C'est l'une des fins les plus mémorables du cinéma : il y a 31 ans, sa révélation finale nous a scotchés sur place
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Cette oeuvre a redéfini à elle seule la notion de révélation finale, laissant des millions de spectateurs scotchés devant l'écran. Retour sur l'une des fins les plus mémorables du cinéma.

En 1995, le réalisateur Bryan Singer nous offrait un sommet du polar, Usual Suspects. Ecrit par Christopher McQuarrie, futur réalisateur des films Mission Impossible à partir de Rogue Nation, cette oeuvre a marqué son époque !

Usual Suspects
Usual Suspects
Sortie : 19 juillet 1995 | 1h 46min
De Bryan Singer
Avec Kevin Spacey, Chazz Palminteri, Gabriel Byrne
Presse
4,6
Spectateurs
4,4
louer ou acheter

Porté par un casting fabuleux, de Gabriel Byrne à Kevin Spacey en passant par Benicio Del Toro, Chazz Palminteri ou Stephen Baldwin, Usual Suspects a retourné le cerveau de millions de spectateurs grâce à son twist final hallucinant.

Une conclusion stupéfiante

À l'époque, personne n'avait vu venir cette fin absolument démente, qui a laissé tout le monde sur le carreau ! Au-delà d'une simple révélation, ce retournement de situation recontextualise toute l'histoire de Usual Suspect.

En effet, pendant tout le film, l'enquête repose essentiellement sur le témoignage de Verbal Kint, joué par Kevin Spacey. C'est un homme porteur d'un handicap, qui paraît faible, maladroit et peu menaçant.

Dans les dernières minutes, l'inspectateur Kujan (Chazz Palminteri) réalise que de nombreux détails du récit de Verbal proviennent simplement d'objets et de mots visibles dans son bureau. Cela suggère que son histoire était largement inventée.

Le spectateur comprend alors qu'il a accordé sa confiance à un narrateur qui n'était pas fiable. Et c'est là que le cerveau commence à fumer ! Cette dernière séquence nous révèle que Verbal Kint est en réalité Keyser Söze, le criminel légendaire que tout le monde recherche.

La scène où il quitte le commissariat, puis abandonne progressivement sa boiterie avant de sauter dans une voiture, est devenue emblématique car elle montre la transformation du personnage sous nos yeux. Cette révélation fonctionne sans longues explications : quelques gestes suffisent à faire comprendre ce qui s'est passé.

MGM

Une transformation mémorable

Petit à petit, ce personnage qui paraissait chétif, avec un handicap à la jambe, devient un être agile à la démarche assurée, à la posture droite. Il se métamorphose complètement, passant de Verbal à Keyser, affirmé et déterminé.

On comprend alors que le récit ne s'est pas contenté pas de tromper l'enquêteur. Il a dupé aussi le public. Les indices sont présentés de manière à nous faire adopter le point de vue de Verbal. Quand la vérité apparaît, on réalise que notre propre interprétation était fondée sur des hypothèses. C'est un exemple célèbre de narrateur non fiable, un procédé narratif où le récit est biaisé ou mensonger.

Toutefois, même si ce twist final nous a laissés bouche bée, il reste malgré tout ambiguë. En effet, le film ne confirme pas explicitement chaque détail. On ne sait pas exactement quelles parties du récit étaient vraies, lesquelles étaient entièrement inventées ou quels événements se sont réellement produits.

MGM

Une influence majeure

Cette ambiguïté nourrit les discussions depuis la sortie de Usual Suspects, et c'est ce qui en fait en partie une oeuvre intemporelle. À sa sortie en 1995, cette conclusion a marqué les esprits car elle utilisait le retournement final non pas comme une simple surprise, mais comme un moyen de transformer rétroactivement toute l'histoire.

Ainsi, de nombreux thrillers des années suivantes ont adopté des procédés similaires, combinant plusieurs effets à la fois : une révélation inattendue, un narrateur trompeur, une mise en scène très sobre et la sensation que tout le film doit être repensé après la dernière scène.

C'est ce qui en fait l'un des dénouements les plus célèbres de l'histoire du thriller policier, avec sa réplique finale, qui nous achève sur place : "Le coup le plus rusé que le Diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu’il n’existait pas." Le méchant gagne à la fin, et ça, ce n'était pas commun !

Un certain M. Night Shyamalan arrivera par la suite avec Sixième Sens ou Incassable pour redéfinir à son tour la notion de twist final.

Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.
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