Dans le monde de Gorgonà, les femmes sont reléguées au rang d'esclave et sont devenues une monnaie d'échange. Les ressources s'épuisent et ce sont les hommes, tous ar més jusqu'aux dents, qui mènent la danse. Seule soldat féminine au cœur d'une milice, Maria (Melissanthi Mahut) est susceptible de renverser l'ordre établi.
Alors que tous les yeux sont tournés vers L'Odyssée de Christopher Nolan, ce film s'inspire également de la mythologie grecque avec un regard tout à fait différent. La réalisatrice Evi Kalogiropoulou signe une fable post-apocalyptique, politique, queer, féministe et résolument sexy.
Le genèse de Gorgonà repose un problème sociétale majeur en Grèce : les féminicides. "Même quand je conduis en Grèce, les gens m’insultent simplement parce que je suis une femme, révèle la cinéaste dans le dossier de presse. Mon film peut sembler violent, mais il donne à ressentir ce que subissent des femmes dans de trop nombreuses sociétés. Il faut se battre pour faire valoir nos droits légitimes. Et nos désirs."
De la mythologie grecque à Mad Max
Si la réalisatrice revendique plusieurs inspirations cinématographiques, de Max Max à Quentin Tarantino en passant par les films grecs des années 70, elle s'est aussi nourrie des nombreux récits de la Grèce ancienne :
"J’ai aussi été inspirée par les récits de sirènes, par celui de Perséphone et sa mère, Déméter – nous avons tourné à Eleusis, le cœur de ce mythe – et… par le mythe de la Méduse, Medusa, appelée aussi la Gorgone, qu’on représente généralement avec des serpents à la place des cheveux, et qui avait le pouvoir de changer les gens en pierre rien qu’en les regardant."
À la croisée des genres, Gorgonà est le premier long métrage d'Evi Kalogiropoulou qui s'impose avec un style des plus singuliers. La réalisatrice prépare déjà son prochain projet : un film d'arts martiaux dans la veine de Kill Bill.
Gorgonà, actuellement au cinéma