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    Cannes 2014 : 3 questions à Djinn Carrenard, réalisateur de FLA
    Par Thomas Imbert — 17 mai 2014 à 15:45
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    Après "Donoma", le réalisateur Djinn Carrenard signe son deuxième long métrage : FLA, présenté en ouverture de la Semaine de la Critique. Rencontre...

    ARP Sélection

    FLA, comprenez "faire l'amour"... Après avoir fait sensation en 2010 avec Donoma, le jeune réalisateur Djinn Carrenard continue sur sa lancée avec ce deuxième long métrage, présenté en ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes. Son ambition : décrire, donc, et montrer ce qu'est vraiment faire l'amour, à travers les relations qui unissent et désunissent les personnages. A l'issue de la projection, nous avons pu rencontrer Djinn ainsi que l'acteur principal du film, le rappeur Azu...

    Comment est né le projet FLA, qu'est-ce qui vous a donné envie d'aborder ce sujet et de l'aborder de cette manière ?

    Djinn Carrenard : L’histoire du film est venue en 2007, quand j’ai vu un reportage sur un mec qui était monteur et qui était en train de devenir sourd. On sentait qu’il était en train de perdre et son boulot et sa copine. Et j’ai vraiment eu envie de parler de ça : comment le handicap peut tout enlever. En plus, nous on est des artistes, notre talent tient à un sens. Si on perd ce sens, c’est fini. Si je perds mes yeux, je ne suis plus réalisateur.

    Au final, c'est quoi, du coup, "faire l'amour" (FLA) ?

    Djinn Carrenard : Quand on prend le terme "faire l’amour", souvent on voit seulement l’acte sexuel, alors qu’en fait il y a plein d’autres choses. Il y a toutes ces discussions, tout ces rapports, ces tensions, ces disputes, où c’est encore de l’intime, c’est encore ça "faire l’amour". C’est ça que j’avais envie de bousculer un petit peu, après on peut avoir chacun notre propre vision de tout ça.

    Azu : Pour moi ça regroupe toute la complexité d’une relation homme/femme même si elle n’est pas forcément amoureuse. Ca veut dire s’engeuler, passer par des moments de complicité, d’autres moments plus compliqués… Il y a bien sûr aussi la tendresse, l’acte sexuel, qui peut parfois être violent. Il y a plein de facettes pour moi de la définition de cet acte, si je puis dire.

    Presque 3 heures de film ! C'était le temps qu'il fallait pour aborder un tel sujet ?

    Je dirais que c’est aussi le temps qui fallait pour comprendre les personnages. C’est un film qui est dur, il y a des paroles tellement dures qui sont dites que si on n’a pas vraiment le temps de comprendre d’où viennent les personnages, on ne peut pas vraiment s’expliquer qu’ils soient aussi agressifs, alors que quand on prend tout ce temps-là avec eux on se rend compte qu’en fait tout le monde peut être aussi agressif que ça, et tout le monde l’a déjà été dans son parcours de vie. Ce temps-là, c’est juste le temps nécessaire pour que les gens s’identifient aux personnages. Si je condensais le film pour qu’il dure 1h45, les gens se diraient que c’est caricatural. Alors que là on rentre dedans. C’est un peu comme quand on regarde les faits divers : deux personnes qui s’entretuent pour une partie de poker, on se dit "Ils sont cons ou quoi ?" Mais si tu fais un film de 2h40 pour expliquer comment ils en sont arrivés là, on va piger. C’est un long processus avant que l’être humain ne se déclenche violemment, que ce soit dans les verbes ou dans les actes.

    Un extrait de "FLA"

     

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    Commentaires
    • tanguythev
      Si un cinéaste ne prend pas la peine de bien faire son film, je ne vois pas pourquoi je prendrais la peine de bien le regarder.Ne découlant d'aucune démarche artistique ou consciente, le flou et le grain dégueulasse (et le son....) découlent de diverses déclarations de ce monsieur disant qu'il n'avait cure de la technique. Désolé mais l'amateurisme à ses limites, surtout lorsqu'il est poussé dans les retranchements de la médiocrité.Dommage, l'histoire aurait pu me plaire. Je lirais le scénario, du coup.
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