Il y a 60 ans, cette saga d'action voulait rivaliser avec James Bond mais aujourd'hui, tout le monde l'a oubliée
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini

Et si l’espion le plus excessif des années 60 n’était pas James Bond ? Avec Derek Flint, Hollywood a tenté de pousser tous les curseurs au maximum – jusqu’à créer un héros aussi fascinant qu’oublié.

À l’apogée du phénomène James Bond, les studios américains n’ont pas résisté à l’envie de proposer leur propre version de l’espion charismatique. De cette ambition est né Derek Flint, un personnage aujourd’hui largement tombé dans l’oubli, malgré une approche qui pousse tous les codes du genre à l’extrême.

Pensé comme une réponse directe au succès international de 007, Flint se distingue immédiatement par son excès. Là où Bond séduit, lui accumule les conquêtes au point de vivre entouré d’un véritable harem. Et ses compétences dépassent largement celles d’un simple agent secret : décoré de la Croix de guerre, il “a fait l’objet de trois citations en un mois”, et même les ordinateurs confirment qu’il est l’homme idéal pour résoudre les crises les plus graves.

20th Century Fox

Un anti-Bond poussé à l’extrême

Les enjeux suivent la même logique d’amplification. Tandis que les aventures de Bond de l’époque reposent encore sur des intrigues relativement crédibles – sabotage spatial, espionnage technologique ou menaces nucléaires –, Flint évolue dans un univers où c’est carrément la planète entière qui est en danger.

Pour incarner ce héros hors norme, le choix s’est porté sur James Coburn. Avant d’accéder à ce premier rôle, l’acteur s’était fait remarquer dans plusieurs productions, notamment dans Les Sept mercenaires, puis dans divers seconds rôles au cinéma après avoir multiplié les apparitions dans des séries western. Ce n’est qu’à 37 ans que sa carrière prend véritablement son envol, et Flint marque un tournant décisif.

20th Century Fox

Même si le film peut aujourd’hui sembler daté dans son rythme, son réalisateur, Daniel Mann, parvient à capturer l’essence des films d’espionnage populaires de l’époque : décors exotiques, gadgets, tension internationale et héros imperturbable. Tous les ingrédients sont réunis pour séduire le public.

Un succès fulgurant… avant l’oubli

Et le succès est au rendez-vous. Sorti en 1966, une année sans nouvel opus de James Bond – après Goldfinger en 1964 et Opération Tonnerre en 1965 –, Notre homme Flint attire massivement les spectateurs. Fort de cet engouement, une suite intitulée F comme Flint voit le jour dès l’année suivante. Le projet change de réalisateur, Gordon Douglas prenant le relais, et se distingue notamment par une production menée sans scénario finalisé. Malgré cela, le film rencontre à nouveau un large succès, à la surprise même du studio.

Notre homme Flint
Notre homme Flint
Sortie : 30 mars 1966 | 1h 48min
De Daniel Mann
Avec James Coburn, Lee J. Cobb, Gila Golan
Spectateurs
2,9

Un troisième volet a bien été envisagé par la suite, mais il ne verra jamais le jour. Comme l’expliquera plus tard Coburn, cela aurait été possible uniquement “si le scénario était très bon et que les meilleurs réalisateurs étaient engagés” (...). Finalement, le projet a été abandonné. “Ça n’a pas marché”, conclut-il, “ils ne voulaient plus faire de qualité.

Notre homme Flint est à (re)découvrir en VOD.

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