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    Patricia Clarkson : "Le Labyrinthe 3 va être énorme"
    Par Maximilien Pierrette — 11 oct. 2015 à 12:30

    Des "Incorruptibles" à la saga "Le Labyrinthe", en passant par "Six Feet Under", Patricia Clarkson est revenue sur sa carrière à l'occasion de son passage au Festival du Cinéma Américain de Deauville de 2015.

    Denis Guignebourg / Bestimage

    En 1987, Brian De Palma lui offrait son premier rôle sur grand écran : celui de la femme de Kevin Costner dans Les Incorruptibles. Un peu moins de 30 ans plus tard, Patricia Clarkson est aujourd'hui l'une des actrices les plus respectées et éclectiques d'Hollywood, capable de naviguer entre le cinéma indépendant, les séries et des blockbusters comme Le Labyrinthe, dont la suite est en salles depuis le 7 octobre.

    Que le dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville lui rende hommage relevait donc de l'évidence et, à cette occasion, la comédienne est revenu sur les temps forts de sa riche carrière à notre micro. Avec un petit teasing sur Le Labyrinthe 3 à la clé.

    AlloCiné : Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

    Patricia Clarkson : J'ai le sentiment qu'elle est conforme à ce que j'ai voulu. J'ai fait des gros films, des petits et joué beaucoup de personnages différents. Je ne sais pas si je voudrais changer quoi que ce soit. Il faut toujours lutter pour travailler dans ce milieu, et c'est encore plus difficile lorsque l'on vieillit, mais je travaille encore, donc je touche du bois. Je me sens heureuse et chanceuse de pouvoir être où j'en suis aujourd'hui, avec du travail derrière et devant moi.

    Si vous deviez conseiller l'un de vos films ou l'une de vos séries à quelqu'un qui ne connaît pas votre travail, que choisiriez-vous ?

    Sans doute Le Chef de gare (2003). J'ai l'impression que c'est le film que les gens préfèrent parmi ceux que j'ai faits. Il a été traduit dans de nombreux pays, et je trouve qu'il fonctionne dans de nombreuses langues.

    Quel souvenir gardez-vous de votre premier rôle sur grand écran, dans "Les Incorruptibles" ?

    Je me rappelle ne pas savoir ce que je faisais là (rires) Brian De Palma a fait un pari avec moi car je n'avais pas fait de film auparavant, juste un épisode de série. Je n'avais aucune expérience mais j'ai beaucoup appris de lui, c'était un moment remarquable. Je sais qu'il a la réputation d'être difficile, et il peut l'être, mais ça n'a pas été le cas avec moi.

    Tout ce qu'il faut savoir sur le film :

    Merci Qui? N°88 - "Les Incorruptibles"

    Vous avez ensuite travaillé pour beaucoup de grands réalisateurs, de Woody Allen à Martin Scorsese. Y en a-t-il un qui vous a plus marquée que les autres ?

    Non, je ne pourrais jamais dire ça. Mais chacun des réalisateurs avec lesquels j'ai travaillé a fait de moi une meilleure actrice. Aussi bien les grands tels que Martin Scorsese, Woody Allen et Brian De Palma que des plus petits. Le Chef de gare était le premier film de Thomas McCarthy, pareil pour Lisa Cholodenko avec High Art. Ruba Nadda, avec qui j'ai fait Coup de foudre au Caire et October Gale, a également beaucoup compté pour moi. Chaque réalisateur a su tirer quelque chose de moi, et je leur en suis très reconnaissante.

    En France, vous êtes également connue pour "Six Feet Under"...

    ... Oh j'ai adoré faire cette série ! C'était une expérience rare et magnifique. Les gens pensent que j'étais régulière dans le casting alors que je n'ai joué que dans six épisodes.

    On a pourtant l'impression que Sarah était là du début à la fin.

    C'est grâce à la force de l'écriture. Alan Ball a créé ce personnage indélébile : Tante Sarah. Les gens l'ont adorée alors que je ne faisais que passer, mais je dois dire que tout était sur le papier. C'était très bien écrit et le personnage était formidable. Ça a été l'un des moments les plus remarquables de ma carrière, qui a changé après Six Feet Under. Comme avec High Art, Pieces of April, Le Chef de Gare et même Coup de foudre au Caire je crois.

    Nous avons embarrassé beaucoup d'hommes à Hollywood

    Aimeriez-vous participer à une série en tant que régulière ?

