En mai 1988, Le Grand Bleu sort sur les écrans et devient rapidement un énorme succès, réunissant 9,1 millions de spectateurs ! Au passage, le réalisateur Luc Besson devient célèbre, et il révèle aux yeux du monde entier une future grande star : Jean Reno.
Invité de l'émission Les Ailes de géant, animée par Nagui sur France Inter, le comédien de 78 ans a confié le grand vide qu'il a ressenti après la sortie du film, malgré le succès. À l'époque, le journal Libération avait titré "Le Grand Plouf" à propos du film, et Jean Reno craignait que la critique incite le public à ne pas aller le voir.
"C'est le titre à Cannes. La première semaine, le film fait 95 000 ou 97 000 entrées [97 817 exactement]. Le titre sort : Le Grand Bleu, le grand plouf, et la semaine d'après, il y a une baisse et des sueurs froides. Mais heureusement, le public était là", a indiqué l'interprète d'Enzo Molinari.
Le Grand Vide
"La 3ème semaine, ça repart à la hause", a poursuivi l'acteur. "Bizarrement, ça a été ensuite le grand vide, ça devient la traversée du désert", relance Nagui. "Je ne venais pas d'un conservatoire", enchaîne Jean Reno. "J'ai été une sorte d'électron libre."
"Et la troupe qu'on avait avec Didier Flamand, on était 32. On s'est dit : Mais d'ou est-ce qu'il vient celui-là ? Qu'est-ce qu'il peut faire ? On me parlait en italien à Cannes parce qu'on pensait que j'étais italien. Donc, j'ai eu un trou à la banque, déjà pour commencer", a confié le comédien.
"Je ne suis pas d'un naturel dépressif, mais c'était dur. Les épaules ont baissé vers le bas. J'avais deux vestes élimées parce que j'avais fait le tour du monde pour la sortie du film avec Eric Serra, le compositeur de la musique. On a été en Australie, partout."
Il n'y avait pas de travail. Mais je ne sais pas, il fallait que je digère ce succès-là. Et la vie a bien fait, parce que je n'ai pas besoin d'avoir la tête qui s'en va dans les nuages.
"Et il n'y avait pas de travail. Mais je ne sais pas, il fallait que je digère ce succès-là. Et la vie a bien fait, parce que je n'ai pas besoin d'avoir la tête qui s'en va dans les nuages. Je ne suis pas là-dedans, moi. Je n'ai pas besoin de griserie. Je suis grisé parce qui m'arrive déjà, suffisamment."
"Je n'avais pas besoin qu'on m'en rajoute. Donc j'ai été heureux qu'on me remette les pieds sur terre", a conclu Jean Reno, avec philosophie.
Par la suite, après son passage à vide, le comédien transformera l'essai avec les triomphes phénoménaux des Visiteurs, Léon ou encore Mission Impossible.
Une oeuvre poétique et touchante
Et pour mémoire, Le Grand Bleu raconte l'histoire de deux amis d'enfance, Jacques Mayol (Jean-Marc Barr) et Enzo Molinari (Jean Reno), passionnés par la plongée en apnée.
Depuis leur jeunesse, ils partagent une fascination profonde pour la mer et cherchent à repousser les limites de leurs capacités sous-marines. Devenus adultes, ils se retrouvent et s'affrontent lors de compétitions de plongée en apnée. Enzo, très compétitif, souhaite prouver qu'il est le meilleur, tandis que Jacques entretient une relation presque mystique avec l'océan.
Au fil de l'histoire, Jacques rencontre Johana, une jeune femme qui tombe amoureuse de lui. Mais elle a du mal à accepter la passion dévorante de Jacques pour la mer. Plus Jacques plonge dans les profondeurs, plus il semble s'éloigner du monde des humains.
Le film aborde ainsi les thèmes de l'amitié, de l'amour, du dépassement de soi et de la liberté. C'est une histoire à la fois poétique, émouvante et tragique, qui montre le lien mystérieux entre l'homme et l'océan.