C'est l'un des parcours les plus atypiques du cinéma français, car ce réalisateur a d'abord été condamné à mort, puis sauvé, et il est ensuite devenu un scénariste et metteur en scène qui s'est spécialisé dans les films policiers et les thrillers.
Le vrai nom de José Giovanni est Joseph Damiani. Le père de Joseph se retrouve sans le sou suite au krach boursier de 1929, puis ses problèmes de jeu conduisent une partie de la famille dans le gangstérisme, y compris le jeune Joseph.
Condamné à mort
Youtube / INA / Arditube
Nous sommes au milieu des années 40, et le futur José Giovanni et ses complices enlèvent, torturent, dépouillent et assassinent leurs victimes. Après plusieurs de ces crimes, l'équipe se fait arrêter, plusieurs membres du gang décèdent et le 10 juillet 1948, Joseph Damiani, 22 ans, est condamné à mort par la justice.
Comme il le racontait à Thierry Ardisson en 2002, en attendant sa condamnation, Damiani écrit "Huit mois, face à la tombe - Journal d'un condamné à mort" qui relate ses huit mois de détention en attente de son exécution. En liberté, son père contacte les familles des victimes du gang afin d'obtenir des lettres de pardon et obtient, le 3 mars 1949, la grâce du président de la République Vincent Auriol pour son fils Joseph.
Ce dernier voit sa peine ramenée à vingt ans de travaux forcés en 1951, et il est libéré en 1956, à 33 ans, après un peu plus de 11 ans de détention.
Une libération placée sous le signe de l'écriture
SNC
Dès l'année suivante, Joseph Damiani devient José Giovanni et se base sur son expérience criminelle et carcérale pour mener une carrière d'écrivain. Son style est rapidement reconnu et ses livres sont adaptés au cinéma, souvent par ses soins.
C'est ainsi qu'il signe Le Trou, Classe tous risques ou encore Les Grandes Gueules. Il passe à la réalisation en 1967 avec La Loi du survivant, qui adapte la seconde partie de son roman Les Aventuriers, dont la première partie est aussi adaptée au cinéma en 1967 réalisée par Robert Enrico (Les Aventuriers).
Réalisateur pour Alain Delon, Lino Ventura et Jean Gabin
Adel Productions
S'ensuivent 14 longs métrages tournés en 1968 et 2001, dont quelques perles du polar comme Dernier domicile connu ou Deux hommes dans la ville, mais aussi des films d'aventures comme Le Ruffian ou Le Rapace.
En 1984, grâce à sa réinsertion, José Giovanni obtient sa demande de réhabilitation, qui lui permet de faire à nouveau valoir certains de ses droits, dont il était privé depuis sa condamnation et de l'effacer de son casier judiciaire.
Après un dernier long métrage consacré à son père intitulé Mon père, il m'a sauvé la vie sorti en 2001, José Giovanni s'éteint le 24 avril 2004 à 80 ans.
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