Lorsqu’on évoque les accidents industriels de la carrière de Kevin Costner, deux titres viennent facilement à l’esprit : Waterworld, longtemps associé à une production démesurée, et plus récemment Horizon : une saga américaine. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne représente son plus gros désastre financier.
Pour le trouver, il faut remonter à 1997 et à The Postman, un ambitieux film post-apocalyptique que Costner ne s’est pas contenté d’interpréter : il en assurait également la réalisation.
80 millions de dollars pour seulement 30 millions de recettes
Sur le papier, les chiffres suffisent à mesurer l’ampleur de l’échec. Doté d’un budget estimé à 80 millions de dollars, The Postman n’en aurait rapporté qu’environ 30 millions au box-office mondial. Autrement dit, ses recettes en salles n’ont même pas atteint la moitié de son coût de production.
À titre de comparaison, le premier chapitre d’Horizon : une saga américaine a lui aussi connu une exploitation particulièrement compliquée, avec environ 31 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 50 millions. Deux films très différents, mais qui partagent d’ailleurs une caractéristique : une durée particulièrement imposante.
L’échec de The Postman a cependant été d’autant plus douloureux pour Costner qu’il arrivait à une époque où l’acteur-réalisateur comptait parmi les plus grandes stars d’Hollywood.
Un postier pour redonner espoir à l’Amérique
Adapté du roman de David Brin, The Postman nous transporte dans une Amérique ravagée par une catastrophe ayant entraîné l’effondrement de la société. L’action se déroule en 2013, dans un Ouest américain où les survivants vivent désormais au sein de petites communautés isolées.
La région est notamment terrorisée par les hommes du général Bethlehem. C’est dans ce monde hostile qu’un vagabond interprété par Kevin Costner découvre l’uniforme d’un postier et décide de s’en servir pour assurer sa propre survie.
Warner Bros.
Pour être accueilli par une communauté, il prétend alors représenter un gouvernement américain qui se serait reformé. Un mensonge qui finit par produire des conséquences inattendues : en faisant croire que les États-Unis sont en train de renaître, le faux facteur redonne de l’espoir aux habitants et contribue progressivement à nourrir leur volonté de résister à leurs oppresseurs.
Un air de déjà-vu pour les critiques
À sa sortie, le film ne convainc pourtant pas une grande partie de la critique. Certains observateurs lui reprochent notamment de reprendre une mécanique déjà familière dans la filmographie de Kevin Costner.
Comme dans Waterworld, et dans une certaine mesure Danse avec les loups, son personnage est d’abord un homme solitaire qui se retrouve intégré à une communauté avant d’épouser progressivement sa cause et de participer à son combat.
Le célèbre critique américain Roger Ebert ne s’était d’ailleurs pas montré tendre avec le résultat, résumant ainsi son sentiment : “C’est ridicule, oui, et prétentieux, et Kevin Costner se met dans des situations qui font rire. Et c’est beaucoup trop long.”
Variety s’était montré nettement plus favorable envers le long-métrage, défendant notamment son propos et ses ambitions. Cela n’a toutefois pas suffi à sauver The Postman auprès du public.
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Kevin Costner disparaît pendant deux ans
Les conséquences de cet échec ne se limitent pas aux pertes financières. Après avoir été omniprésent sur les écrans au cours des années précédentes, Kevin Costner traverse soudainement une période beaucoup plus délicate.
Les propositions se raréfient et l’acteur disparaît des salles pendant près de deux ans. Une situation particulièrement inhabituelle pour celui qui avait enchaîné quelques années auparavant des succès comme Danse avec les loups, Robin des Bois, prince des voleurs, JFK ou encore Bodyguard.
Son retour intervient finalement en 1999 avec Une bouteille à la mer. Un titre qui, rétrospectivement, pourrait presque servir de métaphore à la situation de Costner à cette époque : après le naufrage de The Postman, l’acteur tente de relancer une carrière sérieusement fragilisée.
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Il lui faudra néanmoins plusieurs années pour retrouver une partie de son prestige. Et comme cela lui arrivera à plusieurs reprises au cours de son parcours, Kevin Costner finira par reprendre lui-même les commandes.
En 2003, il réalise et interprète Open Range, western porté également par Robert Duvall. Bien mieux accueilli, le film lui permet de rappeler qu’au-delà de ses échecs retentissants, Kevin Costner reste aussi un acteur et un réalisateur capable de revenir au premier plan.
The Postman est aujourd’hui disponible sur HBO Max.
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