Noté 4,1 sur 5, c'est l'un des 10 plus grands films de science-fiction de tous les temps : 30 ans après, il est toujours aussi captivant
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Ce chef-d’œuvre de science-fiction de 1996 reste l’un des films les plus marquants du genre. Entre futur apocalyptique, voyage dans le temps et intrigue paranoïaque, “L’Armée des 12 singes” fascine toujours 30 ans plus tard.

Sorti le 28 février 1996, L’Armée des 12 singes s’est rapidement imposé comme l’un des films de science-fiction les plus marquants de la décennie. Trente ans plus tard, il conserve une aura intacte et figure encore régulièrement parmi les œuvres essentielles du genre.

Réalisé par Terry Gilliam, le film nous plonge dans un futur ravagé. En 2035, la quasi-totalité de l’humanité a disparu, victime d’un virus inconnu. Les survivants vivent sous terre et n’ont qu’un espoir : renvoyer un homme dans le passé pour comprendre l’origine de la catastrophe et tenter de l’empêcher.

Ce voyage dans le temps est confié à James Cole, interprété par Bruce Willis, un prisonnier condamné à perpétuité. Envoyé en 1996, il doit enquêter sur une organisation mystérieuse, l’Armée des 12 Singes, soupçonnée d’être liée à la pandémie.

L'Armée des 12 singes
L'Armée des 12 singes
Sortie : 28 février 1996 | 2h 10min
De Terry Gilliam
Avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Christopher Plummer
Presse
4,4
Spectateurs
4,1
louer ou acheter

Un projet né d’un court-métrage culte français

À l’origine du film, on trouve une inspiration inattendue : le court-métrage expérimental français La Jetée de Chris Marker. Séduit par cette œuvre, le producteur exécutif Robert Kosberg convainc Universal d’en acquérir les droits afin d’en développer un remake.

Le projet finit entre les mains du producteur Charles Roven, qui pense immédiatement à Terry Gilliam pour la réalisation. Selon lui, l’univers visuel singulier du cinéaste correspond parfaitement à cette histoire complexe mêlant mémoire, folie et voyage temporel.

Un tournage sous contraintes et compromis

Terry Gilliam accepte de diriger le film, attiré par un scénario qu’il juge profondément stimulant. Il décrira plus tard le projet en ces termes : “L’histoire est déconcertante. Elle traite du temps, de la folie et de notre perception du monde. C’est une étude de la folie et des rêves, de la mort et de la renaissance, qui se déroule dans un monde qui se désagrège.

Mais le studio Universal, encore marqué par l’échec de Waterworld, hésite à investir massivement. Le budget est finalement fixé à 30 millions de dollars, une somme relativement limitée pour un film de cette ambition.

Pour boucler le financement, Gilliam doit convaincre Bruce Willis et Brad Pitt d’accepter des conditions salariales réduites. Willis est rémunéré via un pourcentage sur les recettes, tandis que Pitt touche 500 000 dollars, bien en dessous de ses standards habituels.

Warner

Un casting presque totalement différent

Avant que Bruce Willis et Brad Pitt ne soient retenus, Terry Gilliam avait d’autres idées en tête : il souhaitait notamment Nick Nolte pour James Cole et Jeff Bridges pour Jeffrey Goines. Des choix refusés par Universal, qui préférait des stars plus bankables.

D’autres grands noms ont également été envisagés. Sylvester Stallone et Robert De Niro ont passé des essais pour le rôle principal, tandis que Johnny Depp a été un temps pressenti pour incarner Goines.

Finalement, Brad Pitt impressionne suffisamment pour décrocher le rôle, une performance qui lui vaudra une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle et un Golden Globe dans la même catégorie.

Le contrôle artistique de Gilliam

Marqué par ses précédents conflits avec Universal sur Brazil, Terry Gilliam insiste cette fois pour obtenir le final cut. Le studio accepte, mais impose deux conditions strictes : le film ne doit pas dépasser 2h15 et ne peut pas être interdit aux moins de 18 ans. Cette liberté encadrée permet néanmoins au réalisateur de conserver sa vision globale, essentielle à l’identité du film.

Pour donner vie à son univers, Gilliam choisit des décors réels situés à Philadelphie et Baltimore, marqués par une forte atmosphère post-industrielle. Il tourne également dans un ancien pénitencier pour les scènes d’hôpital psychiatrique, rejetant les décors modernes qu’il juge trop aseptisés.

Cela me fascinait par avance de tourner à Philadelphie parce qu’il se dégage de son architecture un incroyable parfum de décadence et de pourriture. Or j’ai tout de suite ressenti L’Armée des douze singes comme un film sur l’échec, la décomposition, la nostalgie.

Terry Gilliam Warner
Terry Gilliam

Une fin improvisée devenue iconique

La conclusion du film a été l’un des principaux points de tension entre Gilliam et le producteur Charles Roven. Le réalisateur propose d’abord une mise en scène extrêmement complexe, volontairement coûteuse, espérant qu’elle soit refusée.

Mais contre toute attente, le studio accepte. Le cinéaste raconte : “J’avais décidé que le film devait se terminer à l’aéroport, quand le type qui a libéré le virus rencontre la scientifique du futur. Mais le producteur n’était pas d’accord, il voulait qu’on termine sur le visage du garçon.

Et il poursuit : “J’ai donc mis au point un plan qui serait trop coûteux à réaliser. J’ai demandé une grue pour descendre jusqu’au visage du garçon. J’étais sûr qu’il allait dire non, que ce serait trop cher. Mais il a dit oui. Et il a eu raison. C’était la bonne fin.

Un succès durable

À sa sortie, L’Armée des 12 singes rencontre un succès critique et commercial important. Le film devient même le plus gros succès de la carrière de Terry Gilliam.

Il rapporte environ 168 millions de dollars dans le monde pour un budget de 30 millions, et dépasse les 2,2 millions d’entrées en France. Une performance qui confirme son statut de classique incontournable de la science-fiction moderne.

L’Armée des 12 singes est aujourd’hui à revoir sur la plateforme Molotov TV, ou bien en VOD.

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Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Vincent Formica
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