Il est aujourd’hui l’une des figures les plus célèbres du cinéma américain, mais le parcours de Richard Gere est loin d’avoir été un long fleuve tranquille. Bien avant d’incarner des personnages devenus culte, l’acteur a connu une période marquée par le manque d’opportunités et l’incertitude professionnelle.
Lors d’un passage au Festival de Cannes en 2024 pour accompagner la présentation de Oh, Canada de Paul Schrader, le comédien est revenu avec sincérité sur cette période délicate de sa vie. À l’époque, décrocher un rôle relevait parfois du parcours du combattant, au point de le conduire à accepter des projets qui ne correspondaient pas forcément à ses envies artistiques.
Quand Pretty Woman ne faisait pas rêver Richard Gere
Fait surprenant considérant de l’impact du film sur sa carrière, Richard Gere n’était initialement pas attiré par Pretty Woman. Le même constat valait pour Officier et gentleman, autre succès majeur de sa filmographie.
“Pretty Woman, c’est quelque chose, à la base, que je n’aurais jamais fait. Officier et gentleman non plus. Ces scénarios ne m’intéressaient pas”, a-t-il expliqué dans une interview accordée en 1993 au magazine Movieline (via Newsner). “C’est le producteur Jeffrey Katzenberg qui m’a proposé ces deux films alors qu’on ne me proposait presque rien.”
À cette période, les rôles intéressants se faisaient rares et l’acteur ne pouvait pas se permettre d’être trop sélectif.
Une période de galère avant la célébrité
Richard Gere reconnaît lui-même avoir traversé une situation compliquée sur le plan professionnel et financier. Cette réalité l’a parfois amené à prendre des décisions qu’il jugeait risquées.
“Avant ces films, j’ai été un peu obligé de mendier”, a-t-il avoué. “Jouer dans Affaires privées, par exemple, a été une décision très difficile à prendre car ça aurait pu être une véritable merde.”
C’est dans ce contexte qu’il accepte finalement le rôle d’Edward Lewis dans Pretty Woman, davantage par pragmatisme que par conviction.
“Concernant Pretty Woman (film avec lequel il a un problème), une chose en appelant une autre, j’ai commencé à voir ce que je pouvais apporter au film, mais au départ, j’ai dit oui pour l’argent, ce n’était pas une envie profonde”, a-t-il admis avec une franchise désarmante.
Buena Vista Pictures Distribution
Un tournant inattendu dans sa façon de jouer
Si le projet avait été accepté pour de mauvaises raisons selon lui, l’expérience du tournage va pourtant bouleverser sa vision du métier d’acteur. Libéré de la pression qu’il associait habituellement à certains rôles, Richard Gere découvre une manière plus spontanée d’aborder son travail.
“Ensuite, j’ai fait le film, j’ai passé un bon moment, et c’est sans doute parce que je ne ressentais pas cette pression de faire quelque chose d’important que j’ai pu explorer d’autres choses dans le rôle mais également en tant qu’homme. Ça m’a permis de trouver une manière de travailler beaucoup plus libre, que j’utilise d’ailleurs depuis.”
Buena Vista Pictures Distribution
Cette approche plus détendue va durablement influencer sa carrière.
“Finalement, j’ai pris du plaisir à le faire. Et comme je ne ressentais pas cette pression de livrer une performance ‘importante’, j’ai pu expérimenter, me détendre, et explorer d’autres facettes du personnage… et de moi-même.”
Un acteur toujours actif
Ces dernières années, outre Oh, Canada, aux côtés d’Uma Thurman et Jacob Elordi, Richard Gere est apparu dans la comédie romantique Maybe I Do, où il a partagé l’affiche avec la regrettée Diane Keaton. Le public a aussi pu le retrouver dans la série The Agency, portée notamment par Michael Fassbender, Jeffrey Wright et Jodie Turner-Smith.
Parmi les films encore inédits en France figure Longing, un long-métrage mêlant drame et thriller réalisé par Savi Gabizon, avec Diane Kruger. Sorti aux États-Unis en 2024, il n’a pas encore trouvé le chemin des écrans français.
Quant à Pretty Woman, le film qui a contribué à faire de Richard Gere une star internationale malgré ses réticences initiales, il reste disponible en streaming sur Disney+.
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