Quel secret peut bien cacher The Drama ? Parler du film avec Zendaya et Robert Pattinson est une mission périlleuse mais pas impossible. La promotion fait le choix de préserver le mystère pour les spectateurs. Quant aux journalistes, ils sont priés de ne pas évoquer la révélation du film lors de leurs interviews avec les acteurs.
AlloCiné a néanmoins pu s’entretenir avec le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli (Sick of Myself, Dream Scenario) pendant 20 minutes pour creuser le sujet. Pour ne pas trahir la surprise des spectateurs, nous faisons le choix de publier une première partie de l’interview sans spoilers - celle que vous lisez actuellement - et une seconde partie ce week-end, dimanche.
Dans The Drama, Zendaya et Robert Pattinson incarnent Emma et Charlie, un jeune couple sur le point de se marier. Seulement voilà, après un jeu des vérités - chacun doit révéler la pire chose qu’il ait pu faire dans sa vie -, c’est le drame. L’histoire d’amour entre les deux héros vole en éclats et leur célébration à venir aussi.
Pourquoi ce titre ?
Si le titre ne fait aucun doute sur le ton du film, Kristoffer Borgli insiste sur son intention de créer une œuvre qui mélange les genres : “Quand je commence à écrire, je ne pars jamais d’un genre ou d’un ton précis. Je m’intéresse à certains thèmes et je ne sais jamais comment mon histoire va se terminer. Le film s’appelle The Drama parce que, dès le début, je me disais : “Tiens, ça ressemble à un drame” et quand je parlais du projet à mon entourage, je disais toujours : “Le drame que j’écris…”. J’ai décidé d’en faire le titre.”
Il poursuit : “Bien sûr, il y a des passages sérieux, sombres mais aussi beaucoup plus légers et humoristiques. C’est un film hybride. J'ai l'impression qu'en musique, il y a un nouveau micro-genre chaque semaine. Et au cinéma, on se contente de cinq ou six genres classiques. C'est difficile, parce que j'ai envie de tout faire. Ce mélange des genres, ce passage de la lumière à l'obscurité, représente mieux nos vies.”
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Casser l’image de Zendaya
Travailler avec une actrice très populaire, qui plus est égérie d’une grande marque de luxe, impose quelques limites. Notamment dans les rôles. Si Zendaya a déjà poussé les curseurs avec la série Euphoria, elle va encore plus loin dans The Drama. Il s’agit de son personnage le plus controversé et c’était le défi de Kristoffer Borgli.
“C’est un rôle dangereux pour elle, explique-t-il. C’est quelque chose que je n’avais jamais vu de sa part. J'étais curieux de voir comment on pouvait utiliser et réinventer l'une des personnes les plus célèbres de la planète. Quelle part de la vraie Zendaya pouvait-on utiliser pour le rôle d’Emma ? On en a beaucoup discuté et on a essayé d'explorer en profondeur la psychologie du personnage. Elle a trouvé le moyen de l'incarner d'une manière qui l'a rendue bien plus vivante à l'écran que dans le scénario. Elle lui a vraiment donné vie.”
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Ces films ont inspiré The Drama
Sans divulguer le sujet de The Drama, deux films de l'Autrichien Michael Haneke ont été des inspirations majeures pour le long métrage de Kristoffer Borgli. Le premier n’est autre que La Pianiste - qui avait permis à Isabelle Huppert de décrocher un Prix d’interprétation féminine à Cannes. “J’ai projeté ce film à Zendaya car il était très important pour son rôle, indique le cinéaste derrière The Drama. Le personnage d'Isabelle Huppert et son interprétation sont légendaires, d'une subtilité et d'une sobriété presque minimalistes.”
L’autre film est Benny’s Video, un des longs métrages méconnus du réalisateur, sorti en 1992, mais tout aussi percutant et dérangeant sur l’histoire d'un adolescent qui assassine une de ses camarades. “Je me suis nourri de ce film dans sa manière d'aborder la fascination d’une certaine jeunesse pour la violence.”
La deuxième partie de l'interview, réservée aux spoilers, sera publiée ce dimanche 5 avril sur AlloCiné.
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Paris, le 24 mars 2026.
The Drama, actuellement au cinéma