2 ans après Monte-Cristo, cet acteur revient au cinéma, toujours aussi juste et charismatique
Maximilien Pierrette
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

Vu récemment dans "Le Comte de Monte-Cristo" ou "Enzo", Pierfrancesco Favino retourne en Italie avec "Il Maestro", drame dans lequel il confirme sa grande justesse et nous a permis de parler de cinéma et de sport avec lui.

Ça parle de quoi ?

Années 1980, un ancien joueur de tennis devient l’entraîneur d’un jeune talent timide, écrasé par les attentes de son père.

Il Maestro
Il Maestro
Sortie : 11 mars 2026 | 2h 05min
De Andrea Di Stefano
Avec Pierfrancesco Favino, Tiziano Menichelli, Giovanni Ludeno
Presse
2,9
Spectateurs
3,8
Séances (28)

L'as des aces

Que reste-t-il à dire que nous ne sachions pas sur Pierfrancesco Favino ? Chaque nouveau film qui sort ne fait que nous rappeler le talent de l'acteur italien récompensé à Cannes en 2019 pour Le Traître, ainsi que sa manière de ne pas trop forcer : pas besoin de transformation chez lui pour nous impressionner, ou nous émouvoir comme dans Enzo, le film de Laurent Cantet mis en scène par Robin Campillo, qui marquait une nouvelle incursion de sa part dans notre cinéma, deux ans après le triomphe du Comte de Monte-Cristo.

Un peu moins de deux ans après l'adaptation de Dumas signée Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, l'acteur revient sur nos écrans avec un film italien situé dans un passé un peu plus proche du nôtre, car c'est au coeur des années 80 que se déroule le nouveau long métrage réalisé par Andrea Di Stefano (qui avait déjà dirigé Piefrancesco Favino dans Dernière nuit à Milan), drame qui ne manque pas de légèreté et qui suit la relation entre un espoir du tennis et une ancienne gloire qui devient à la fois son entraîneur et un père de substitution.

Universal Pictures International France

Un schéma classique dessiné avec justesse et tendresse, qui permet à Il Maestro de sortir du cadre du film de sport (non sans prendre soin de rendre ses scènes de tennis cinématographiques) et de le rendre plus universel. A tel point qu'on a demandé à Pierfrancesco Favino s'il avait noué la même relation mentor - élève avec Tiziano Menichelli, son partenaire à l'écran : "Il cherchait des conseils", nous dit celui qui a dirigé une école de théâtre à Florence pendant neuf ans, jusqu'à sa fermeture, et a ainsi pu transmettre ce qu'il avait appris étant plus jeune.

"Il voulait surtout savoir comment vivre sur le plateau. Il avait des questions sur le respect du travail quand on est hors-caméra, et nous avons commencé à plaisanter sur le sujet. C'est un jeune acteur incroyable qui possède une âme unique, et c'était extrêmement facile de travailler avec lui. Je voyais qu'il cherchait quelque chose de moi, mais j'ai aussi beaucoup appris de lui." Et jouer au tennis hors des prises, même si cet immense fan de sport, supporter inconditionnel de l'AS Roma, n'a pas profité de l'occasion pour approcher des joueurs du circuit actuel, dont son compatriote Jannik Sinner.

"J'aimerais que le cinéma et le sport suscitent les mêmes émotions"

Mais il est très bien placé, entre son métier et sa passion, pour estimer si le cinéma est capable de rassembler les foules de la même manière que le sport, et de susciter les mêmes émotions : "J'aimerais que ce soit le cas. Que les spectateurs puissent avoir le même sentiment que celui que j'éprouve pour mon équipe de foot face à des personnages. Je crois qu'aux débuts du cinéma, quand les gens voyaient le héros ou l'héroïne d'un film, ils les soutenaient jusqu'à la fin. C'est quelque chose que l'on retrouve dans chaque histoire et que nous avons ce type d'attitude en nous, mais qu'elle est peut-être devenue moins instinctive et plus intellectuelle."

"C'est là que l'émotion nous emmène. Si on pense aux films que l'on aime, c'est parce qu'à la fin, on voudrait que le héros ou l'héroïne fasse tout ce qui est possible pour gagner. C'est une autre forme d'énergie, mais j'aimerais beaucoup voir les spectateurs d'une salle de cinéma supporter un personnage de la même façon qu'on le fait dans le sport." Une chose est sûre : nous n'avons pas fini de soutenir Pierfrancesco Favino à chaque fois qu'il sera devant la caméra, surtout s'il continue de sortir des prestations comme celle-ci, aussi juste et précise qu'un revers le long de la ligne.

Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 26 février 2026

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