Souvent associée aux grosses productions hollywoodiennes, Scarlett Johansson a pourtant livré des performances bien plus discrètes… et peut-être même supérieures à certaines de ses apparitions les plus connues. Loin de l’image renvoyée par des franchises comme Black Widow ou Jurassic World : Renaissance, un projet de sa filmographie est passé presque inaperçu auprès du grand public.
Ce long-métrage, c’est Under The Skin. Réalisé par Jonathan Glazer et co-écrit avec Walter Campbell, il s’inspire du roman de Michael Faber. Sorti en 2013, ce film de science-fiction propose une expérience à part, bien éloignée des standards du genre. L’histoire suit une entité extraterrestre prenant l’apparence d’une femme. Derrière cette façade humaine se cache une créature prédatrice qui séduit des hommes pour mieux les piéger et les faire disparaître lentement, sans que ses motivations ne soient réellement expliquées.
La presse encense, le public hésite
Malgré sa nature atypique, le film a immédiatement conquis la critique. Avec 83 % sur le Tomatomètre de Rotten Tomatoes et une moyenne de 4 sur 5 dans la presse française sur notre site, il s’est imposé comme une œuvre marquante. Certains médias n’ont pas tari d’éloges : Le Monde évoquait “l’un des longs-métrages les plus excitants de ces derniers mois”, tandis que Les Inrockuptibles parlait d’un “film fascinant qui interroge sur la puissance du cinéma”.
Mais cet enthousiasme critique n’a pas été suivi par le public en salles. Le film n’a rapporté qu’environ 7 millions de dollars pour un budget estimé à 13 millions. Du côté des spectateurs, les réactions sont partagées : certains y voient une œuvre majeure, d’autres restent complètement hermétiques. Sur AlloCiné, la note du public atteint seulement 2,7 sur 5, preuve de cette réception contrastée.
A24
En 2025, le journaliste américain David Rooney a dressé son propre classement des 25 meilleurs films d’horreur du XXIᵉ siècle, une sélection personnelle publiée dans le Hollywood Reporter. Son choix numéro 1 ? Le meilleur film d’horreur sorti depuis l’an 2000 est Under The Skin.
Un chef-d’œuvre déroutant qui divise profondément
Pourtant, de nombreux amateurs de cinéma continuent de défendre ardemment le film. Il faut dire que Under The Skin se distingue par son approche singulière. L’interprétation de Scarlett Johansson y est décrite comme à la fois subtile, inquiétante et d’une grande précision. Le film installe une tension constante et aborde des thèmes profonds, notamment autour de la condition humaine. Mais il refuse de livrer des réponses claires, ce qui peut déstabiliser. Pour Première, c’est justement ce qui fait sa force : pas “d’explications finalement inutiles”, on frise “l’abstraction” et “le résultat est une plongée dans un monde de pures sensations, fruit d’une harmonie inouïe entre l’image et le son”. La bande originale, particulièrement marquante, participe d’ailleurs à cette atmosphère troublante.
D’autres médias, comme Voici, ont également souligné son esthétique, le décrivant comme un film “formellement très beau, sombre, surréaliste, déroutant”.
A24
Fait surprenant : le rôle principal n’était pas destiné à Johansson à l’origine. Le projet devait initialement être porté par Brad Pitt, le financement étant conditionné à la présence d’une grande star. Finalement, c’est l’actrice qui s’est appropriée ce rôle exigeant et expérimental, contribuant à faire de ce film un objet cinématographique difficile à classer – presque un OVNI.
Aujourd’hui encore, Under The Skin reste une œuvre à découvrir pour se faire un avis, disponible en VOD.
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