Quand on tourne un film et qu'on a une idée bien précise en tête au moment du scénario, il se peut que l'on doive totalement revoir notre copie une fois sur le plateau. Et parfois, ça peut donner des choses magiques, comme l'a expliqué un certain Quentin Tarantino !
Un plan iconique
Lors d'une interview dénichée par le compte Instagram Sunday Cinema, le natif de Knoxville a évoqué le tournage d'une séquence clé de Kill Bill Volume 2, pour laquelle il a été contraint de repenser totalement ses plans.
Le réalisateur explique que son équipe et lui avaient une semaine entière pour filmer la scène d'ouverture du film, celle qui se déroule dans une église, avec David Carradine qui retrouve Uma Thurman pour se venger.
Comme vous vous en doutez, un planning de tournage est souvent très serré, et Tarantino a peu trop pris son temps. Il lui restait une seule journée de tournage, et il n'avait pas encore filmé la fin de la séquence, censée montrer le massacre dans l'église, après l'arrivée du Détachement international des Vipères assassines, l'escouade de tueurs menée par Bill.
A l'origine, Tarantino avait prévu de tout montrer, dans une séquence d'une violence extrême. Malheureusement, en une seule journée, il n'aurait jamais eu le temps de tourner tout ça. Rien que la mise en place d'une telle machinerie aurait pris plus qu'une journée.
Le cinéaste a donc fait preuve de créativité dans la contrainte. "Le soir avant la dernière journée, je suis rentré chez moi et je me suis dit que je n'aurais jamais assez de temps pour filmer la fusillade. Il fallait donc que je trouve un autre moyen de montrer que tout le monde se faisait tuer", a confié Quentin Tarantino.
Il fallait donc que je trouve un autre moyen de montrer que tout le monde se faisait tuer.
"C'est là que j'ai conçu ce plan qui termine la séquence, avec la caméra qui recule en dehors de l'église et les méchants qui se pointent dans le champ. Puis on a mis la steadicam sur une grue pour filmer en plongée. Du coup, on voit la fusillade de loin à travers les fenêtres", a souligné le réalisateur.
Miramax
Un impact renforcé
"Ça nous a pris toute la journée pour mettre en place ce plan très compliqué car je me suis littéralement pointé devant toute l'équipe le matin en mode : Voilà ce qu'on va faire. Il fallait tout repenser, mais c'est l'un des meilleurs plans du film", a conclu un Tarantino très satisfait.
En effet, sous la contrainte, le metteur en scène a préféré revoir sa copie pour ne pas exploser le budget et le planning prévu, et bien lui en a pris. Filmée de cette façon, la scène a un impact encore plus fort sur le spectateur, qui s'imagine le spectacle dans sa tête au lieu de subir une tuerie et des gerbes de sang.
En ce sens, le second volet repose moins sur la violence que le premier opus, qui ne lésinait pas sur les litres d'hémoglobine. Ce plan final qui s'envole au-dessus de l'église lors de la séquence d'ouverture est en ce sens beaucoup plus impactant, la beauté du paysage dans ce sublime noir & blanc contrastant avec la sauvagerie bestiale de la tuerie se déroulant au sol.
Et si vous avez envie de redécouvrir ce chef-d'oeuvre en salles, sachez qu'il ressort le 8 juillet prochain dans une version inédite de 4h35, regroupant les deux volumes : The Whole Bloody Affair !
AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.