Sorti dans nos salles en 1988, le film de science-fiction RoboCop de Paul Verhoeven ressort au cinéma ce mercredi 26 août.
Porté par Peter Weller, Nancy Allen et Dan O'Herlihy, le film se déroule à l'aube de l'an 2000, Détroit est en proie au crime et à la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme..
Mais saviez-vous que ce film, aujourd'hui devenu culte, a bien failli ne jamais voir le jour ? Son réalisateur avait en effet rejeté le scénario dès les premières pages, persuadé qu'il s'agissait d'un simple film d'action sans intérêt. C'est finalement son épouse, Martine, qui lui a fait changer d'avis. Grâce à elle, l'un des plus grands classiques de la science-fiction a pu voir le jour.
Un projet dont personne ne voulait
Au milieu des années 1980, le scénario écrit par Edward Neumeier et Michael Miner circule dans les studios hollywoodiens. Plusieurs réalisateurs approchés, dont David Cronenberg et Jonathan Kaplan, déclinent le projet. Lorsqu'il arrive entre les mains de Paul Verhoeven, sa réaction est tout aussi négative.
Le cinéaste néerlandais, qui n'avait alors jamais mis en scène de film de science-fiction américain, lit une quinzaine de pages avant de jeter le script. Le sous-titre "The Future of Law Enforcement" ("Le futur des forces de l'ordre") lui donne l'impression d'avoir affaire à un banal film d'action futuriste, très éloigné du cinéma qu'il souhaite réaliser. Son épouse Martine récupère alors le scénario et le lit en entier.
Splendor Films
Merci Martine
Paul Verhoeven confie des années plus tard à SciFi Now : "J'étais sur une plage du sud de la France et ma femme lisait le scénario. Elle s'est tournée vers moi et m'a dit que j'avais commis une grave erreur en le mettant de côté. Elle estimait que le film recelait une grande ironie, que je serais capable de bien mettre en valeur. Elle a fini par me convaincre d'y jeter un nouveau coup d'œil et, lorsque je l'ai fait, j'ai réalisé qu'il y avait là de la matière avec laquelle je pouvais travailler, que le film avait plus de profondeur que je ne l'avais imaginé au départ."
Là où son mari ne voit qu'un film de robots et de fusillades, Martine Verhoeven décèle une œuvre bien plus ambitieuse traversée par plusieurs niveaux de lecture : une satire de la société américaine, une réflexion sur l'identité, mais aussi le parcours d'un homme qui tente de retrouver son humanité après avoir tout perdu.
Cette discussion pousse donc le réalisateur à reprendre le scénario. En le relisant, il découvre toute la dimension satirique imaginée par les scénaristes et accepte finalement de mettre le film en scène.
Splendor Films
L'un des plus grands classiques de la science-fiction
La suite appartient à l'histoire. Sorti en 1987 aux États-Unis puis en 1988 dans les salles françaises, RoboCop devient un immense succès critique et commercial et s'impose comme l'un des films les plus marquants de Paul Verhoeven.
Derrière son apparence de blockbuster ultra-violent, le long métrage est aujourd'hui encore salué pour son humour noir, sa critique du capitalisme et sa réflexion sur la frontière entre l'homme et la machine. Ironie de l'histoire : toutes ces qualités étaient déjà présentes dans le scénario… mais il aura fallu que Martine Verhoeven les fasse remarquer à son mari avant qu'il ne décide de le réaliser.
Avec RoboCop, Paul Verhoeven ouvre une trilogie de science-fiction qui compte parmi les plus influentes du cinéma moderne. Il enchaîne ensuite avec kes films de SF Total Recall (1990), porté par Arnold Schwarzenegger, puis Starship Troopers (1997), dont la satire de la société et du militarisme continue d'alimenter les débats près de trente ans après sa sortie. Trois œuvres devenues cultes qui ont définitivement imposé le cinéaste néerlandais comme l'un des grands maîtres de la science-fiction.
RoboCop est a redécouvrir en salles.