Officiellement, la star de Projet Dernière Chance s'appelle Ryan Gosling, ex-Ken de Barbie qui retourne dans les étoiles après avoir été Neil Armstrong, premier homme à avoir marché sur la Lune, dans le biopic que lui a consacré Damien Chazelle en 2018. Dans les faits, l'acteur de La La Land forme un duo avec... un caillou.
Ou plus précisément, un extra-terrestre à l'allure rocailleuse que son personnage appelle Rocky ("parce que tu ressembles à un gros roc"), doté de quatre pattes mais dénué de visage, ce qui ne l'empêche pas d'être attachant. Et heureusement, car son partenaire passe une bonne moitié de son temps d'écran à ses côtés dans le nouveau long métrage de Phil Lord et Chris Miller.
Tour à tour curieux, innocent et joueur, le personnage nous fait parfois penser à E.T. ou Wall-E, et se présente comme l'une des grandes réussites du film inspiré du roman homonyme d'Andy Weir (Seul sur Mars) sorti le 18 mars dans nos salles. Et c'est une juste récompense au vu du travail qu'a demandé Rocky au moment de passer de la page au grand écran : "Nous avons travaillé sur le film pendant cinq ans, et il a fallu une année pour concevoir Rocky en tant que créature, pour lui donner un aspect à la fois attrayant et atypique", nous explique Phil Lord.
"Il n'a pas de visage, mais sa carapace possède plusieurs facettes, chacune d'entre elles exprimant une attitude différente, alors que toutes ses sculptures sur son corps lui donnent une culture et une histoire." "Tout comme le fait d'avoir de la profondeur dans ses minéraux, car il y a des pierres précieuses sur lui", ajoute Chris Miller.
"Rocky est une marionnette dans 50% des scènes, et animé dans les 50% restants"
"Puis nous avons engagé James Ortiz pour être sa voix", reprend Phil Lord. "Nous avons ensuite travaillé avec lui et les Rocketistes - c'est le nom que nous avons donné à l'équipe de marionnettistes - pour le faire bouger et lui donner de la personnalité à travers ses mouvements, avant que l'équipe d'animation ne prenne le relais pour compléter leur travail. Dans le film, Rocky est une marionnette dans 50% des scènes, et animé dans les 50% restants, mais c'est très fluide car on ne saurait faire la différence entre les deux techniques. Au point qu'on était parfois désorientés pendant la post-production."
Si Rocky était aussi souvent une marionnette, avec un interprète déjà choisi, faut-il en déduire que Ryan Gosling a pu interagir avec lui sur le plateau, autant que faire se peut, là où beaucoup de comédiens et comédiennes doivent faire fonctionner leur imagination face à une balle de tennis dans ce type de production ? Tout à fait ! "Le fait que Ryan ait eu un partenaire face auquel réagir et avec lequel il pouvait improviser, faire du ping-pong, c'est la raison pour laquelle ça fonctionne autant. Parce qu'il y croyait, parce que c'était vraiment là et qu'ils avaient une vraie conversation. Et donc nous, spectateurs, y croyons aussi."
Sony Pictures Releasing France
"C'est donc le fruit d'un long processus, qui a demandé deux ans en tout, pour créer une performance à laquelle vous croyez et dont vous vous souciez. Et James [Ortiz] était toujours sur le plateau avec Ryan. C'était même le marionnettiste principal, avec le reste de l'équipe autour de lui. Et si nous ne pouvions pas l'avoir avec nous, nous avions prévu une cabine d'enregistrement pour lui, afin qu'il joue toujours en direct avec Ryan. Même dans les scènes où Rocky reste dans le cockpit pendant que Grace est à l'extérieur du vaisseau, James était là pour donner la réplique. Le son était enregistré pendant la prise."
Reste alors une question, d'ordre sonore toujours : comment ont été créés les sons difficilement identifiables qu'émet Rocky dans un premier temps, avant que la technologie et l'ordinateur de Ryland Grace ne permettent de lui donner une voix (celle de James Ortiz alors que l'option Meryl Streep est testée par le héros) ? "C'est de la musique Eridienne", nous dit Chris Miller, en référence au nom de la planète dont vient l'alien. "Nous avions une super équipe autour d'Ethan [Van der Ryn] et Erik [Aadahl], nos concepteurs sonores, qui a travaillé très dur pour établir ce langage musical, comme le chant d'une baleine, mais qui serait inspiré par la physionomie."
De la fûte, des oiseaux et des voix humaines
"Nous nous sommes ainsi retrouvés à utiliser des cruches et des objets artisanaux ressemblant à des flûtes pour souffler de l'air dans des valves et des tuyaux, pour créer un son semblable à celui d'un orgue hydraulique. Mais il y a aussi des bruits d'oiseaux et un peu de voix humaine dedans. C'est un gros mélange, mais nous voulions qu'il ait un côté organique, pas que ce son paraisse avoir été créé numériquement. Que Rocky ait l'air d'être une créature tangible." Pour le coup, c'est (très) réussi, et l'autre star de Projet Dernière Chance n'a désormais plus de secret pour vous, même si l'on attend avec impatience de voir un making-of.
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 11 mars 2026
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