Depuis le 18 mars, Ana Girardot est à l'affiche de La Guerre des prix, premier long métrage réalisé par Anthony Déchaux, dans lequel elle joue une fille d'agriculteurs employée d'un hypermarché qui se voit mutée à la centrale d'achat de son enseigne pour y défendre la filière bio et locale. Soit le genre de registre dans lequel on ne l'attendait pas nécessairement, alors que la principale intéressée nous parle d'Audrey comme d'un "personnage et un rôle que je recherche depuis des années."
Et dans quelques temps, l'actrice endossera une autre casquette : celle de cinéaste. Pour la seconde fois, en quelque sorte, après avoir dirigé la fiction audio Babyphone diffusée en 2023 sur Canal+. Sauf qu'il s'agira là de son premier long métrage et qu'il tournera autour d'un sujet fort : le destin d'Alice Guy, première réalisatrice d'une Histoire du Cinéma qui l'a grandement invisibilisée par la suite, avant que son nom et son travail ne refasse surface au fil des décennies.
Alors qu'une série emmenée par Bérénice Bejo est attendue cette année sur HBO Max, celle qui a fait l'objet de plusieurs films et documentaires (dont Be Natural, sorti en 2020 et narré par Jodie Foster) sera donc au coeur du premier long métrage réalisé par Ana Girardot, qui a évoqué ce projet à notre micro, en répondant notamment à une question que l'on se posait : "Je ne jouerai pas le rôle d'Alice Guy", nous a-t-elle dit. "Je suis à la recherche de mon Alice Guy, qui était une jeune femme de 25 ans quand elle a inventé le cinéma de fiction."
"Je suis à la recherche de mon Alice Guy"
"Le projet est encore en cours d'écriture, mais bien bien avancé. Donc bientôt en préparation et en casting. Je développe le film avec StudioCanal et June Films, qui vient de sortir La Petite dernière d'Hafsia Herzi et compte des productrices incroyables, et je viens de poster sur Instagram des images de mes trois ans de recherches, car j'ai parcouru plusieurs kilomètres à la recherche d'Alice, notamment au MoMa de New York, où il y a un fonds Alice Guy qu'on peut regarder et où l'on trouve des lettres manuscrites, des carnets, des photos. Comme à la Cinémathèque."
"J'ai aussi rencontré des passionnés d'Alice Guy. Des amis d'amis d'amis d'Alice. Du club d'Alice (rires) Donc ça fait trois ans que tout ce que je découvre est absolument merveilleux, tout l'héritage d'Alice Guy. C'est un personnage extrêmement inspirant, et il y a un article que j'aime beaucoup d'elle, sorti en 1910, dans lequel elle raconte pourquoi les femmes sont faites pour faire du cinéma. Je trouve que c'est important aujourd'hui, alors que l'on parle encore du peu de femmes réalisatrices - et notamment lorsque l'on parle d'un deuxième film ou d'un troisième - ou dans les écoles de cinéma."
"On peut aussi se dire que le cinéma a été inventé par une femme"
"On peut aussi se dire que le cinéma a été inventé par une femme et, à partir de là, changer la perception des choses et s'autoriser plus de choses. Moi, je m'autorise plus grâce à ça, donc j'espère que cela transparaîtra dans le film et que le message sera présent. Et ce sera axé sur sa carrière, de son premier à son dernier film." Il n'y a désormais plus qu'à être patients, et espérer que la production débute sous peu.
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 11 mars 2026
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