Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur Robin des Bois, le héros qui vole aux riches pour donner aux pauvres. Avec On l'appelait Robin des bois, Michael Sarnoski, réalisateur de Pig avec Nicolas Cage et Sans un bruit : Jour 1, réinvente le mythe et propose une relecture violente.
Hanté par son passé après une vie de crimes et de violence, Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance de rédemption.
Et c'est Hugh Jackman qui prête ici ses traits à Robin de Locksley. Après avoir incarné Wolverine, Van Helsing, Jean Valjean dans la comédie musicale Les Misérables, P.T. Barnum dans The Greatest Showman ou encore le célèbre pirate Barbe Noire dans Pan, le comédien australien incarne le légendaire héros britannique.
A ses côtés on retrouve Bill Skarsgård dans le rôle de Petit Jean et Jodie Comer dans celui de Soeur Brigid, une femme qui va recueillir le héros blessé.
Un film sur la rédemption
Michael Sarnoski explore ici les derniers jours d'un homme rongé par ses crimes. Robin est présenté comme un homme vieillissant, traqué, blessé et hanté par une vie entière de violence. Le cinéaste s'est d'ailleurs inspiré d'une ancienne ballade médiévale racontant la mort du célèbre hors-la-loi dans un prieuré, un récit beaucoup plus sombre que les versions popularisées au cinéma.
Le réalisateur pousse même la réflexion plus loin en remettant en cause l'image héroïque du personnage. Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, il décrit Robin comme un homme ayant commis "beaucoup d'actes terribles" et qui assiste à la naissance de sa propre légende, alors qu'il sait pertinemment qu'il ne mérite pas ce statut de héros.
Sarnoski a également souhaité montrer la brutalité réelle du XIIIe siècle. Pas de combats élégants à l'épée ici : les affrontements ressemblent davantage à des batailles de survie dans la boue. "C'étaient des gens qui essayaient de se fracasser le crâne", résume-t-il.
Metropolitan FilmExport
Cette approche transforme complètement le mythe. Le film devient moins une aventure médiévale qu'une réflexion sur la culpabilité, le vengeance, la violence et la rédemption.
La transformation de Hugh Jackman
Pour incarner ce Robin des Bois crépusculaire, Hugh Jackman a dû s'éloigner de l'image du héros athlétique que le public lui associe souvent.
Il apparaît ici avec une longue chevelure grisonnante, une barbe blanche, un visage marqué par les années et les combats. L'acteur souhaitait créer une apparence radicalement différente de tous ses précédents rôles. Avec son équipe habituelle composée du coiffeur Sean Flanigan et de la maquilleuse Pamela Westmore, il a élaboré un look de vieil ermite vivant depuis des années en marge de la civilisation. Chaque jour, le comédien passait 8 heures au maquillage, des heures qu'il occupait en écoutant de la musique ou des livres audio comme il le confie au magazine People.
Mais la transformation ne s'est pas arrêtée au maquillage. Michael Sarnoski souhaitait que le personnage évoque quasiment une loque humaine.
La costumière Lorna Mugan a ainsi collaboré avec les équipes coiffure et maquillage pour faire de Hugh Jackman un homme qui vit en marge de la civilisation depuis longtemps, les traits creusés, et elle a délibérément alourdi sa silhouette avec des superpositions de vêtements.
Un manteau de 90 kilos !
Son objectif était de faire de Robin une sorte de fantôme vivant, un homme usé par les années et le poids de ses fautes. Pour y parvenir, elle a multiplié les couches de vêtements et alourdi volontairement sa silhouette, ainsi le manteau porté par Hugh Jackman pesait près de 90 kilos.
Pour le rôle, Hugh Jackman a dû développer plusieurs facultés et se transformer physiquement, psychologiquement et même spirituellement. ce dernier déclare ainsi dans le dossier de presse : "Il y avait des émotions que j’avais effleurées dans Logan, mais cette fois, j’étais un peu plus âgé et j’étais donc à un moment de ma vie où j’avais plus facilement accès à mes ressources intérieures. Les affrontements, dans ce film, sont d’une grande brutalité. J’étais couvert de boue et j’en avais dans chaque orifice."
Metropolitan FilmExport
Entraînement au côté d'un expert
Le comédien s'est également entraîné au tir à l'arc afin d'incarner un Robin des bois plus vrai que nature. Et c'est Donny Dust, un ancien Marine américain devenu expert mondialement reconnu en survie primitive, qui l'a entrainé. Ce dernier s'est fait connaître du grand public grâce à l'émission télévisée Alone, où des candidats doivent survivre seuls dans des conditions extrêmes, ainsi qu'à l'émission Mud, Sweat & Beards.
Surnommé le "Professional Caveman" ("l'homme des cavernes professionnel"), il est notamment spécialiste du tir à l'arc traditionnel, de la fabrication d'armes anciennes, des techniques de chasse primitives et de la survie en pleine nature sans technologie moderne.
Hugh Jackman s'est entraîné à ses côtés afin d'acquérir des gestes crédibles de guerrier médiéval et de chasseur vivant dans la nature. L'idée n'était pas seulement de savoir tirer une flèche, mais d'intégrer une véritable physicalité de survivant, cohérente avec la vision réaliste et brutale de Michael Sarnoski. Cette collaboration s'inscrit dans la volonté du film de montrer un Robin des Bois beaucoup plus proche d'un hors-la-loi du XIIIe siècle que du héros romantique popularisé par Hollywood.
Pas d'effets numériques
Enfin, pour renforcer le réalisme, Michael Sarnoski a refusé de s'appuyer sur les effets numériques pour les blessures. Les équipes de maquillage ont ainsi fabriqué des prothèses extrêmement détaillées : mâchoires arrachées, yeux transpercés par des flèches, gorges ouvertes et même un système complexe permettant de reproduire à l'écran la célèbre scène de saignée de Robin des Bois.
Le réalisateur voulait que chaque blessure paraisse tangible et physique. Cette volonté d'authenticité se retrouve également dans les décors naturels d'Irlande du Nord et dans le choix de tourner en pellicule afin d'obtenir une image plus organique et intemporelle.
Soyez en sûr, On l'appelait Robin des Bois ne cherche pas à concurrencer les versions précédentes et en diffère même complétement. Michael Sarnoski utilise la légende pour raconter l'histoire d'un homme confronté à ses propres démons qui comprend, mais trop tard, que la vengeance est un cercle vicieux qui ne s'arrête jamais.
Plus proche d'un drame existentiel que d'un film d'aventures classique, cette relecture crépusculaire pourrait bien offrir à Hugh Jackman l'un des rôles les plus étonnants de sa carrière.
On l'appelait Robin des bois est à voir dès ce mercredi 1er juillet au cinéma.
AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.