Ce soir à la télé : noté 4,6 sur 5, ce film signé Pedro Almodóvar est une idée de la perfection au cinéma
Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

Chaque jour, AlloCiné vous recommande un film à (re)voir à la télé. Ce soir, un chef-d'oeuvre de Pedro Almodóvar est proposé sur Arte, et il ne faut pas manquer ça !

Sorti en 2019, Douleur et gloire est un long-métrage dont seul le réalisateur Pedro Almodóvar a le secret ! Le cinéaste ibérique nous plonge dans la tête fissurée de Salvador Mallo, un réalisateur autrefois adulé, campé par un Antonio Banderas littéralement habité.

Douleur et gloire
Douleur et gloire
De Pedro Almodóvar
Avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia
Sortie le 17 mai 2019
Presse
4,6
Spectateurs
3,9
louer ou acheter

Un poète maudit

Aujourd’hui brisé par la douleur physique et le vide créatif, son corps le trahit, son passé le hante, et son présent s'étire dans une immobilité presque suffocante. Cloué entre migraines, addictions médicamenteuses et nostalgie brûlante, Salvador remonte le fil de sa vie comme on ouvre une plaie mal cicatrisée.

L'enfance pauvre, la mère puissante et aimante, les premiers désirs, les amours perdues, et surtout le cinéma, cette passion qui l'a sauvé autant qu'elle l'a consumé. Quand une projection fortuite d'un de ses vieux films le remet en contact un ancien acteur, le passé revient frapper à la porte avec une violence inattendue.

Entre mémoire, fiction et aveux tardifs, Salvador affronte ses fantômes pour tenter une ultime réconciliation avec lui-même. Pedro Almodóvar signe ici un film sur la douleur qui sculpte un homme, sur la gloire qui s'effrite, et sur l'art comme dernier refuge quand tout le reste s'écroule.

Douleur et Gloire vient achever une trilogie composée de La Loi du désir et La Mauvaise Éducation. Si Pedro Almodóvar n'avait pas initialement pour but de créer cette trilogie, il s'avère que ces trois longs-métrages ont pour personnage principal un homme réalisateur et portent sur le désir et la fiction cinématographique.

Un double de Pedro ?

À noter que l'appartement du personnage d'Antonio Banderas, de la décoration aux meubles, est une reproduction de celui de Pedro Almodóvar. L'assistant du chef décorateur allait même parfois chercher directement des objets chez le réalisateur pour les besoins d'une scène.

Le directeur de la photographie José Luis Alcaine se rendait également sur place pour observer la lumière à plusieurs moments de la journée et la reproduire en studio. De son côté, l'acteur était coiffé comme le cinéaste, en plus de porter ses vêtements. Cependant, il n'a pas cherché à imiter son modèle, bien que celui-ci le lui ait permis : "Il avait raison : son personnage n’était pas moi, mais il était en moi..."

Le metteur en scène espagnol dirige par ailleurs deux de ses acteurs fétiches, Penélope Cruz, absolument rayonnante, et Antonio Banderas. "Je crois que c’est ce qu’Antonio a fait de mieux depuis Attache-moi ! Douleur et Gloire témoigne selon moi de la renaissance d’Antonio en tant qu’acteur et du début d’une nouvelle étape". Le film marque également les débuts de deux jeunes acteurs, Asier Flores et César Vicente.

Douleur et gloire est diffusé ce soir sur Arte.

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