L'Île de la demoiselle n'est pas un film historique comme les autres. Il est autant un film de survie qu'un drame en costumes. Le scénariste et réalisateur belge Micha Wald s'intéresse à un épisode de la vie de Marguerite de la Rocque, une Française oubliée par l'Histoire mais dont le destin méritait bien un long métrage. Elle est interprétée ici par Salomé Dewaels, dont le jeu intrépide fait honneur au personnage.
En 1542, Marguerite de la Rocque, jeune femme de la petite noblesse française, est abandonnée sur une île déserte, au large de Terre-Neuve au Canada, avec pour seule compagnie une servante et un soldat. La raison ? Marguerite de la Rocque est enceinte de ce dernier. Une grossesse provoquée par un viol. Cet exil durera trois ans et elle en survivra.
"On parle beaucoup de Robinson Crusoé, mais il n’est resté que quatre ans sur son île, une île tropicale pleine de nourriture, alors que Marguerite a survécu presque trois ans sur une île polaire, dans des conditions effroyables", explique le réalisateur dans le dossier de presse.
KG PRODUCTIONS
Il poursuit : "Pour l’époque, son destin est hors du commun : elle ne s’est pas remariée et a travaillé alors que les mœurs de l’époque auraient dû la mener au couvent. J’aime l’idée de proposer à ma fille, qui a aujourd’hui l’âge de Marguerite, et à toute sa génération, un modèle différent : il y a eu des Robinson femmes, elles ont aussi accompli des choses incroyables et il est temps de raconter leur histoire."
L'île de la demoiselle est un film résolument moderne, portant à la fois sur la violence masculine, le pouvoir de la résilience mais aussi l'entraide féminine, notamment à travers le personnage incarné par Alexandra Lamy qui prête ses traits à Marguerite de Navarre.
Un film de survie
À la croisée des genres, le long métrage étonne lorsqu'il bascule dans le film de survie, un genre rarement exploré dans le cinéma français. "Il ne s’agissait pas de rivaliser avec Hollywood sur le spectaculaire, fait savoir Micha Wald. On ne peut pas faire mieux que The Revenant sur ce terrain-là ! La véritable dimension est celle du huis clos sur une île : la survie se joue entre trois personnages."
"L’adversité principale n’est pas la nature mais l’autre, et en particulier Thomas qui est un danger pour Marguerite, ajout-t-il. J’avais en tête cette fameuse étude YouGov où à la question : « Que préférez-vous croiser en forêt, un ours ou un homme ? » La majorité des femmes de moins de 30 ans choisissent l’ours."
L'Île de la demoiselle, actuellement en salle