Interdit aux moins de 16 ans, Evil Dead Burn est-il le film le plus violent de la saga ?
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Actuellement en salles, "Evil Dead Burn " est interdit aux moins de 16 ans avec avertissement. C'est la classification la plus sévère d'un film de la saga mais cela aurait pu être pire. une scène a en effet dû être remontée car jugée trop violente.

Trois ans après Vermines, Sébastien Vaniček est de retour avec un nouveau film d'horreur : Evil Dead Burn. Sixième volet de la saga initiée en 1981 par Sam Raimi et son complice Bruce Campbell, le film marque surtout les débuts du cinéaste français aux États-Unis - et son entrée dans une franchise historiquement surveillée de près par les instances de classification.

Porté par Souheila Yacoub, Hunter Doohan et Luciane Buchanan, le film suit Alice, une jeune femme française installée aux États-Unis, qui rejoint la maison isolée de sa belle-famille après l’enterrement de son mari. Mais la réunion familiale bascule rapidement dans l’horreur lorsque les proches de la jeune femme se transforment, les uns après les autres, en créatures démoniaques. Très vite, Alice comprend que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son époux… bien au-delà de la mort.

Evil Dead Burn
Evil Dead Burn
Sortie : 8 juillet 2026 | 1h 51min
De Sébastien Vaniček
Avec Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Luciane Buchanan
Presse
3,5
Spectateurs
3,8
Séances (342)

Si le réalisateur assure avoir conservé sa liberté créative sur le film, Evil Dead Burn n’a pourtant pas échappé à la censure, notamment aux États-Unis.

La classification la plus restrictive de la saga

En France, le film est interdit aux moins de 16 ans avec avertissement, assorti d’un message soulignant que "l'intensité des scènes violentes au sein de la cellule familiale comme celle de la bande-son sont susceptibles de heurter la sensibilité d'un jeune public non averti."

Il s’agit de la classification la plus restrictive jamais obtenue par un film de la saga en France. Les films de Sam Raimi étaient initialement interdits aux moins de 12 ans, tandis que le reboot de Fede Álvarez (2013) et Evil Dead Rise de Lee Cronin étaient déjà interdits aux moins de 16 ans, mais sans avertissement.

Aux États-Unis, le film a d’abord été confronté à la classification la plus stricte du système américain : le NC-17, qui interdit l’accès aux moins de 17 ans, même accompagnés. Une sanction quasi rédhibitoire pour un studio, qui a donc imposé des ajustements afin d’obtenir un R-rating, beaucoup plus exploitable commercialement.

Résultat : une séquence du film a dû être retravaillée pour atténuer son intensité.

Metropolitan FilmExport

Lors de notre entretien, Sébastien Vaniček revient sur les ajustements imposés par la classification américaine. : "Il y a un moment où on a dû atténuer, mais le R-rated reste quand même bien costaud. La sève d’Evil Dead, c’est d’aller là-dedans : provoquer, être brutal, faire des choses qui choquent et qui bougent. Mais pour moi, ce n’est pas une question de quantité de sang. Je n’avais pas envie de faire un film où je balance du gore partout juste pour le plaisir de voir une main coupée."

Le cinéaste insiste surtout sur l’héritage de la saga et la manière dont la violence a évolué.

"Il fallait aussi naviguer dans cette franchise, comprendre son héritage. Quand on regarde les films de Sam Raimi, ils ne sont pas si gore que ça. Il y a du latex un peu mal fait, et c’est justement ça qui dérange. Le gore, il est vraiment arrivé en 2013 avec Fede Álvarez (NDLR : qui a également dû couper des scènes de son film). Avant, ce n’était pas ça."

Quelle scène a été modifiée ?

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Le réalisateur français poursuit : "J’ai essayé de trouver mon propre sens de la brutalité, de comprendre quelle violence je raconte, et surtout de ne pas être gratuit. Et quand la censure est arrivée, ça m’a touché parce que ma violence est très réelle, très crue, presque domestique. C’est quelque chose auquel on peut s’identifier, et c’est ça qui est dérangeant."

Pour Sébastien Vaniček, la question n’est pas seulement celle du gore, mais de la nature même de la violence représentée.

Il ajoute : "Un mec qui tue 200 personnes avec une arme à feu, on se dit souvent : “ça, ce n’est pas la réalité”. Sauf que si, c’est la réalité. Et c’est précisément ça qui dérange aux États-Unis. Donc il a fallu être malin au montage. On n’a pas coupé la scène, on l’a transformée, un peu bidouillée. Elle est toujours là."

Interrogé sur les coupes, le réalisateur évoque une séquence en particulier : "C’est la scène où Tia (Luciane Buchanan) se fait massacrer la tête avec la porte du lave-vaisselle. La séquence était 100 fois plus brutale à l'origine."

Plutôt que de supprimer la scène, le montage a donc été repensé afin d'éviter l'interdiction maximale.

Evil Dead Burn est actuellement en salles.

Laëtitia Forhan
Laëtitia Forhan
-Chef de rubrique cinéma
Fan de cinéma fantastique, de thrillers, et d’animation, elle rejoint la rédaction d’AlloCiné en 2007. Elle navigue depuis entre écriture d'articles, rencontres passionnantes et couvertures de festivals.
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