Ça parle de quoi ?
La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu…
Telle est la voie (des salles)
Il n’y a pas si longtemps (entre six et sept ans), dans une galaxie lointaine, très lointaine… L’Ascension de Skywalker rapportait plus d’un milliard de dollars dans les salles mondiales, mais l’Episode IX de la saga Star Wars peinait à convaincre les spectateurs, beaucoup plus emballés par la toute première série en prises de vues réelles de la franchise, lancée au même moment : Mandalorian.
Un récit d’aventures, sans Jedi ou presque, qui mêle éléments de western et de films de samouraïs (les Baby Cart en tête) et rend hommage aux serials type Flash Gordon et Buck Rogers, qui ont grandement influencé George Lucas au moment de concevoir l’un des plus célèbres univers de l’Histoire du cinéma, pour raconter l’histoire d’un chasseur de primes dont les codes et le mode de vie vont être chamboulés le jour où il rencontre un drôle de créature appelée Grogu, et devient le garant de l’avenir de la galaxie alors que les cendres de l’Empire n’ont pas vraiment été dispersées.
The Walt Disney Pictures
Crée par Jon Favreau et supervisée par Dave Filoni, la série ne met pas longtemps à séduire une grande majorité de fans, malgré un manque récurrent d’enjeux, et marquer la pop culture, en grande partie grâce à la mignonnitude de Grogu, devenu une star sur les réseaux sociaux en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Yoda. Preuve de son nouveau statut : il a son nom dans le titre du long métrage qui sert de suite aux trois saisons du show, aux côtés de celui du héros toujours joué par un Pedro Pascal masqué pendant la majeure partie du récit, après avoir été omniprésent sur petit et grand écran l’an dernier.
"C’est une bonne manière d’équilibrer les choses, oui", nous confirme-t-il en riant. “Surtout pour le public qui en aura marre de voir ma tête. Mais, de façon ironique, je trouve qu’il est très libérateur d’être dans un costume aussi incroyablement conçu, de la tête aux pieds, car il raconte une histoire visuellement : il n’y a qu’à le regarder, et il raconte déjà quelque chose. Il impose la silhouette cool et intimidante de quelqu’un à qui vous ne voulez pas chercher des noises. On se sent plus fort avec, et cela vous permet de croire plus facilement au monde dans lequel vous évoluez, car nous n’avez pas à vous soucier de ce à quoi ressemble votre visage."
"Il est très libérateur d’être dans un costume aussi incroyablement conçu"
"Vous vous sentez comme un gamin, qui s’imagine être dans un Star Wars. A ceci près que vous êtes vraiment sur le plateau d’un Star Wars." Un plateau qui, lorsque la série été crée, avait été conçu grâce à une technologie révolutionnaire : le Volume, système d’écrans LED qui entourent les décors et permettent aussi bien de remplacer les fonds verts que de favoriser l’immersion des acteurs et actrices, en leur permettant de visualiser l’environnement dans lequel ils sont censés évoluer. Sans parler de la question des reflets, hautement importante lorsque l’on met en scène un personnage comme Din Djarin, tout de métal vêtu.
Le passage du petit au grand écran, amplifié par les projections en IMAX, a-t-il nécessité de revoir ses plans en matière de décor, d’échelle et de mise en scène ? "Nous avons créé ce personnage dans une série, qui avait ses propres enjeux, à commencer par le fait qu’une partie de notre public saurait peut-être qui étaient ces personnages mais n’aurait jamais vu de Star Wars auparavant", nous explique Jon Favreau. "Nous voulions, dans le premier épisode de la saison 1, que rien ne soit pris pour acquis : si vous étiez un fan de la saga, vous comprendriez le contexte, mais nous cherchions à repartir de zéro avec l’histoire, avec une toile de fond qui indiquait ce qu’il s’était passé avant et ce qui allait se produire."
LED IT BE
"Et nous avons procédé de la même façon avec le film. Nous sommes partis du principe que les gens n’avaient vu ni la série, ni même Star Wars, surtout que sept années se sont écoulées depuis la sortie du dernier film, et certains spectateurs étaient peut-être trop jeunes pour voir ce type d’action au cinéma. Et le but du projet était différent, car il fallait raconter l’histoire sur deux heures, ce qui apporte un autre type d’énergie et de rythme pour aller vers la récompense. Mais il y a aussi eu des changements au niveau des décors."
"Nous avions en effet conçu le Volume, système d’écrans à 360 degrés couplé à des technologies de jeux vidéo en réalité virtuelle, pour permettre d’avoir des arrières-plans qui bougent en même temps que la caméra, mais aussi les reflets dans son armure, ou les ombres. C’était un outil précieux mais, après trois saisons, son utilisation présente des limites, et nous devions briser ce moule avec le film, surtout en ajoutant l’IMAX dans l’équation, pour pouvoir avoir les créatures et séquences qui nous paraissaient trop grandes pour le Volume. Et nous avions beaucoup de plateaux pour construire davantage de décors."
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"La majorité des décors ont donc été construits, mais nous avons quand même utilisé le Volume en arrière-plan, au loin, pour créer de la profondeur de champ et des reflets sans avoir à utiliser de fond vert. Car quand vous avez un personnage principal argenté, le fond vert demande d’effacer les reflets grâce aux trucages numériques. Et puis, dans le cas de la planète Shikari [qui rappelle Blade Runner ou The Batman, ndlr], nous avions de grande flaques d’eau. L’une des choses qui rend Paris belle quand il pleut, ce sont les reflets dans l’eau, et je voulais reproduire ce genre d’effet, ce qui a été rendu possible avec le Volume, même au fond du décor."
"Il y avait de l’eau sur le décor, de la brume… Et j’espère que ça lui donne une apparence pratique, ce qui nous a été permis en intégrant toutes ces technologies au processus de façon unique." Question technologie, le réalisateur des versions live du Livre de la jungle et du Roi Lion en connaît un rayon, tout comme sa recrue phare de Mandalorian & Grogu : Sigourney Weaver, icône de la science-fiction qui ajoute Star Wars à Alien et Avatar à sa collection. La voir dans la galaxie lointaine, très lointaine, relève de l’évidence pour nous (et pas seulement parce qu’elle a les mêmes initiales que celle de la franchise, ce qui ne manque pas de la faire sourire), mais elle avoue ne pas avoir couru après, tout en étant consciente du poids de son image dans un blockbuster de cette trempe.
"J’ai joué des personnages avec lesquels les gens ont grandi, qui représentent quelque chose pour eux"
"C’est vrai pour chacun des films que je fais", nous répond l’interprète du Colonel Ward, leader des pilotes de la Nouvelle République que croise Din Djarin dans cette aventure. "J’ai joué des personnages avec lesquels les gens ont grandi, qui représentent quelque chose pour eux. Donc peu importe ce que le film est, je suis familière pour le public. Et je trouve que Jon est parvenu à transposer cet aspect chez le Colonel Ward, car on peut imaginer ce qu’elle a traversé et survécu à plusieurs situations."
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Grâce à The Mandalorian & Grogu, la Force est désormais avec Sigourney Weaver, comme elle a pu l’être avec Harrison Ford, son partenaire de Working Girl, et il ne faudra pas s’étonner si elle parvient à ramener Pedro Pascal, autre collectionneur de franchises, dans un prochain épisode d’Avatar après avoir collaboré avec lui dans l’univers de Star Wars.
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 6 mai 2026
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