Difficile d’imaginer Pour une poignée de dollars sans Clint Eastwood. Pourtant, l’acteur n’était pas le premier choix de Sergio Leone pour incarner le mystérieux “Homme sans nom”. Avant que cette figure mythique du western ne propulse Eastwood au rang de star internationale, le réalisateur italien avait tenté de confier le rôle à une autre légende du cinéma d’action : Charles Bronson.
Comme le rappelle ScreenRant, Bronson faisait déjà partie des acteurs les plus recherchés de Hollywood. Habitué des rôles de durs à cuire, qu’il s’agisse de policiers, de soldats ou de cowboys, il a également refusé plusieurs propositions prestigieuses au cours de sa carrière. L’une d’elles allait changer l’histoire du western.
À l’époque, Sergio Leone prépare un western à petit budget inspiré de Yojimbo d’Akira Kurosawa. Son premier choix pour interpréter le pistolero solitaire est Charles Bronson. Mais l’acteur décline l’offre, peu convaincu par le scénario et cette réinterprétation du classique japonais.
Une porte s’ouvre pour Eastwood
Ce refus ouvre alors une porte inespérée à Clint Eastwood, qui n’est encore connu que pour la série Rawhide. D’après l’auteur Mark Harris, Leone ne connaissait d’ailleurs l’acteur que pour avoir aperçu un épisode de la série et l’engage pour seulement 15 000 dollars, soit 10 000 dollars de moins que ce qu’avait demandé Charles Bronson.
Le pari paraît pourtant loin d’être gagné. Les premiers retours sont catastrophiques et Eastwood lui-même pense que le film ne sortira jamais aux États-Unis, et l’avoue carrément : “Je pensais que ça allait être un énorme fiasco”. Mais l’histoire en décidera autrement.
Constantin Film Produktion GmbH
La naissance d’un phénomène
Lorsque Pour une poignée de dollars arrive finalement sur les écrans américains en 1967, il bouleverse totalement les codes du western. Plus sombre, plus violent et porté par un anti-héros taciturne, le film devient un immense succès commercial et contribue à imposer les westerns spaghetti auprès du public américain.
Tourné pour seulement 250 000 dollars et malgré un accueil mitigé à New York, il rapporte plus de quarante fois les 100 000 dollars déboursés par United Artists pour acquérir ses droits américains. Les deux films suivants feront encore mieux. Et pour quelques dollars de plus bénéficiera d’un budget trois fois supérieur et Le Bon, la Brute et le Truand – le mot “dollars” disparaîtra finalement du titre – coûtera 1,2 million de dollars, le tout porté par une partition d’Ennio Morricone devenue monumentale.
Le personnage de “l’Homme sans nom” transforme alors Clint Eastwood en vedette internationale. Son interprétation du pistolero solitaire devient immédiatement iconique et ouvre la voie à toute la fameuse Trilogie du Dollar, avant de lancer définitivement sa carrière à Hollywood.
Paramount Pictures
Ironie du sort, Charles Bronson finira tout de même par collaborer avec Sergio Leone quelques années plus tard. Le réalisateur lui confiera finalement le rôle d’Harmonica dans Il était une fois dans l’Ouest, autre monument du western... un rôle qu’il avait d’abord imaginé pour Eastwood ! Mais entre-temps, son refus de Pour une poignée de dollars aura permis à ce dernier de décrocher le rôle qui allait faire de lui l’une des plus grandes icônes du cinéma.
La Trilogie du dollar est à revoir en VOD.
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