En dépit d'une carrière inévitablement en dents de scie, le parcours de Sylvester Stallone, 80 ans au compteur, force le respect. Il a offert au public au moins deux personnages iconiques qui sont entrés dans la mémoire cinéphilique des spectateurs du monde entier : Rocky Balboa et John Rambo.
Quoi qu'on puisse penser de sa filmographie, il reste aux yeux du public une icône du Box Office hollywoodien. "Je suis soufflé par la longévité de ma carrière" lâchait l'acteur dans une interview accordée à Entertainment Tonight Canada, à l'issue de la présentation au festival de Toronto du documentaire Sly, qui balaye 50 ans de sa carrière.
Exister en dehors de Rocky Balboa
En 1981, Stallone était la tête d'affiche d'un polar qui occupe une place particulière dans sa carrière, à un moment charnière de son parcours : Les Faucons de la nuit, signé par Bruce Malmuth et porté par un solide casting : Rutger Hauer, Billy Dee Williams et Lindsay Wagner. Sly y incarne Deke DaSilva, un policier infiltré traquant un terroriste international (joué par Rutger Hauer, dans l'un de ses premiers grands rôles américains).
Le film arrivait juste après le succès retentissant de Rocky II (1979) et avant Rocky III (1982), et surtout avant l'explosion du personnage de Rambo avec First Blood (1982). Stallone cherchait alors à prouver qu'il pouvait exister en dehors de Rocky, dans un registre différent : un thriller urbain contemporain, sombre, ancré dans le New York de la fin des années 70, dans la lignée de French Connection ou Serpico.
Les Faucons de la nuit n'a pas été un tournant commercial majeur, mais il illustre une phase de transition où Stallone testait des rôles plus graves et réalistes, juste avant de définitivement s'ancrer dans le cinéma d'action avec Rambo.
"Je prends ces risques moi-même"
Sur le tournage des Faucons de la nuit, Sly était prêt à prendre tous les risques et faire les cascades lui-même. Mais une d'entre elles a bien failli lui coûter la vie, comme il l'expliqua au fameux journaliste critique Roger Ebert, venu le rencontrer sur le tournage du film A nous la victoire de John Huston, à Budapest.
"Je prends ces risques moi-même" lâche Stallone dans l’interview. "Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie que lorsque je me suis retrouvé suspendu à cet hélicoptère. J’ai une peur du vide qui frôle la manie. Il fallait que je fasse quelque chose comme ça au moins une fois dans ma vie. Je me suis donc retrouvé là, suspendu à 250 pieds [NDR : un peu plus de 76 m] au-dessus de l’East River, ballotté par le vent, avec le danger constant que le câble d’acier, s’il heurtait quelque chose, se rompe en deux".
Droits réservés
Bien qu'on lui ait assuré que les cascades seraient sans danger, Stallone explique qu'il était devenu de plus en plus inquiet après avoir été témoin d'un incident la veille du début du tournage : "Un type avait sauté du pont près duquel nous travaillions. Nous avons tous vu la scène. Il a heurté l'eau et a explosé. Son corps s'est brisé en plusieurs morceaux, et le courant était si fort [...] qu'ils ont repêché ses restes sept minutes plus tard à l'embarcadère [...]".
L'acteur a peut-être eu aussi en tête le dramatique accident survenu une poignée d'années auparavant sur le tournage du film La Sanction avec Clint Eastwood, dans lequel l'alpiniste / cascadeur David Knowles, âgé de 26 ans, fut tué par une chute de rochers alors qu'il était suspendu à une très grande hauteur...
Envie de voir (ou revoir !) Les Faucons de la nuit ? Il est disponible en DVD et Blu-ray.