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    "Captain EO" quitte Disneyland Paris : l'histoire méconnue de l'attraction culte avec Michael Jackson

    L'attraction avec Michael Jackson spécialement réalisée pour les parcs Disney et signée Coppola va disparaître à compter de ce dimanche de Disneyland Paris. L'occasion de revenir sur l'histoire peu connue de ce court-métrage événement !

    Michael Jackson, le plus grand fan de Disney... AU MONDE !

    Nul n'ignore que Michael Jackson était incollable sur l'univers de Disney, qui l'obsédait même : il collectionnait un certain nombre d'objets, dont plusieurs pièces avaient été créées exclusivement pour lui par les artistes de la firme; l'entrée de son ranch, le fameux Neverland, était directement inspirée de l'entrée de Disneyland, parc où il avait ses habitudes puisqu'il s'y rendait plusieurs fois par mois à une époque, souvent déguisé pour pouvoir y déambuler librement sans être reconnu; et dès qu'il avait un peu de temps libre, il dévorait tous les livres sur la vie de Walt Disney. Michael Eisner, qui fut à la tête de la Walt Disney Company pendant plus de 20 ans, disait de lui :

    Il en sait plus sur Walt Disney que n'importe quel autre être vivant.

    C'est en 1984, dans un contexte où la "Jacksonmania" est à son apogée, que l'homme a l'idée folle, avec son acolyte Jeffrey Katzenberg, en charge de Disney Studios, de proposer une attraction pour les parcs Disney autour de la star, dans l'esprit de son incroyable clip Thriller sorti deux ans plus tôt et encore dans tous les esprits. L'objectif est qu'elle puisse plaire tant aux enfants et aux adolescents qu'à leurs parents. Jackson est emballé par l'idée, choisit le synopsis de Captain EO parmi plusieurs propositions, mais veut s'assurer qu'un grand nom se chargera de la réalisation du court-métrage. Il souffle ceux de George Lucas et de Steven Spielberg, les deux plus grands. Le second n'est pas disponible, alors en plein tournage de La couleur pourpre, et le premier travaille déjà d'arrache-pied sur l'attraction Star Tours, adaptée de sa saga Star Wars.

    Une attraction signée George Lucas & Francis Ford Coppola !

    George Lucas accepte finalement de produire le projet et engage son ami Francis Ford Coppola pour la réalisation, lequel a besoin de se refaire une réputation après l'échec de son film Cotton Club, Rusty Lemorande pour l'écriture du scénario, déjà spécialisé dans la science-fiction, l'actrice Anjelica Huston qui remportera quelques mois plus tard un Oscar pour le film L'honneur des Prizzi, James Horner pour composer le thème musical (bien avant Titanic), tandis que Michael Jackson lui-même écrit deux titres inédits : "Another Part Of Me" et "We Are Here to Change the World". Le maquilleur de Thriller, Rick Baker, est de la partie, ainsi que le choréographe de Flashdance Jeff Hornaday.Tous les plus grands talents de l'époque dans leurs domaines sont ainsi réunis.

    Captain EO raconte l'histoire du leader d'un vaisseau spatial à l'équipage très particulier puisqu'il y figure Hooter, une créature éléphantesque; Fuzball, une petite bête orange avec une longue queue; Idy et Ody, respectivement le navigateur et le pilote, des frères siamois; ou encore le robot Major Domo et son modèle miniature Minor Domo. Ensemble, ils ont pour mission de porter un paquet à une reine maléfique, régnant sur une planète metallique désolée. Mais ils se crashent sur les lieux et sont capturés par l'armée locale. S'ensuit une bagarre... puis une danse endiablée ! Et des adieux déchirants.

    Retour en 1986 :

    Un tournage qui a mal tourné... un film raté ?

    La première version du montage n'est pas satisfaisante car bien moins impressionnante qu'espéré. Michael Jackson manque de charisme dans le rôle principal, Anjelica Huston est moins présente que prévu et les tentatives d'humour tombent à plat. Pire encore : la 3D n'est pas à la hauteur de l'attraction que Captain EO doit remplacer : Magic Journeys ! Déjà occupé sur son prochain film, Peggy Sue s'est mariée, Coppola n'est que peu impliqué dans les modifications du scénario et les retournages de scènes. C'est pourtant le "goût du perfectionnisme" du réalisateur qui est mis en avant lorsque Disney reconnaît que la livraison de l'attraction a pris du retard. Les effets-spéciaux sont quant à eux retravaillés par une société extérieure à Disney. 

    A ce stade, le budget de départ alloué - de 11 millions de dollars - est totalement dépassé ! Bien que le chiffre exact n'a jamais été confirmé, le court-métrage de 17 minutes aurait ainsi coûté entre 17 millions et 30 millions, soit environ 1,7 millions de dollars par minute ! Un record à l'époque. Eisner a reconnu que ce sont les effets-spéciaux qui avaient conduit à ce dépassement : 

    Il y avait plus de 150 effets-spéciaux, soit plus par minute que George Lucas n'en avait utilisé dans "La Guerrre des étoiles" !

    L'attraction ouvre enfin à partir du 18 septembre 1986 à Disneyland, en grandes pompes lors d'une soirée réunissant un nombre incroyable de stars de l'époque (Whoopi Goldberg, John Ritter, Dolph Lundgren, Jack Nicholson...) et plus de 200 journalistes venant du monde entier. L'impact médiatique est retentissant. Elle débarque ensuite à Disneyland Tokyo à partir de 1987 et figure parmi les premières attractions de Disneyland Paris lors de son ouverture en 1992.

    Les critiques sont globalement mauvaises, comme celle du Los Angeles Times : "Captain EO n'est rien de plus que le clip musical le plus élaboré de l'histoire du rock (...) magnifique en surface pour cacher le vide. Personne ne s'attendait à ce qu'un film réalisé pour un parc d'attractions ne soit digne d'Autant en emporte le vent, mais étant donné la liste des personnes impliquées et le budget mirobolant, le public pouvait légitimement s'attendre à autre chose qu'une coquille vide". 

    Retour en grâce !

    Avec les années, tandis que la popularité de Michael Jackson est entâchée par de nombreux scandales et que sa musique ne se vend plus, l'attraction attire de moins en moins de spectateurs dans les parcs. Elle est discrétement fermée en avril 1997, un peu plus de 10 ans après son ouverture, à Disneyland, après avoir disparu de Disneyland Tokyo en 1996. A Paris, elle ferme ses portes en août 1998.

    Mais après la mort soudaine de l'artiste en juin 2009 qui émeut le monde entier, les fans réclament son retour, des pétitions sont lancées et elle finit logiquement par revenir à partir de février 2010 dans les différents parcs, mais sans un certains nombres d'effets 4D. A Tokyo, elle a disparu depuis Juin 2014 pour laisser place à la nouveauté Stitch Encounter, tandis qu'elle ferme à Disneyland Paris ce 12 avril 2015. 

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