fait des trophées, les éliminant les uns après les autres. Il ne reste que Dutch, qui a abandonné toutes ses armes pour se mesurer à son ennemi à mains nues. Le Yautja (le vrai nom des Predators) ayant un sens de l'honneur exacerbé, accepte alors de dévoiler son visage à Dutch, l'estimant digne d'un affrontement frontal.
La créature retire alors son casque métallique, dévoilant une tête hideuse pourvue de sortes de mandibules. Dégoûté par cette vision d'horreur, Dutch va sortir une des répliques les plus légendaires du cinéma, sublimée par sa version française et la voix de Richard Darbois sur Schwarzy : "T'as pas une gueule de porte-bonheur."
T'as pas une gueule de porte-bonheur.
Cette phrase cocasse apporte une touche d'humour, juste avant un combat brutal entre Dutch et le Yautja. Elle montre la décontraction du héros face à cet extraterrestre à l'aspect repoussant, mais également ses craintes devant sa force herculéenne.
Une adaptation VF géniale
En version originale, la punchline est plus directe et insultante : "You're one ugly motherfucker", que l'on pourrait traduire par "T'es sacrément moche, bordel", "Espèce de sale enfoiré moche" ou "T'as vraiment une putain de sale gueule." Cependant, à l'époque, l'auteur de la VF, Eric Kahane, a sûrement souhaité éviter la vulgarité frontale car cela aurait sonné creux ou paru ridicule.
Au lieu d'une traduction littérale, l'adaptateur a opté pour une insulte indirecte plus élégante, ce qui amplifie le sous-entendu méprisant. C'est typiquement français de piquer au vif sans jurer, et ça fait mouche dans cette scène.
Par ailleurs, cela crée un contraste qui renforce la tension. Dutch est face à un monstre inconnu, et au lieu de paniquer, il l'insulte calmement. Cela démontre son sang-froid et son "arrogance" de soldat d'élite. C'est donc parfaitement dans le ton du personnage. Cette traduction confine donc à l'éclair de génie.
Fox
De plus, la punchline est parfaitement synchronisée avec le mouvement des lèvres de Schwarzy, et son rythme est précis, collant parfaitement au jeu d'acteur. Résultat : elle est devenue culte en France, parfois plus que la VO ! Tout comme le "Nom de Zeus" de Retour vers le Futur, la réplique a créé une identité culturelle. Sans copier Hollywood, elle a créé son propre mythe.
In fine, si la VO est brute et agressive, la VF est moqueuse, classe et insolente. Paradoxalement, elle rend Dutch encore plus badass. Dans ce cas précis, la VF ne trahit pas du tout le film, mais elle l'enrichit. C'est là tout l'intérêt du travail d'adaptation !
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