En 2001, le monde entier découvre une oeuvre viscérale qui va faire l'effet d'une véritable onde de choc : Requiem for a Dream. Réalisé par Darren Aronofsky, le film est notamment porté par un impressionnant Jared Leto, accompagné de Jennifer Connelly, Ellen Burstyn et Marlon Wayans.
Une oeuvre viscérale
Le récit, âpre et brutal, suit 4 personnages vivant à Brooklyn et animés par des rêves très différents. Harry, Marion, Tyrone et Sara espèrent tous améliorer leur existence et accéder à une vie meilleure. Harry et Tyrone cherchent à réussir grâce au commerce de drogue, tandis que Marion rêve de devenir créatrice de mode.
De son côté, Sara Goldfarb, la mère d'Harry, souhaite passer à la télévision et retrouver une place dans le monde. Chacun poursuit ainsi un objectif qui lui donne l’impression d’avoir un avenir à construire. Mais leurs ambitions les conduisent progressivement à adopter des comportements de plus en plus dangereux.
Leurs désirs et leurs dépendances prennent peu à peu une place centrale dans leur quotidien. Les personnages commencent alors à perdre le contrôle de leurs choix et de leurs relations.
Le film montre leur descente progressive dans un univers marqué par l’isolement, l’obsession et la dépendance. À travers leurs parcours, Requiem for a Dream propose une réflexion sombre sur les rêves, les illusions et les conséquences de la dépendance.
Si le film a fortement marqué les spectateurs, c'est bien évidemment grâce à son histoire, sa mise en scène et la performance des acteurs, mais c'est aussi grâce à un personnage à part entière du long-métrage : sa musique !
Une musique hypnotique et mélancolique
Composée par le génial Clint Mansell, la bande-originale lancinante a fortement contribué à forger la légende du film. Le thème principal, "Lux Aeterna", joué par le groupe The Kronos Quartet, est notamment indissociable de Requiem for a Dream.
Le morceau repose sur une mélodie très simple, répétitive et puissante. Elle s’installe progressivement et reste facilement en tête. En tant que spectateur, on ressent la montée en tension constante lors de l'écoute. La musique commence de façon sobre puis devient de plus en plus intense, donnant une sensation d’urgence et d’inéluctabilité.
Cette BO accompagne parfaitement les différentes scènes du film, montrant la dégradation progressive des personnages sans simplement illustrer l’action. Elle amplifie leurs émotions et rend certaines séquences beaucoup plus oppressantes.
Le choix des instruments à cordes donne à la mélodie une sonorité classique, presque solennelle, mais extrêmement anxiogène. Comme les personnages sont pris dans des cycles de dépendance, la musique utilise elle aussi beaucoup de motifs répétitifs. La forme musicale fait donc écho au thème du film.
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Une mélopée déchirante
Ainsi, grâce à cette composition, on arrive presque ressentir dans notre chair la souffrance des protagonistes. En effet, ce qui la rend surtout mémorable, c'est qu'elle transforme une émotion en véritable tension physique.
On ne fait pas qu'entendre la musique, on ressent la pression monter et notre nervosité augmenter. C'est d'ailleurs une des raisons qui dissuadent les spectateurs de revoir ce film une seconde fois. Il secoue trop notre âme.
Ce n'est pas si anodin, quand on sait que Darren Aronofsky a dit à Clint Mansell de considérer le film comme un film d'horreur, où l'addiction représente le monstre. Dans une interview accordée à NCPR en 2020 pour les 20 ans du film, Mansell a expliqué que "Lux Aeterna" était né d'une idée très simple : trois accords descendants et mélancoliques, auxquels il a ensuite ajouté la mélodie caractéristique.
Lors de la ressortie de l'oeuvre pour ses 25 ans, Darren Aronofsky a expliqué que Clint Mansell avait commencé à travailler sur la musique plus d'un an avant le tournage, et qu'ils avaient étudié ensemble les requiems. Le cinéaste a même précisé, au micro du distributeur Les Acacias, que le scénario s'était structuré autour de cette musique.
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Par ailleurs, la bande-originale, et plus particulièrement "Lux Aeterna", distille une sensation puissante de fatalité. Plus la musique avance, plus elle semble difficile à arrêter. Elle donne l'impression que les personnages sont enfermés dans une spirale dont ils ne maîtrisent plus l'issue.
A noter que "Lux Aeterna" a tellement marqué la culture populaire qu'on l'a ensuite beaucoup réutilisé dans des bandes-annonces et des œuvres épiques, parfois en reprenant ou en imitant sa structure. Même si on a jamais vu Requiem for a Dream, cette musique agitent immédiatement un sentiment de malaise dans notre cerveau, et c'est là que réside sa force et son intemporalité.