L'Inconnue avec Léa Seydoux et Niels Schneider : que comprendre de la fin du film ? Arthur Harari nous donne des explications !
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Avez-vous tout compris de "L'Inconnue" d’Arthur Harari, avec Léa Seydoux et Niels Schneider ? Le cinéaste nous donne quelques éléments pour expliquer l'issue de son film. Attention, spoilers !

L'Inconnue, avec Léa Seydoux et Niels Schneider, sorti mercredi dernier, et en compétition à Cannes en mai dernier, est un film à l'intrigue pleine de mystères, et qui oblige le spectateur à se poser des questions en permanence.

On y suit David Zimmerman, photographe. Alors qu'il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit... Quelques heures plus tard, David se réveille : il est dans le corps de l’inconnue...

Attention, spoilers dans la suite de cet article.

Lors d'un entretien pour AlloCiné, Arthur Harari a accepté de nous en dire un peu plus sur ce que l'on peut comprendre de la fin du film. Voici sa réponse :

"Je ne dirais pas "expliquer", parce que l'expérience du film propose justement quelque chose qui est vécu au premier degré par les spectateurs — en tout cas, c'est ce que je cherche — de la même manière que par les personnages.

Or, les personnages n'ont pas de mots, n'ont pas d'explications. Ils ne peuvent s'en remettre qu'à l'expérience elle-même et à des spéculations qui sont, pour la plupart, muettes et même pas verbalisées.

"Je pense que les spectateurs se posent les mêmes questions que les personnages"

Je pense que les spectateurs se posent les mêmes questions que les personnages, mais tout ça se fait en silence. C'est une chose que je trouve rare dans le cinéma : faire confiance au spectateur pour mettre en branle une réflexion qui se mêle à l'expérience. Ce n'est pas une réflexion purement intellectuelle — même si de l'intelligence est en jeu —, mais on est forcé de se mettre à réfléchir ou à spéculer en l'absence d'éléments explicites. C'est comme une photo qui n'aurait pas de légende. C'est déstabilisant, mais les expériences de cinéma les plus fortes que j'ai vécues sont profondément déstabilisantes, donc c'est ce que je recherche.

Je ne veux pas expliquer la fin, parce que je n'ai pas d'explication. En gros, on a un doute : est-ce que le personnage a encore sa mémoire, auquel cas c'est toujours le personnage du début, celui qui s'appelle David ? Ou est-ce que quelque chose de son âme, de sa mémoire, a tellement disparu qu'il serait devenu une page blanche ? Et si ce n'est ni son corps, ni sa conscience, qu'est-ce que c'est ? Qui est-ce ? Je voudrais que les spectateurs se débrouillent avec ce trouble.

"Je voudrais que les spectateurs se débrouillent avec ce trouble"

Toute la difficulté, pour moi, c'était que cela n'empêche pas de provoquer des émotions. Quand on se pose des questions, cela vient parfois bloquer la dimension purement émotionnelle. De mon côté, je pense que les émotions et la pensée sont totalement intriquées : on n'est pas ému en dehors de la pensée, et on ne pense pas en dehors des émotions. Le cinéma me paraît être un terrain formidable pour travailler ce mélange.

La question qui est posée à la fin, c'est fondamentalement : « Qui est cette personne ? ». Les spectateurs avec qui j'ai pu en parler se répartissent assez équitablement entre ceux qui pensent que c'est encore David — qui va accepter ce nouveau corps et reconstruire une identité — et ceux qui pensent que ce n'est plus personne. Cette femme — car c'est une femme, c'est pour cela que le film s'appelle L'Inconnue — va donc devoir remplir ce vide."

L'Inconnue d'Arthur Harari est actuellement au cinéma.

Brigitte Baronnet
Brigitte Baronnet
-Journaliste cinéma
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.
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