Margot Robbie et Jacob Elordi réinventent Les Hauts de Hurlevent et si vous êtes passés à côté des nombreuses affiches ou bandes-annonces du film, le résultat pourrait vous surprendre. La réalisatrice Emerald Fennell (Promising Young Woman, Saltburn) convoque une ambiance pop et sulfureuse pour raconter l'histoire des deux amants maudits Catherine Earnshaw et Heathcliff.
Seulement voilà, cette nouvelle adaptation du roman d'Emily Brontë a enragé les fans et ce, dès le début de la production. Tout a commencé avec le casting de Jacob Elordi, un acteur blanc, choisi pour incarner Heathcliff - personnage décrit avec la peau foncée dans le roman.
Puis cela s'est poursuivi avec les premières photos de tournage sur lesquelles Margot Robbie apparaissait dans une robe de mariée blanche. Le problème ? Le costume est jugé historiquement incohérent avec l'époque - les robes de mariées blanches n'ont fait leur apparition qu'à partir de 1840, soit plus de 40 ans après les événements de l'histoire.
Anachronismes et absurdité assumées
Pourtant, tout est assumé. De la même manière que Baz Luhrmann modernise l'univers de ses films - comme dans Moulin Rouge!, Gatsby, le magnifique ou Elvis -, Emerald Fennell s'amuse de l’absurde et des anachronismes pour créer une esthétique singulière. C'est cette touche d'originalité qui distingue le film des précédentes versions.
Comment la réalisatrice explique-t-elle ces libertés artistiques ? AlloCiné lui a posé la question :
"Le livre d'Emily Brontë est résolument moderne. Puis c'est un roman gothique car il est entièrement dirigé par l'émotion. Lorsqu'il s'agit d'adapter une telle œuvre, c'est l'émotion qui m'a guidée. Il est impossible d'en réaliser une adaptation parfaite, car le livre est si dense, si complexe, si riche en contradictions et si intéressant."
Warner Bros. Pictures
Elle poursuit : "Dès le départ, je voulais créer une œuvre qui permette aux spectateurs de ressentir ce que j'avais ressenti en lisant le livre pour la première fois, adolescente. Autrement dit, je suis partie du principe que, si nous n'avions jamais vu de film d'époque, il fallait faire abstraction du contexte et se concentrer uniquement sur les sentiments et les émotions."
Susciter le débat
La cinéaste explique que chaque costume, texture ou élément de décor une logique émotionnelle plutôt qu'historique. "Sans oublier la musique de Charlie XCX, ajoute-elle. Il s'agissait simplement de transposer ces sentiments dans le monde d'aujourd'hui."
Il faut également rappeler que la réalisateur a un certain goût pour la provocation - il suffit de voir ses deux premiers films. Cette liberté lui permet aussi de bousculer le public : "J'ai envie d'entendre ou lire les spectateurs débattre après le film. Pour Hurlevent, les gens pleurent beaucoup à la fin. C'est important de provoquer une réaction physique. J'ai une chance incroyable de travailler avec des gens qui veulent repousser les limites."
Reste à savoir si les détracteurs de la première heure réussiront à changer d'avis après avoir découvert le film.
Propos recueillis par Thomas Desroches en janvier 2026.
Hurlevent est actuellement au cinéma