C'est l'une des meilleures scènes de bataille du cinéma : 63 ans après, elle est toujours aussi impressionnante
Corentin Palanchini
Du noir & blanc au Technicolor, du format 1:33 au 2:35, il a été initié au cinéma par Robert Mitchum, Bette Davis, Elizabeth Taylor, Henry Fonda, James Stewart, Katharine Hepburn... il se délecte de ces visages inoubliables, qu’il retrouve toujours avec bonheur.

Retour sur l'une des plus spectaculaires batailles de l'histoire du cinéma. En quelques minutes et sans effets spéciaux, elle a mis une claque à tous ceux qui l'ont vue.

Qu'elles se passent sur les Champs du Pelennor, sur la planète Geonosis ou à Port-Réal, les batailles impressionnantes ne manquent pas, au cinéma comme sur le petit écran. Mais l'une d'elles retient particulièrement l'attention depuis 63 ans, car on a difficilement fait plus épique en termes de figurants.

Lancez Lawrence d'Arabie et à partir de 1 heure et 46 minutes et 50 secondes très précisément, le long métrage nous offre la saisissante bataille d'Aqaba.

Charge à dos de dromadaires

Columbia Pictures

A ce moment du film, T.E. Lawrence (Peter O'Toole) mène les rebelles arabes, allié au chef Auda Abu Tayi (Anthony Quinn) et aux troupes du Prince Fayçal (Alec Guinness). Arrivant par le désert Nefoud, la troupe charge à cheval et à dos de dromadaires sur le camp de tentes installé en amont de la cité, puis directement sur Aqaba même, jusqu'à atteindre le golfe d'Aqaba.

L'issue de la bataille est capitale pour les rebelles, car en prenant Aqaba, ils gagnent un accès à la mer, et en attaquant via le désert, prennent à revers l'armée ottomane, qui s'attend à être assaillie par voie maritime. La bataille est d'un spectaculaire quasi inédit à l'époque.

A l'écran, ce sont environ 150 cavaliers et chevaucheurs de dromadaires qui s'élancent à brides abattues sur la ville. Depuis une hauteur, la caméra de David Lean filme en lent panoramique l'infiltration des rebelles au galop dans les ruelles de la cité, révélant peu à peu la mer et la fortification portuaire d'Aqaba, ainsi qu'un canon tourné vers la mer, qui ne servira pas, puisque les rebelles sont arrivés à revers.

Une claque complète

Sans réelle effusion de sang à l'écran, on comprend que la ville est "tombée" aux mains des rebelles, Lawrence est fêté comme il se doit, du moins jusqu'à ce qu'Auda Abu Tayi ne constate qu'il n'y a pas d'or dans les caisses d'Aqaba, alors que le Britannique lui en avait promis. La suite, voyez ou revoyez le film pour la découvrir.

Avec cette séquence épique sans aucun effet visuel truquant le rendu, où chaque silhouette est celle d'un figurant sur sa monture, Lawrence d'Arabie nous offre un grand, un très grand moment de cinéma, comme seul le cinéma des années 1960, qui cherchait le grand spectacle avant tout pour concurrencer la télévision, a pu nous en offrir.

A noter que la bataille d'Aqaba a réellement eu lieu, et que le film s'en inspire librement, en l'adaptant aux enjeux du film et à son budget. Les forces en présence sont donc réduites à une opposition entre les Ottomans et les révoltés arabes, en excluant l'intervention de la flotte britannique qui a bien eu lieu dans la réalité. Une bien mince trahison par rapport à l'ampleur de l'affrontement proposé et à la maestria avec laquelle elle est filmée par David Lean.

Lawrence d'Arabie
Lawrence d'Arabie
De David Lean
Avec Peter O'Toole, Alec Guinness, Omar Sharif
Sortie le 15 mars 1963
Presse
4,4
Spectateurs
4,3
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