"Je remercie vivement Jonathan Cohen d'avoir refusé Babysitting !" : 12 ans avant le triomphe de Marsupilami, le cinéma français doutait du potentiel de Philippe Lacheau
Olivier Portnoi
Olivier Portnoi
-Journaliste Cinéma
Elevé à la fois par Freddy Krueger, le T-800, Johnny Utah et les riffs l’ampli à onze d’Eddie Van Halen, Olivier a autant oeuvré pour la presse rock et punk rock que le cinéma de genre qui brûle les rétines.

Imaginez Jonathan Cohen ou Max Boublil en tête d'affiche de "Babysitting" ? C'est ce qui a failli arriver, personne ne voulant alors de la bande à Fifi dans un film. Philippe Lacheau se souvient pour nous de cette période compliquée.

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Si Philippe Lacheau cartonne actuellement dans nos cinémas avec le Marsupilami (bientôt plus de 4 millions de spectateurs pour le film et c'est loin d'être fini !), il faut se souvenir qu'en 2014 personne ne voulait se risquer à parier sur la bande à Fifi. A tel point que Philippe Lacheau n'arrivait pas à monter financièrement son premier film Babysitting et que ses financiers cherchaient une valeur sûre au box-office pour en être la tête d'affiche.

"Je remercie vivement Jonathan Cohen d'avoir refusé Babysitting !"

"Les financiers ont refusé que l’on fasse les premiers rôles", confie Philippe Lacheau au sujet de Babysitting en interview Grand Ecran avec AlloCiné. "Ils aimaient le scénario mais pour eux, il fallait des acteurs bankables. Jonathan Cohen avait déjà la cote à l’époque. Le film lui a été proposé et il a refusé. Il a aussi été proposé à Max Boublil, qui sortait des Gamins, gros succès vu par 1,5 million de spectateurs. Par chance, il a aussi refusé. Je tiens à les remercier. Merci Jonathan, merci Max d’avoir refusé Babysitting, sinon je ne serais certainement pas là aujourd’hui."

Le plus petit budget possible

Philippe Lacheau rappelle que l'idée de Babysitting lui ait venu dans son bain alors qu'on lui refusait toutes ses idées et qu'il cherchait un concept le plus économique possible.

"On avait plusieurs projets de films qui ne se sont jamais faits. A chaque fois pour les même raisons. On nous disait, vous n’avez pas fait de cinéma, du coup on ne pourra pas monter de financement sur vous. C’est ce que j’appelle le syndrome boîte de nuit. Tu n’es pas un habitué, tu ne peux pas rentrer, et en même si tu ne rentres pas, tu ne seras jamais habitué. Du coup, on fait comment ? Faut bien démarrer non ? Le seul espoir que l’on avait de faire un film et de jouer dedans était d'imaginer le projet le moins cher possible. C’était l’époque du found footage. Les Projet Blair Witch et Paranormal Activity cartonnaient. Cela nous a inspirés. Babysitting n’était pas une idée artistique à la base mais une idée économique qui n’a pas été facile à vendre car il n’y avait pas d’équivalent en France en comédie."

Sortie en avril 2014, Babysitting attire 2,3 millions de spectateurs. La première belle victoire au cinéma de la bande à Fifi.

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