    Non. J'adore la télévision, et les femmes y font de grandes choses actuellement. Mais j'aime être libre, avoir l'esprit libre. Je ne me suis jamais mariée par exemple. Je n'aime pas rester dans un même endroit, avoir un emploi du temps. J'aime au contraire avoir la possibilité de faire de ce que je veux. Si quelqu'un m'appelle et me propose de venir tourner dans un film, je veux avoir la possibilité d'être assez libre pour y aller.

    Vous parliez du fait qu'il est plus difficile de trouver des rôles lorsque l'on vieillit et que l'on est une femme. Est-ce toujours autant le cas à Hollywood ?

    Oui, mais les choses changent un peu. J'ai eu la chance de pouvoir travailler régulièrement, mais ça n'est pas aussi facile pour toutes les femmes, aussi bien devant que derrière la caméra. Mais nous continuons à pointer cette inégalité du doigt et je pense que nous avons embarrassé beaucoup d'hommes à Hollywood. Ils ont embarrassés de ne pas engager plus de femmes. Ils ont honte et il ne faut pas arrêter d'en parler.

    Quelle actrice considérez-vous comme votre modèle ?

    Il y en a beaucoup, et qui n'idolâtre pas des femmes comme Meryl Streep et Helen Mirren, qui travaillent encore aujourd'hui ? En plus d'être très belles, elles ont très bien mené leurs carrières respectives puisqu'elle sont encore là et que ce sont de vraies stars. Ce sont des personnes remarquables qui rendent notre industrie meilleure. Pas seulement grâce à leur talent, mais grâce à ce qu'elles sont en tant que femmes. Ce sont vraiment les meilleures.

    Patricia Clarkson a croisé Helen Mirren dans "The Pledge" :

    Qu'est-ce qui est le plus important pour vous lorsque vous choisissez un projet ?

    C'est d'abord le scénario, car je veux faire partie d'une histoire dans son ensemble. Puis je regarde le rôle, et je cherche à ce qu'il me stimule et m'emmène dans un nouvel endroit. Je veux qu'il me surprenne et m'effraie, que je ne sois pas certaine d'être capable de le jouer.

    Quelle importance accordez-vous à l'écriture et aux dialogues ?

    La plupart de mes meilleurs amis sont des auteurs, et les mots écrits me sont très chers. C'est un outil très puissant et tout doit être sur la page. J'accorde aussi beaucoup d'importance au silence, et celui-ci est écrit. Il faut du courage pour être silencieux quand on est acteur ou que l'on écrit.

    Vous avez également tourné avec des acteurs devenus réalisateurs, comme Sean Penn ou George Clooney. Avez-vous remarqué une manière différente de diriger les comédiens chez eux ?

    Oui, ils sont très bons envers les acteurs. Très viscéraux et présents aussi. Car ils savent ce que c'est. Beaucoup de grands réalisateurs en sont capables, mais lorsqu'un acteur vous dirige, vous le sentez.

    Songez-vous à passer derrière la caméra ?

    Non. Je suis très subjective quand je travaille : je ne connais que le monde dans lequel je suis et je ne veux pas avoir de vue objective d'un film.

    Un jour je serai Amy Poehler

    Qu'est-ce qui vous a justement plu sur un blockbuster comme "Le Labyrinthe" et sa suite ?

    Wes Ball est un très bon réalisateur, qui sait ce qu'il veut. Avec La Terre brûlée, il va vous en boucher un coin, et il parvient à obtenir d'excellentes performances de la part des jeunes acteurs du film.

    Les adaptations de romans pour jeunes adultes sont très populaires en ce moment. Est-ce que des films comme "Le Labyrinthe", avec le succès qu'ils rencontrent, peuvent vous aider à obtenir cette liberté dont vous parliez plus tôt ?

    Oui tout à fait, et je les en remercie pour ça. Et j'ai maintenant un public plus jeune grâce à eux, et grâce aux DVD de Six Feet Under et à des séries comiques auxquelles j'ai participé récemment : Broad City et Parks and Recreation, avec Amy Poehler que j'adore. Un jour je serai Amy Poehler (rires) J'aime jouer les guest dans une série plutôt que d'en être l'héroïne.

    C'est un peu la même chose que ce que vous faites en apparaissant dans une franchise sans en tenir le rôle principal.

    Oui, j'ai un rôle un peu plus important dans le 2. Puis dans le 3... (rires) Je sais ce qui arrive dans le 3, et c'est énorme.

    Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Deauville le 12 septembre 2015

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