La Femme de est un film qui inscrit pleinement dans son époque. Sorte d'anti-La Femme de ménage. Mélanie Thierry y incarne Marianne, l’épouse dévouée d’un riche industriel et vivant dans le manoir familial. Une bâtisse imposante dont les murs ont vu d’autres femmes sacrifier leur vie et leurs envies au profit de la famille, du bien être des enfants de leurs maris. Le long métrage de David Roux raconte l’histoire d’une brèche ouverte qui va venir menacer le mécanisme patriarcal bien huilé de ce clan familial.
Dès la première image, La Femme de impose son ton et son ambition. “Il y a cette jeune femme qui marche dans la rue et qui se fait harceler par un homme. Je trouve que ça dit tout de l'histoire qui va suivre et surtout, on apprend tout ce qu'on doit savoir sur le personnage de Marianne, explique le coscénariste et réalisateur. On comprend que c'est une femme qui est peut-être née comme ça, où elle a toujours été suivie, harcelée, dominée par des hommes et qui n'a jamais pu se faire de cette prison.”
Une histoire intemporelle
Ce long métrage est l’adaptation du roman Son nom d’avant d’Hélène Lenoir, publié en 1998. L’ouvrage ne donne volontairement aucune information sur le lieu et le temps de l’action. Aujourd’hui, il résonne encore plus avec l’actualité. “Ce n'est pas non plus un film sur le patriarcat, tempère David Roux. Le sujet ce sont aussi ces manifestations les plus insidieuses, les plus quotidiennes, comment elles pèsent. Cela passe par une expérience partagée avec le personnage de Marianne.”
Eliane Antoinette, Reboot Film
Le défi du cinéaste souhaitait faire un film engagé sans être un pamphlet politique : “Je pense que l’on peut être politique sans être un tract. Tout l’engagement du film réside dans l’histoire de l’héroïne.” Sous les traits de Marianne, Mélanie Thierry offre une interprétation sobre, tout en retenue, travaillant ainsi la tension sans réellement savoir si celle-ci finira par exploser violemment.
Mélanie Thierry, impressionnante
“Mélanie, elle n'a pas tellement besoin qu'on lui demande grand-chose, assure David Roux. Elle a une compréhension très instinctive du rôle. Elle était un peu comme le personnage. Elle voulait que cette Marianne se libère. Je trouve que ce qu'elle a offert au film est généreux et fort, très puissant, d'accepter d'être sur une ligne aussi ténue, aussi retenue, et quand même d'avoir une densité aussi forte.”
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Angoulême, en août 2025.
La Femme de, actuellement au cinéma