Sorti en 2007, Ratatouille était un joyau de plus dans la couronne déjà bien chargée des sorciers de Pixar, qui signaient là un chef-d'oeuvre de sensibilité, d'une richesse époustouflante, doublée d'un tour de force technique. Un pur émerveillement qu'on ne se lasse pas de revoir, malgré les multiples rediffusions sur les chaînes TV.
Dans un Paris de carte postale digne de l'imagerie d'Epinal, le film est aussi un festin pour les yeux, ôde à la cuisine française où Rémy le rat cuisto se révèle bien être le digne héritier du légendaire chef Auguste Gusteau; véritable pendant numérique d'une légende française - bien réelle celle-ci- des fourneaux : Auguste Escoffier, surnommé "le roi des cuisiniers, le cuisiniers des rois".
Dans sa course à l'excellence visuelle où abonde un soin maniaque accordé aux détails, proprement sidérant, Pixar a notamment pu compter sur les conseils avisés d'un très fameux chef de cuisine américain, Anthony Bourdain. Il figurait d'ailleurs dans les crédits du générique de fin de Ratatouille, dans la mention "remerciements spéciaux".
"C’est incroyable à quel point ils ont tout compris"
Sur sa page /Reddit (via Brobible) figurait un extrait de mail que le chef avait envoyé à un collègue, expliquant à quel point Ratatouille était son film préféré évoquant l'univers -parfois impitoyable- de la cuisine. Mais aussi capable d'offrir des ascenseurs émotionnels complètement fous, à l'image de la séquence puissamment nostalgique d'un Anton Ego replongeant instantanément en enfance après avoir goûté la fameuse ratatouille. Une déclaration d'amour au chef-d'oeuvre de Pixar qui est d'autant plus émouvante qu'Anthony Bourdin nous a quitté, ayant mis fin à ses jours en 2018, à l'âge de 61 ans.
"Je pense que c’est tout simplement le meilleur film culinaire jamais réalisé. Le meilleur film sur un restaurant jamais réalisé – le meilleur film sur un chef. Les moindres détails sont époustouflants : les brûlures estompées sur les poignets des cuisiniers. Les "histoires personnelles" des cuisiniers… l’attention portée à la cuisine… Et la révélation d’Anton Ego face à la ratatouille m’a frappé comme un coup de poing en pleine poitrine – littéralement à couper le souffle.
Je l’ai vu dans une salle comble, remplie d’adultes – et la réaction à ce moment-là incarnait ce qu’était autrefois – il y a bien longtemps – le cinéma : de la surprise audible, du ravissement, de l’émerveillement et même une certaine forme d’illumination. Je suis immensément et démesurément fier que ma minuscule contribution (si tant est qu’il y en ait eu une), apportée très tôt dans le développement du projet, ait donné lieu à un "merci" au générique. C’est incroyable à quel point ils ont tout compris".
Du reste, il n'est guère surprenant que Ratatouille reste, 19 ans (et oui, déjà...) après sa sortie, encore au sommet de l'Olympe dans votre classement des films de l'écurie Pixar et même de Disney tout court, avec une moyenne de 4,5 sur 5. Et pour longtemps encore, sûrement.