Tous les regards sont tournés vers Obsession, premier film de Curry Barker, 26 ans. Ce film d'horreur, doté d'un budget estimé à 750 000 dollars, en a rapporté près de 225 millions à travers le monde. Et les chiffres ne sont qu'augmenter. En France, le film dépasse à date les 600 000 entrées. Un vrai phénomène.
Ce thriller met en scène Bear (Michael Johnston), un jeune homme éperdument amoureux de sa collègue de travail Nikki (Inde Navarrette). Désespéré, il exauce un vœu grâce à un gadget trouvé dans un magasin : il souhaite que Nikki l'aime plus que tout au monde. Le souhait se réalise et le comportement de la jeune femme devient de plus en plus inquiétant, si ce n'est mortel...
Obsession pose de nombreuses questions, à la fois sur la codépendance amoureuse, les relations toxiques mais également sur le consentement. L'esprit de la véritable Nikki est piégé à l'intérieur de son corps, laissant Bear le champ libre pour utiliser son corps à son bon vouloir.
Tandis que le film se transforme en véritable descente aux enfers, les spectateur·ices sont en droit de se demander si tout cela aurait pu être évité si Bear avait avoué ses sentiments dès le début. Mais qu'en est-il de Nikki ? Était-elle intéressée par Bear en retour ? Obsession sème le trouble sur cette question.
Nikki était-elle amoureuse de Bear ?
Interrogé par CinemaBlend, l'acteur Michael Johnston révèle que le réalisateur Curry Barker a choisi de tourner deux versions des scènes avec Nikki pour cultiver l'ambiguïté.
"L'histoire est racontée du point de vue de Bear, explique Michael Johnston. Il ne sait pas vraiment ce que ressent Nikki. Alors, Curry et moi, on a exploré l'idée de tourner des prises où elle était très intéressée, puis d'autres où elle ne l'était pas."
Il poursuit : "Au montage, on a essayé de combiner ces deux prises pour imaginer ce que ressent Bear qui se demande comment elle se sent. Au final… on ne sait pas vraiment." Cette volonté de brouiller les pistes donne au public une totale liberté pour faire sa propre interprétation.
Focus Features
Quant aux intentions de Bear, dont les choix sont moralement discutables, le réalisateur Curry Barker révélait à AlloCiné :
"Certains de mes films préférés, ou du moins ceux vers lesquels je me tourne naturellement, n'ont généralement pas de personnages parfaits. Et je trouve que l'histoire est bien plus intéressante quand les personnages sont moralement ambigus. C'est au public de décider s'il va les apprécier ou non."
Obsession, actuellement au cinéma