Vous allez encore plus aimer Paul Mescal et Josh O'Connor après ce film ! Ne laissez pas filer ce drame poignant au cinéma
Thomas Desroches
Thomas Desroches
-Journaliste
Les yeux rivés sur l’écran et la tête dans les magazines, Thomas Desroches se nourrit de films en tout genre dès son plus jeune âge. Il aime le cinéma transgressif, queer, horrifique et les documentaires engagés.

Présenté au Festival de Cannes, "Le Son des souvenirs" réunit Paul Mescal et Josh O'Connor dans une histoire d'amour romanesque et d'une grande sensibilité.

Timothée Chalamet, Paul Mescal, Jacob Elordi, Josh O’Connor… Vingt ans après le succès Brokeback Mountain, jouer un rôle gay au cinéma n’est plus un sujet. Aujourd’hui, une nouvelle génération d’acteurs internationaux apprend à se défaire des stéréotypes virilistes qui ont si longtemps envahi les écrans. Le Son des souvenirs d’Oliver Hermanus s’inscrit parfaitement dans cette ère nouvelle.

Le Son des souvenirs
Le Son des souvenirs
Sortie : 25 février 2026 | 2h 09min
De Oliver Hermanus
Avec Josh O'Connor, Paul Mescal, Chris Cooper
Presse
3,3
Spectateurs
3,9
Séances (19)

Le réalisateur sud-africain adapte la courte histoire de Ben Shattuck, publiée dans le recueil La Forme et le couleur des sons en 2025. Le récit commence après la Première Guerre mondiale et suit la rencontre entre deux hommes, Lionel (Paul Mescal) et David (Josh O’Connor). Liés par leur amour pour la musique, ils vont entamer un voyage à travers les campagnes du Maine pour récolter des enregistrements de chansons traditionnelles. Des sentiments naissants transforment très vite les deux musiciens en amants.

Présenté en Compétition officielle au Festival de Cannes, Le Son des souvenirs se concentre davantage sur l’intime, la connexion immédiate, l’attachement avant l’éloignement plutôt que le répression homophobe de l’époque. Ce sujet, le réalisateur l’avait abordé dans Moffie, film sorti durant l’été 2021 sur le destin d’un soldat de l’armée sud-africaine dans le placard. Après la violence, Oliver Hermanus propose une œuvre délicate où le silence est encore plus fort que les mots.

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La loi du silence

Cette notion du silence est importante dans les choix de Paul Mescal. Dès Normal People, la mini-série qui l’a révélé au monde entier, l’acteur est habitué à jouer des personnages qui se renferment dans le mutisme. Comme ce fut le cas dans Aftersun de Charlotte Wells, rôle qui lui vaut sa première nomination aux Oscars en 2023.

C’est ce qui m’a attiré dans Le Son des souvenirs également, explique-t-il à AlloCiné. C’est une qualité de jeu qui m’attire car elle est légèrement inquiétante. Je trouve qu’au cinéma, on accorde trop d’importance aux dialogues. Ils sont certes essentiels, mais ils ne représentent souvent qu’une infirme partie du temps passé à l’écran. Il est plus intéressant de voir un personnage penser que parler.

Enregistrer nos sentiments

Puis il y a le son, ces enregistrements sonores. Ils deviennent des capsules d'émotions capables de survivre au temps. “L’histoire se déroule à une époque où ce concept est nouveau et il a un impact émotionnel sur la façon dont les gens vivent, précise le réalisateur pour AnOther Magazine. C’est la grande métaphore du film : enregistrons-nous nos sentiments ? Comment se souvenir d’eux ? Qu’est-ce qui déclenche ce souvenir ?” Ces questions trouvent une réponse dans la scène finale du film. Un moment déchirant qui devrait toucher le spectateur en plein cœur.

Propos recueillis par Thomas Desroches, à Cannes, en mai 2025

Le Son des souvenirs, actuellement au cinéma

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