"Il n'a pas une bonne voix" : il y a 53 ans, Jean Gabin a beaucoup souffert dans l'un des plus grands films français des années 70
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Jean Gabin, monstre sacré du cinéma français, n'était pas en grande forme lors du tournage d'une oeuvre marquante des années 70. Il a toutefois réussi à reprendre des forces... à sa façon !

Par Vincent Formica

En 1973, trois ans avant son décès à l'âge de 72 ans, Jean Gabin tourne aux côtés d'Alain Delon dans Deux hommes dans la ville, un polar noir signé José Giovanni. Ce sera le dernier face à face entre les deux monstres sacrés du cinéma français, qui ont déjà collaboré dans Mélodie en sous-sol ou Le Clan des Siciliens.

Deux hommes dans la ville
Deux hommes dans la ville
Sortie : 25 octobre 1973 | 1h 40min
De José Giovanni
Avec Jean Gabin, Alain Delon, Mimsy Farmer
Spectateurs
3,9
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Un duo mythique

Après plusieurs années de prison, Gino Strabliggi, campé par Delon, tente de reconstruire sa vie et de repartir sur de nouvelles bases. À sa sortie, il bénéficie du soutien de Germain Cazeneuve, interprété par Gabin ; c'est un inspecteur à la retraite convaincu que chacun mérite une seconde chance. Grâce à lui, Gino retrouve un emploi et découvre peu à peu une existence plus stable et apaisée.

Mais dans une société qui peine à oublier son passé, sa réinsertion reste fragile. Le regard des autres et les préjugés viennent constamment rappeler à Gino les erreurs qu’il voudrait laisser derrière lui. Entre l’ancien détenu et l’ex flic se crée alors une relation fondée sur la confiance, la solidarité et l’espoir.

Le film suit leur combat face aux injustices et aux difficultés de la réinsertion. À travers leur histoire, il interroge la place que la société accorde à ceux qui cherchent à changer.

Porté par des personnages profondément humains, le récit oppose la possibilité du pardon à la logique de la sanction. Deux hommes dans la ville est ainsi un drame poignant sur la seconde chance, la dignité et les limites de la réinsertion.

Valoria Films

Jean Gabin au régime !

Jean Gabin n'était pas en très grande forme lors du tournage de ce long-métrage, comme l'a confié son fils, Mathias Moncorgé, dans son ouvrage paru en 2022 et intitulé sobrement Jean Gabin. En effet, le légendaire comédien apparaît amaigri et fatigué à cause d'un régime conseillé par son médecin.

"Le tout début du tournage ne s'est pas bien passé, papa a fait des crises de colique néphrétique. Il a beaucoup morflé. Le docteur l'a mis au régime et à l'eau, et ils ont repoussé le tournage", a révélé Mathias Moncorgé.

En effet, c'est durant ce tournage en 1973 qu'il a commencé à ressentir de manière flagrante les premiers symptômes de la leucémie qui l'emportera trois ans plus tard.

Le tout début du tournage ne s'est pas bien passé, papa a fait des crises de colique néphrétique. Il a beaucoup morflé.

"Les premiers jours se déroulaient à Montpellier. Maman me disait : J'ai eu ton père au téléphone, il n'a pas une bonne voix. Il fait chaud, il a envie de revenir", a poursuivi le fils de Jean Gabin.

L'acteur retourne alors chez lui pendant environ 10 jours dans l'idée de se reposer et revenir en meilleure forme. "On a redémarré les plats en sauce, midi et soir. Huit jours après, il allait mieux. C'était redevenu papa ! À chaque repas en sauce, maman le voyait changer", a indiqué Mathias Moncorgé.

On a redémarré les plats en sauce, midi et soir. Huit jours après, il allait mieux. C'était redevenu papa !

Requinqué, Gabin a pu retourner sur le plateau de Deux hommes dans la ville, lançant cette punchline qui colle si bien au personnage : "Mais qu'est-ce qu'ils sont cons de m'avoir foutu au régime !"

Sorti le 25 octobre 1973, le long-métrage de José Giovanni, pamphlet contre la peine de mort, sera un immense succès, attirant 2,5 millions de spectateurs dans les salles obscures. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des films française les plus marquants des années 70.

Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.
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