En 2008, quand le public a découvert l'affiche de Cloverfield, réalisé par Matt Reeves, il a ressenti une puissante onde de choc. Au premier plan, la statue de la Liberté, un des monuments les plus populaires au monde, a perdu sa tête. Même décapitée, elle continue de brandir fièrement son flambeau, mais l'édifice est éventré, et on ne sait pas pourquoi.
Au loin, les gratte-ciels sont en feu, et on aperçoit une sorte de ligne dans l'eau, comme si quelque chose d'énorme était en train de nager pour atteindre le rivage. Le titre, sobrement placé en bas de l’image, laisse toute la place à cette vision apocalyptique. L’ensemble évoque à la fois le film catastrophe, le récit d’invasion et le reportage de guerre.
Une image percutante
Si cette affiche est aussi mémorable et marquante, c'est parce qu'elle montre l'impensable sans rien expliquer. La tête arrachée de la statue de la Liberté est une image immédiatement compréhensible pour le grand public. Même quelqu’un qui ne connaît pas New York comprend qu’un symbole national vient d’être détruit.
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La voir décapitée produit donc un choc visuel immédiat dans l'esprit des gens. C’est une image qui reste gravée en mémoire parce qu’elle transforme quelque chose de familier en quelque chose d’inquiétant. L’affiche pose ainsi une question simple et puissante : qu'est-ce qui a pu faire ça ?
7 ans après le 11 septembre, faire la promotion d'une oeuvre avec en toile de fond la destruction d'un symbole national aussi mythique que la statue de la Liberté, relevait d'une audace folle. Et l'image était d'autant plus frappante que New York portait encore les cicatrices des attentats, qui avaient profondément marqué les États-Unis, et le monde entier.
Sorti en 2008, le film arrivait en effet dans une période où les images de destruction urbaine à New York conservaient une charge émotionnelle particulière. Les nuages de poussière, les foules qui fuient et l’impression d’une catastrophe soudaine rappelaient indirectement des souvenirs encore traumatisants dans la culture américaine.
Un mystère insondable
Par ailleurs, ce poster reposait entièrement sur le mystère À l’époque, la campagne marketing de Cloverfield était volontairement opaque. Les premières bandes-annonces ne montraient pas clairement le monstre. L’affiche poursuivait cette stratégie, révélant les conséquences, mais cachait la cause. Le public passait son temps à spéculer, et c'est ce qui a rendu cette affiche tellement efficace.
Ce poster corrobore d'ailleurs le vieil adage : faire simple, c'est difficile. Ici, la composition est extrêmement sobre. Beaucoup d’affiches de films de monstres montrent la créature elle-même. Celle de Cloverfield fait l’inverse. Une seule image, un symbole détruit, une ville en feu. Cette sobriété renforce son efficacité.
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Inspiration John Carpenter
On retient instantanément la scène, et tout cela donne envie d'aller voir le film pour comprendre ce qui est arrivé. En résumé, l'affiche de Cloverfield est devenue marquante parce qu'elle associait un symbole mondialement connu à une catastrophe inexpliquée. Elle ne vendait pas seulement un long-métrage lambda, elle créait une énigme visuelle que le public avait envie de résoudre.
Selon le réalisateur Matt Reeves, cette image est inspirée de l'affiche du film culte de John Carpenter, New York 1997, où l'on voit également la tête de la statue de la Liberté abandonnée dans une rue de la Grosse Pomme. Le cinéaste a apprécié cette image "provoquante", tout comme le producteur J. J. Abrams. C'est d'ailleurs l'une des raisons de son efficacité ; l'affiche de Cloverfield reprend une idée visuelle déjà puissante, puis la modernise en l'associant aux peurs urbaines et à l'imaginaire post 11 septembre.
Un récit saisissant
L'histoire nous emmène à New York, la ville qui ne dort jamais. Ce soir-là, pourtant, elle aurait dû rester endormie. Pour célébrer le départ de Rob vers le Japon, une quarantaine d'amis se retrouvent dans un appartement de Manhattan. Rires, musique, verres qui s'entrechoquent... Une dernière nuit d'insouciance avant le grand départ.
Caméra à l'épaule, Hud filme chaque instant sans se douter qu'il est en train d'enregistrer les dernières heures d'un monde encore intact. Puis la terre gronde. Une secousse brutale fait vaciller les murs. Les lumières tremblent. Les conversations s'éteignent. Dans les rues, une foule hébétée lève les yeux vers le ciel nocturne, cherchant une explication à l'inexplicable.
Soudain, un fracas titanesque déchire l'obscurité. Quelque chose approche. Quelque chose d'immense. Et alors que la panique commence à gagner la ville, la tête de la Statue de la Liberté vient rouler dans les avenues de Manhattan, comme un présage de fin du monde. Ce n'est ni un attentat, ni une catastrophe naturelle. C'est pire.
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Dans les entrailles de la nuit, une créature colossale s'est éveillée. À chacun de ses pas, les gratte-ciel vacillent. À chacun de ses rugissements, la ville s'effondre un peu plus. Tandis que l'armée tente l'impossible et que New York sombre dans un chaos apocalyptique, Rob et ses amis s'enfoncent au coeur de l'enfer pour retrouver l'une des leurs.
Car avant l'aube, ils découvriront que certains monstres ne détruisent pas seulement les villes. Ils dévorent aussi les derniers espoirs de ceux qui y vivent.
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